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Immigration : droit, liberté et culture PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 17 Janvier 2018 00:00

Je me fais un devoir de parler de l’immigration, je suis pourtant bien mal placé pour ce faire.

Comment garder le silence sur ce sujet qui a opposé la semaine dernière, d’un côté, le Président de la République et la majorité des Français (à ce que disent les sondages) et, de l’autre côté, le Président de la Conférence Episcopale, un prix Nobel de littérature et une foule d’intellectuels approuvés par quelque 40 % de Français ? Emmanuel Macron a été comparé à Victor Orban, qui a installé des barbelés tout au long de la frontière hongroise pour empêcher tout passage d’immigrés. Les propos sur l’immigration tenus par le Pape François ont été longuement rappelés et au sein même du parti présidentiel l’immigration a divisé. L’immigration s’avère chaque jour un sujet de tension et un défi que nul ne semble pouvoir relever, ni l’Europe, ni l’Allemagne, ni les Etats-Unis, ni bien sûr la France.

 

Je suis pourtant mal placé pour parler de l’immigration, car je suis à la fois descendant d’immigrés, libéral et conservateur.

En ma qualité d’immigré (lointain il est vrai), je ne peux que revendiquer la liberté personnelle de choisir le lieu où je vis. Certains soutiennent que la mobilité géographique est un droit à l’intérieur des frontières, mais pas pour aller d’un pays à l’autre. Pourtant, les frontières n’ont pas constitué le moindre frein à la libre circulation des hommes pendant une dizaine de siècles. Tantôt parce qu’elles n’existaient pas, pour des raisons tant naturelles que politiques. Tantôt parce qu’aller d’un pays à l’autre n’était ni défendu ni contrôlé. Les étudiants du Moyen Age ont fréquenté les universités de l’Europe entière. Les minorités protestantes ou catholiques, ou juives, se sont déplacées au hasard des restrictions apportées à la liberté religieuse. Le passeport n’est devenu autorisation d’entrée qu’à l’aube du 20ème siècle pour freiner l’implantation de travailleurs étrangers concurrençant les nationaux (déjà !). Oui, mon grand-père est venu d’Italie pour manger le pain des Français, mais il finira sa vie comme boulanger du village, et mourra d’avoir été gazé pendant la première guerre mondiale parce qu’il s’est battu dans l’armée française, comme tout naturalisé de l’époque.

En ma qualité de libéral, je rappelle que liberté du travail et liberté de circuler se complètent naturellement. Le miracle des Etats Unis est largement dû au « rêve américain » de millions d’émigrés européens en recherche de réussite, grâce à leur travail, à leur esprit d’économie et d’innovation. Œuvrer ensemble a été, est toujours, le mode d’intégration le plus efficace : la libre entreprise récompense le mérite et atténue les discriminations (y compris raciales, comme l’a démontré Thomas Sowell pour les Etats-Unis). Les choses ont changé avec le développement des politiques socialistes. Vivre de la seule assistance publique a attiré vers les pays riches implantant l’Etat Providence des immigrés moins motivés par le travail et l’entreprise. Mais le socialisme était aussi à l’origine de leur fuite : des dizaines de pays ont été appauvris par des régimes rejetant le libre échange et la libre entreprise (qui toutes deux menaçaient les dictatures) et la planification soviétique a régné sur les territoires africains jadis colonisés, avec bien sûr le conseil éclairé des économistes français à la mode. Aujourd’hui, l’Algérie asservie et appauvrie pousse le peuple vers l’exil, autorisé ou non. L’Afrique occidentale et équatoriale connaît le même drame. C’est cette immigration, massive et stérile qui révolte ceux qui, immigrés ou non, craignent non seulement pour leur situation mais aussi pour leur cadre de vie.

En ma qualité de conservateur, je sais qu’aucune société ne peut vivre dans l’harmonie si elle ne reconnaît pas des valeurs morales et des règles sociales éprouvées par des siècles de vie en commun. C’est le respect des mœurs, de l’héritage séculaire, qui permet de coexister, surtout dans les vieilles nations (de ce point de vue les Etats-Unis ont bénéficié de l’ouverture permanente de nouveaux espaces). Le contraire est le communautarisme, qui prétend perpétuer dans le pays d’accueil les mœurs et règles des pays d’origine. Mes grands parents étaient chrétiens, ils ont parlé français en quelques mois, ont éduqué des enfants bénéficiant d’une instruction publique de qualité. Il n’était pas nécessaire d’être « Français de souche » pour être admis et estimé à sa juste valeur. L’immigration n’est réussie que si la langue, la culture et le droit du pays d’accueil sont connus et acceptés des immigrés. C’est cette évidence qui est à juste titre redécouverte aujourd’hui.

Je conclue donc sur une grande banalité : la solution au défi de l’immigration est dans le respect du droit naturel (respect de la vie, de la propriété et de la liberté), dans l’éducation (connaissance de la culture), dans la rupture avec le socialisme et l’Etat Providence. Des réformes de façade n’y suffiront pas. La charité chrétienne non plus : elle est un complément volontaire et une démarche personnelle, et aujourd’hui la solidarité publique forcée est en train d’étouffer la solidarité privée volontaire.

L’étoile des Rois Mages a fait toute la lumière sur l’histoire de l’humanité, elle a indiqué pour les siècles des siècles la voie de l’espoir, de la vérité et de la vie. Aurons-nous une Epiphanie au cours de cette année 2018 ? Elle serait bienvenue, car pour l’instant nous sommes dans l’obscure clarté, du moins pour ce qui concerne la chose publique, hélas si pesante sur nos perspectives personnelles.

 
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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
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La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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