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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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« C’était la France » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 13 Décembre 2017 00:00

Johnny, Jean d’O : « c’était la France », a-t-on dit. Mais je me demande pourquoi cet imparfait. Par simple concordance du temps, au moment où l’un et l’autre disparaissaient ? Ou par nostalgie d’un passé qui ne se retrouvera plus, disparu à jamais avec eux ?

 

 

 

 

Une France du passé ? A juste titre certains ont rappelé que le journaliste et le chanteur avaient conquis l’esprit et le cœur de millions de Français dont certains ont aujourd’hui plus de quarante ans et parfois beaucoup plus. A l’époque, la communication ne se faisait pas avec les smartphones ni à travers les réseaux sociaux ; c’était la rencontre, c’était l’émotion partagée au cours d’une lecture ou d’un spectacle qui créait ces profonds liens d’admiration et d’amour. A l’époque on portait encore les stigmates des affrontements voire des guerres dont la France n’était pas sortie depuis un demi-siècle, on rêvait d’un monde libre et ouvert, libéré par la musique, libéré par la littérature. Ce qu’ils apportaient à la France a été remarquablement évoqué dans les discours de grande qualité qui les ont salués, et a été magnifiquement illustré par les centaines de milliers de Français qui ont tenu à participer, directement ou indirectement, à ce dernier adieu d’une tenue exemplaire.

Une France du présent ? L’immense popularité qui s’est exprimée pendant ces journées, et particulièrement à l’occasion des cérémonies aux Invalides et à la Madeleine, n’aurait-elle pas eu pour origine une pensée implicite : nous vivons un évènement hors du commun, qui nous démarque d’une France que nous ne reconnaissons plus, qui n’est plus « leur » France ? Une France où règne le « dégagisme », l’idolâtrie d’une jeunesse qui veut ne rien devoir à ses aînés, qui ignore l’histoire ou la falsifie, qui a été coupée de toutes racines et qui mise sur les promesses de la technique déshumanisée. Une France divisée, des Français asservis. Une France où le quotidien est fait de la lutte : lutte des classes, lutte des races, lutte des générations et lutte des genres. Fille de l’idéologie qui fait de l’homme un prédateur, un loup (Hobbes), un être déchu (les post-modernes), la lutte est entretenue par les discours fallacieux sur les inégalités, sur les grandeurs de la révolution, de l’insoumission, de l’indignation ; elle justifie l’attentat, la dictature et la violence. A la longue, vivant dans la peur, la jalousie et la corruption, la France a fini par donner l’image de la « servitude volontaire » et voit dans l’Etat non seulement la providence matérielle mais aussi l’organisateur de la vie. Poison de l’histoire de la France (si belle à d’autres égards), la politique a aujourd’hui supplanté tout mode de vie personnel ou collectif ; elle affiche sa présence en toutes circonstances et en tous lieux. Pour beaucoup de Français, ces quelques heures ont été celles d’un regret et d’un témoignage : c’est « leur France » que nous pleurons, c’est « leur France » que nous voudrions.

Une France de l’avenir ? L’affection, voire l’idolâtrie portée aux deux défunts, est-elle suffisante pour retrouver une France de l’amour, de l’harmonie, de la liberté ? Plusieurs lectures profanes ou saintes ont rappelé le message des hommes et des femmes de bonne volonté, les épitres de Paul, les commandements de l’Ancien et du Nouveau Testaments, et les musiques des artistes qui ont magnifiquement marié le rock à la ferveur qui habitait les voûtes de la Madeleine. Mais si beaux soient les messages, si grands soient les discours et les prières d’un jour, demeure un impératif pour changer la France actuelle : une vision de l’homme et de la société en rupture totale avec une tradition de collectivisme, de dirigisme, de jacobinisme, d’égalitarisme. Au-delà de réformes ponctuelles sans souffle ni lendemain, la France a besoin de retrouver les valeurs morales et spirituelles qui font les nations, et les institutions qui rendent la nation unie et prospère. Education, confiance, courage et solidarité. La voie du salut est celle de l’éducation, celle de la compréhension et de la confiance, celle de la promotion par le travail, le mérite, le talent, celle de la solidarité volontaire.

Ce projet n’est-il pas celui que Johnny Hallyday et Jean d’Ormesson avaient choisi et réalisé pour mener leur vie ? Ils ne l’ont pas vécu dans la facilité, ni sans erreur : l’être humain est faillible. Voilà pourquoi la liberté que nous vaut notre nature doit s’associer à la responsabilité, à la propriété qui en est la marque, à la dignité qui en fait l’honneur. Ils ont réussi leur projet à terme parce qu’ils portaient amour et liberté. Voilà leur France à eux.

Oui, je crois, des millions de Français sont en attente d’une France renaissante. Il leur reste maintenant à découvrir les recettes de l’épanouissement personnel et de la concorde nationale, elles ne se trouvent pas du côté de l’Etat, mais dans la foi, dans cette communion du cœur et de l’esprit que nous ont values ce double hommage, ce même héritage.

 
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