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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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En marche sans bouger PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 07 Février 2018 00:00

Je suppose que vous avez réagi à l’annonce, vendredi dernier, de l’arrêt de la Cour de Cassation précisant que le conducteur d’un véhicule à l’arrêt, moteur arrêté, pouvait être poursuivi et condamné pour tenir son téléphone mobile en main. Parallèlement une réforme est annoncée prévoyant que conduire en téléphonant pourrait désormais valoir le retrait immédiat du permis de conduire.

 

 

 

La Cour de Cassation a mis en avant un argument tout à fait convaincant : le véhicule du délinquant est « toujours regardé comme toujours en circulation ». Pour ceux qui n’auraient pas tout-à-fait saisi l’attendu de l’arrêt, un haut fonctionnaire est venu expliquer qu’il faut distinguer mouvement et circulation. Le véhicule n’est pas en mouvement, puisqu’il est à l’arrêt, mais il est néanmoins en circulation. On peut donc circuler sans bouger. Mes cours de mécanique de mathelem il y a quelques dizaines d’années ne contenaient pas ce théorème.

Je voudrais non seulement dénoncer le caractère abscons et liberticide de ces dispositions concernant le téléphone au volant, mais aussi évoquer le corollaire politique du théorème : les gens qui se disent aujourd’hui en marche bougent-ils réellement ?

Contraint à faire assez régulièrement des stages de formation pour récupérer des points de mon permis (perdus un par un dans des radars à 70 kmh), j’ai entendu les personnes animant ces stages dénoncer le téléphone au volant comme cause première des accidents routiers mortels. Même la vitesse passerait au second plan. L’automobiliste novice que je suis avait auparavant tendance à incriminer la médiocrité et le mauvais entretien des infrastructures routières, ou encore l’alcool et la drogue. Mais je me trompais sûrement, d’ailleurs le gouvernement m’a appris récemment que la vitesse à 80 kmh économiserait 500 vies. J’ai déjà écrit ici même que l’Etat-nounou (« nudging » l’Etat-encourageant, forme raffinée de l’Etat Providence) était la négation de la dignité et de l’intelligence humaines, détruisant tout sentiment de responsabilité personnelle, et une caporalisation de la vie sociale. M’expliquer que d’autres pays font de même ne me rassure pas du tout, et j’ai rappelé le sort des citoyens de la République Démocratique Allemande se ruant avec leurs Trabant à 40 à l’heure et en queues kilométriques sur les routes autour de Karl-Marx-Stadt. Massification, grégarisation, réglementation : les recettes du totalitarisme. Quand on condamne un automobiliste à un retrait immédiat du permis décidé par un homme ou une machine sans intervention d’un juge, alors que ce retrait peut briser une vie professionnelle ou familiale, on se demande ce qui reste de l’état de droit.

Les juges de cassation sont allés très loin dans leur sollicitude à l’égard des pauvres inconscients que nous sommes. Mais, finalement, ne portent-ils pas l’air du temps ? « En marche »  est une belle devise, elle implique une rupture avec l’immobilisme passé. Et il est vrai que la France, pays des statuts, est figée dans le socialisme et l’étatisme depuis plusieurs dizaines d’année, si ce n’est des siècles. La promesse de bouger a eu de quoi donner une grande popularité à Emmanuel Macron, puis à son parti, même auprès de Français qui n’avaient pas voté pour lui, et certains amis me reprochent de ne pas croire au changement. Mais je ne vois pas le mouvement qui accompagne la marche. Je ne suis pas le seul : les actions du président et du gouvernement sont en baisse, en attestent sondages et législatives partielles. Je veux simplement donner deux précisions.

La première c’est que mon scepticisme est justifié par le fait que les réformes à ce jour n’ont été que réformettes, parfois dans le bon sens, parfois en sens inverse, mais on n’a pas encore vu de rupture systémique dans les domaines des finances publiques (budget, fiscalité), du marché du travail, des retraites, de la justice, et on a vu de plus une vague de réglementation déferlante, à commencer précisément par la circulation routière. La deuxième c’est que je ne vois pas à ce jour l’originalité des déclarations et des projets de l’opposition, qui rejoint la majorité pour perpétuer (entre autres) le « système social français » et le protectionnisme européen.

Qu’on le veuille ou non, rien n’a bougé depuis huit mois, ce qui fait l’affaire des Français qui vivent de leurs privilèges et de la spoliation organisée, et ce qui commence à inquiéter sérieusement les Français qui souhaitent sincèrement que le pays se mette en marche. Que ceux-ci sachent que la France bougera quand davantage de citoyens auront appris et compris que la seule rupture, la seule alternative est libérale. A nous de les en convaincre.

L’étoile des Rois Mages a fait toute la lumière sur l’histoire de l’humanité, elle a indiqué pour les siècles des siècles la voie de l’espoir, de la vérité et de la vie. Aurons-nous une Epiphanie au cours de cette année 2018 ? Elle serait bienvenue, car pour l’instant nous sommes dans l’obscure clarté, du moins pour ce qui concerne la chose publique, hélas si pesante sur nos perspectives personnelles.

 
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