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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Écrit par Jacques Garello   
Mercredi, 21 Février 2018 00:00

C’est la dernière idée force de la pensée unique : les histoires autour des agressions sexuelles sont signes d’un retour de l’ordre moral. L’idée envahit les médias, elle a pris une dimension nouvelle avec l’affaire Menuel Ibtissem. C’est là où je ne comprends plus rien : est-ce au nom de la charia que l’on doit lutter contre les mœurs actuelles ou est-ce au nom de la liberté des mœurs ? Le doute est troublant, car il revient à choisir entre la peste islamiste et le choléra libertaire. Je vous invite à comprendre mon trouble, et peut-être à partager ma conclusion : il n’y a pas retour de l’ordre moral, mais tentative d’émergence d’un nouvel ordre moral - que le libéral que je suis ne peut admettre.

 

 

 

Je regarde d’abord du côté de la charia. L’islamisme a fait une percée spectaculaire avec le terrorisme, qui demeure certainement une menace grâce aux foyers salafistes du Moyen Orient et des prisons françaises, mais qui a été contenu par l’écrasement de Daech dont on ne sait s’il est la victoire de la coalition, ou de l’axe Moscou-Ankara-Damas, ou des Kurdes. Mais l’islamisme fait aujourd’hui des prosélytes de plus en plus nombreux sur le thème de la charia, la loi coranique faisant barrage à la déliquescence des mœurs occidentales. Islamisme vertueux contre Judéo-christianisme décadent : les esprits simples peuvent en rester là.

Pour échapper à ce choix simpliste, on peut recourir à la laïcité. C’est la position la plus habituelle de la pensée unique, elle s’impose dans la classe politique, dans les médias, et depuis quelques années on ne parle plus que de la République, de la loi de 1905 comme remparts contre l’intégrisme religieux. Laïcité contre charia J’ai été surpris de voir l’émission télévisée avec le ministre de l’Education Nationale jeudi dernier s’éloigner progressivement de la réforme du bac vers la laïcité, le port du voile, l’accès aux piscines, les soins hospitaliers, avec la référence permanente à la talentueuse chanteuse de Voice, musulmane violée. Le problème de la laïcité c’est qu’elle est une arme à double tranchant, car parmi ceux qui l’invoquent il y a des adversaires de toutes les religions, des laïcards qui pensent que la seule façon d’éviter les guerres de religion est d’exclure la religion. Et exclure la religion est compris comme l’exercice de la liberté. Je veux bien que la liberté personnelle puisse porter à l’incroyance ou à l’athéisme, mais la liberté s’entend aussi de la liberté religieuse, qui permet de choisir la religion de son choix.

Le paradoxe est que la laïcité militante finit par s’associer à la charia : il suffit de dénoncer comme auteurs des agressions sexuelles des hommes qui ne sont pas musulmans. Ainsi l’asservissement de la femme aurait-elle pour origine l’Occident judéo-chrétien, et c’est en luttant contre la religion que l’on pourrait réaliser l’égalité véritable entre femmes et hommes. Marlène Schiappa est la grande prêtresse de cette nouvelle religion du genre, et l’égalitarisme est imposé à tout propos : dans la langue française (orthographe inclusive), dans la classe politique (parité des candidatures et des assemblées), sur les plateaux de télévision, voire même à la tête des entreprises ou dans les jurys universitaires.

Je suis totalement perturbé par ces faits, par ces arguments, et je me demande alors si nous ne sommes pas plutôt en train d’assister à l’émergence et à la légitimation d’un nouvel ordre moral. D’un ordre qui confond la liberté avec la liberté des comportements, d’un ordre qui nie les genres, d’un ordre qui ne respecte plus ni la vie, ni la famille, bref d’un ordre qui s’appelait hier encore désordre.

A mon sens, il serait dommage de laisser au Coran le soin de rétablir l’ordre, alors que nous avons vécu depuis deux mille ans des apports de civilisation de la Bible et du Nouveau Testament. Car les mœurs et l’ordre moral sont une chose, Mœurs barbares ou civilisées ? la civilisation en est une autre. Il est des mœurs barbares, qui ignorent l’égalité de dignité entre les êtres humains, et dans leur conquête du pouvoir les Islamistes ont fait de la charia une arme redoutable. Par contraste, il est des mœurs qui traduisent la vraie nature de l’être humain : digne et responsable. Et l’Occident a franchi quelques étapes déterminantes vers cette « Civilisation de l’amour » que Jean Paul II a appelée de ses vœux et pour laquelle il a œuvré.

Je suis de ces libéraux qui ne conçoivent pas la liberté comme une fin, mais comme un chemin vers la responsabilité et la dignité de l’être humain. Libre à chacun de le prendre. Et l’ordre que je respecte est celui qui convient à la nature de l’être humain, il n’est pas créé artificiellement par ceux qui détiennent le pouvoir politique ou médiatique, il est le fruit de règles sociales patiemment élaborées dans les relations humaines au cours des siècles à travers essais et erreurs. Ne manquez pas de me faire savoir si mon esprit est désordonné. Après tout, c’est peut-être l’explication de ces mystères et de ces complots.

 
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Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
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Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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