Commandez

Catalogue de la Sefel l www.libres.org

A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

55 pages, gratuit

Bulletin de commande

 

Portait

Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

Lire la suite...
Fin du modèle allemand ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 14 Février 2018 00:00

La constitution de la Grande Coalition a été saluée comme un succès pour les socialistes du SPD. Victoire à la Pyrrhus : d’une part, les dirigeants du SPD sont très mal en point au sein de leur propre parti (à tel point que Martin Schutz a démissionné vendredi dernier de la présidence) ; d’autre part, les concessions faites par la Chancelière sont de plus en plus critiquées parmi les membres de l’Union CDU-CSU. Finalement, le gouvernement envisagé à la suite de « l’accord de coalition » (177 pages) verra-t-il le jour ?

 

 

 

La question se pose, mais à supposer que ce gouvernement voit le jour, je m’interroge sur un point dont dépend peut-être l’avenir de l’Europe et de la France. L’Allemagne était à ce jour une sorte de « modèle » (je n’aime pas ce terme, mais il permet de faire court) : libéralisme économique, consensus social, fédéralisme interne et équilibre européen. Le modèle avait été conduit dans l’esprit de « l’ordo-libéralisme » de Conrad Adenauer et Ludwig Erhard, mais renforcé par la rupture des socialistes et syndicalistes allemands avec le marxisme (charte de Bad Godesberg en 1959) et encore par les réformes Schröder (lois Harz sur le marché du travail en 2003-2005). Le modèle a valu à l’Allemagne Fédérale sa place de leader mondial des exportations, ses excédents budgétaires par la maîtrise des dépenses et les privatisations, son plein emploi.

Le modèle semble avoir explosé avec les élections de septembre dernier, marqués par un net recul des deux grands partis (Union CDU-CSU, et SPD), la réapparition en force des libéraux (le SPD de Christian Lindner), la montée des souverainistes (AFD), des Verts et des extrémistes de tous bords. Deux thèmes ont dominé la campagne : l’immigration massive et le souverainisme. Une première tentative de coalition autour de l’Union, avec les libéraux et les Verts a échoué ; on l’avait dénommé « jamaïque » parce que réellement hétéroclite et, de fait, Lindner n’a pas accepté les conditions posées par les Verts. Angela Merkel a donc dû se rabattre sur la « Grande Coalition » dont Martin Schutz avait pourtant écarté toute éventualité. Mais « l’accord de coalition » était trop tentant.

Il s’agit d’abord d’un recul sur le droit du travail : après avoir obtenu lors de la précédente édition de la Grande Coalition le rétablissement du SMIC, voici que la durée d’un CDD est réduite de 24 à 18 mois. Ainsi la liberté du contrat de travail, qui était totale depuis les lois Hartz, est encadrée par une réglementation de plus en plus rigide. Encore sur le plan social, le régime des retraites (par répartition et par points) peut autoriser certains salariés à prendre leur retraite à 63 ans au lieu de 65, et la part patronale des cotisations d’assurance maladie est alignée sur la part salariale. Enfin les allocations familiales et scolaires sont relevées.

Sur le plan budgétaire, les socialistes obtiennent le ministère des Finances avec Olaf Scholz, maire de Hambourg, avec mission de rompre avec « l’austérité imposée » (Schutz) et une série d’investissements publics est d’ores et déjà programmée, tant au niveau national qu’européen (la participation au budget de la Commission serait augmentée aussi). D’ailleurs sur l’Europe, rien ne doit changer dans la gestion de l’Euro, et c’est toujours vers Bruxelles qu’il faut regarder. Néanmoins le projet de budget européen commun prôné par la France n’est pas accepté, et le néo protectionnisme européen est rejeté.

Il y a enfin un domaine où les socialistes ont gagné : l’immigration est limitée par un quota annuel autour de 200.000 personnes, et par une restriction du regroupement familial.

Certes, compte tenu de l’incertitude qui règne sur les positions du SPD l’accord de coalition peut voler en éclat, et Angela Merkel devrait en venir soit à de nouvelles élections soit à une coalition minoritaire (avec les seuls libéraux). Mais, quant au fond, l’Allemagne Fédérale bénéficie d’atouts acquis depuis des décennies : une industrie florissante, une formation efficace des jeunes, un tissu de PME de tailles appréciables, une large décentralisation, un attachement au libre-échange. En revanche, le prestige de l’Allemagne a souffert de la vague migratoire acceptée par Angela Merkel, du soutien apporté au « club Med » européen et des bonnes relations avec Poutine : les pays d’Europe Centrale et des Balkans sont rebelles à la domination de l’Europe par Berlin.

Je me risque donc à un pronostic prudent mais plutôt optimiste : le modèle allemand va souffrir, mais il va survivre au prix d’une transition délicate. Le pire serait qu’il s’aligne sur le « modèle social français » fait de chômage, de dettes et de prélèvements.

 
More Articles :

» Quand l’Etat français aide l’industrie

Politique de « réindustrialisation » ou de libération ?

» Elections : un nouveau visage pour l’Europe ?

Vote des membres du SPD allemand et des Italiens : incertitude ou instabilité ?

» En marche sans bouger

Je suppose que vous avez réagi à l’annonce, vendredi dernier, de l’arrêt de la Cour de Cassation précisant que le conducteur d’un véhicule à l’arrêt, moteur arrêté, pouvait être poursuivi et condamné pour tenir son téléphone...

» Laurent Wauquiez : le meilleur et le pire

Emission politique sur France 2 ce jeudi : Laurent Wauquiez a été le meilleur et le pire. Le meilleur, c’est l’homme politique, expert en dialectique, capable de déjouer les attaques les plus sournoises, de convaincre les téléspectateurs,...

» 2018 : une obscure clarté

L’étoile des Rois Mages a fait toute la lumière sur l’histoire de l’humanité, elle a indiqué pour les siècles des siècles la voie de l’espoir, de la vérité et de la vie. Aurons-nous une Epiphanie au cours de cette année 2018 ?...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...