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L’avons-nous mérité ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 20 Décembre 2017 00:00

Cette année 2017, vous aura peut-être apporté progrès et bonheur dans votre vie privée : tant mieux et je m’en réjouis pour vous. Puissiez-vous la terminer dans la joie de Noël. Mais je suis de ceux que la vie publique aura inquiétés, déçus, abattus, désespérés : oublions-la. Je me pose cependant une question : l’avons-nous mérité ?

 

 

 

 

Avons-nous mérité de voir l’alternance politique rejetée, alors qu’elle semblait inéluctable après Hollande et la décomposition de la gauche ? Avons-nous mérité l’ignoble comportement de la droite et le cortège d’infâmes trahisons? Avons-nous mérité la renaissance du communisme, l’impasse du populisme ? Avons-nous mérité les scandales publics, scandaleusement exploités pour les uns, scandaleusement étouffés pour les autres ? Avons-nous mérité l’émergence d’un parti sans autre foi ni loi que l’allégeance au souverain ? Avons-nous mérité l’insolence et l’ambiguïté d’un Président tenant « en même temps » des discours contraires, réécrivant l’histoire au prétexte que sa génération ne l’a pas vécue ? Avons-nous mérité les mensonges quotidiens, les commentaires serviles, les montages théâtraux ? Pour résumer tout cela : avons-nous mérité de voir nos rêves de rupture et de libération dissipés et notre vie privée, professionnelle et familiale, envahie par la volonté d’un pouvoir et d’une administration sans limite ?

Voilà en tous cas le regard que je jette sur cette année 2017, et si c’est aussi le vôtre voilà pourquoi nous pouvons nous poser la question : l’avons-nous mérité ?

A bien y réfléchir je me dis non, puis je me dis oui.

Je me dis non d’abord parce que cette année est dans le prolongement des cinquante précédentes – sinon plus : nous sommes prisonniers d’un processus, inéluctable à ce jour, de décomposition politique, sociale et morale. Je me dis non aussi parce que cette année aura été assombrie par un contexte mondial et européen particulièrement néfaste : en dépit de la défaite militaire de Daech, l’Islamisme et le terrorisme n’ont pas reculé. Grâce au legs d’Obama, la situation au Moyen Orient demeure explosive et la Corée du Nord défie la paix ; la Russie et la Chine reviennent en force dans la diplomatie, le Brexit et les difficultés de la Chancelière hypothèquent la survie de l’Union Européenne. Trop de défis et des armes inégales Je me dis non encore parce que la vie publique est verrouillée et nous prive de toute réaction, de tous moyens, de toute parole : le pouvoir médiatique (et singulièrement la télévision) est entre les mains des ennemis de la liberté, le pouvoir judiciaire est aux ordres, le pouvoir fiscal et réglementaire est à son sommet, le pouvoir national est entre les mains d’une minorité au mieux saint-simonienne, au pire collectiviste et trotskyste. Comment résister quand l’enseignement pervertit les esprits, quand règne la désinformation, quand la redistribution détruit le mérite et la responsabilité ? Voilà donc autant d’éléments qui brisent toute tentative de résistance et qui nous mènent, suivant les tempéraments, à l’amertume, à la résignation, à l’exil ou au renoncement.

Pourtant je crois que nous l’avons mérité. Peut-être pas largement mérité, mais mérité tout de même. Je déplore les divisions, les renoncements, les indifférences. Les divisions naissent des égoïsmes de petits chefs qui se prennent pour des leaders, de l’esprit de clan qui élimine l’esprit d’équipe, de manque de communication interne. Pour être crédibles les libéraux doivent se rassembler, et leur démarche collective amorcée en 2016 à l’occasion de la campagne devrait se renforcer. Ce n’est pas facile parce que paradoxalement se dire « libéral » est assez bien porté maintenant, surtout quand on précise qu’on est « libéral social », ou « libéral souverainiste », ou « libéral étatiste », tous oxymores opportuns. Divisions, renoncements et indifférences.

Les renoncements se sont multipliés. Il n’est pas facile d’être dans l’opposition quand on se contente de peu. Trop de personnes de sensibilité libérale sont séduites par ce qui va « dans la bonne direction », et préfèrent se fier aux apparences. Etre d’accord avec les mesures proposées par le ministre de l’Education Nationale ne signifie pas rétablir la liberté scolaire, entendre l’éloge des « premiers de cordée » ne signifie pas réduire les impôts et les règlementations, etc. Mais le « politiquement correct » permet de se fondre dans la masse et de renoncer à la lucidité.

Enfin, et non le moindre, les indifférences se multiplient, nombreux sont ceux qui se soucient de leur vie privée et n’ont cure de la vie publique, certains choisissent même l’exil. Ils sous-estiment la précarité de leur tranquillité d’esprit.

Aux divisions, aux renoncements, aux indifférences s’opposent la rigueur, le courage et l’engagement. C’est cette voie que la plupart d’entre nous ont choisie. Il nous restera maintenant, pour l’année 2018, à trouver plus d’émules. Nous avons pour ce faire un atout majeur : cette joie de Noël qui est celle de la confiance et de l’espoir. Joyeux Noël.

 
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Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
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La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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