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Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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ELEVEN NINE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 12 Septembre 2011 01:00
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Nous voici donc dix ans en arrière. Je participais au Congrès de la Société du Mont Pèlerin à Bratislava, capitale de la Slovaquie. Un bon tiers des congressistes était américain. Après le déjeuner, je suis allé dans ma chambre par hasard, et par hasard j’avais laissé la télévision allumée, et par hasard j’ai vu l’avion s’enfoncer dans la deuxième des tours jumelles. J’ai cru un instant qu’il s’agissait d’un film de science-fiction, mais très vite le commentateur est venu annoncer la terrible nouvelle. Je suis immédiatement redescendu dans le lobby de l’hôtel et j’ai eu beaucoup de mal à me maîtriser pour expliquer à mes amis Américains ce qui se passait. Les uns ont été incrédules, pensant à un accident d’avion, les autres ont eu le réflexe immédiat de téléphoner : qui avait un parent, qui un ami qui travaillait à New York. En particulier le siège du Wall Street Journal avec son rédacteur en chef George Mellon était adjacent aux tours : y avait-il eu des victimes là aussi. Il a réellement fallu plus d’une journée à l’assemblée pour retrouver un peu de sérénité, mais le coup avait été fatal : c’est l’Amérique qui avait été frappée. 

Je vous raconte cette histoire vécue pour bien mesurer ce que l’attentat des tours jumelles a représenté pour le peuple américain, et pour une partie de son élite intellectuelle présente ce jour-là à Bratislava, avec trois prix Nobel (Friedman, Buchanan et Becker) et des dizaines d’universitaires économistes, juristes, historiens et philosophes.

Certes l’Amérique avait traversé d’autres épreuves : les deux guerres mondiales – et en particulier l’engagement en Europe et dans le Pacifique -, et surtout la guerre du Vietnam, dont les blessures venaient à peine de se refermer, grâce au succès de Reagan qui avait rendu aux Américains foi dans leur patrie et dans ses valeurs de liberté et de démocratie. Mais c’était bien la première fois que l’Amérique était atteinte sur son propre territoire, alors même qu’elle avait su se préserver contre la menace des fusées soviétiques.  

Les Etats-Unis découvraient la réalité du terrorisme, qui les avait épargnés. Le monde entier venait de réaliser qu’il n’y aurait désormais plus de sanctuaire, d’abri ou de relâche dans la barbarie fanatique. La mondialisation du terrorisme prenait consistance. 

Nous payons peut-être aujourd’hui encore le prix de ce onze septembre. Est-ce une raison pour renoncer à tout espoir ?  

Le prix est incontestable. George W. Bush, dont le courage et l’élévation d’âme avaient été remarquables aux premières heures, a désigné une cible à la fois ambiguë et insaisissable : les « Etats voyous ». Quelques semaines plus tard, il engageait l’Occident dans la chasse à Sadam Hussein, sans le consentement réel des autres pays (exceptée la Grande Bretagne). Etait-il le véritable adversaire de l’Occident ? Il était à coup sûr l’adversaire de son peuple, et méritait sans doute un châtiment. Mais les opérations militaires ont traîné, et peu à peu les citoyens américains eux-mêmes se sont inquiétés. La réélection de Bush a été difficile, et son impopularité a porté au pouvoir Barak Obama. La guerre en Irak avait déjà pesé sur le budget, le retour de l’Etat Providence allait grever lourdement les finances fédérales, jusqu’à la déroute actuelle – en causant au passage la crise financière dont on n’a pas fini de parler.

En quittant les Etats-Unis pour observer le reste du monde, le 11 septembre a encouragé la montée d’un islamisme radical, et le fanatisme religieux n’a cessé de progresser dans tous les pays du Proche et du Moyen Orient. Al Quaïda a pu étendre ses réseaux jusqu’au cœur de l’Afrique, tandis que les Talibans ont repris l’initiative en Afghanistan. La mort de Ben Laden et de ses principaux lieutenants a cependant marqué un tournant, et les « printemps arabes » ont peut-être changé la donne. Toujours est-il que l’Occident, et les Etats-Unis en particulier, ont perdu la maîtrise diplomatique, et que Russes et Chinois essaient d’imposer leur loi, notamment à l’ONU. La diplomatie mondiale n’est plus « univoque », ce qui réjouit Monsieur Védrine, mais elle n’en est pas plus rassurante pour autant.

On a beaucoup parlé du déclin économique des Etats-Unis. Mais d’une part, il s’explique par l’émergence des nouveaux pays, de la Chine au Brésil en passant par l’Inde – sans parler des « dragons » du Pacifique. D’autre part, il n’est pas directement lié au 11 septembre. C’est davantage la politique monétaire et budgétaire laxiste, et les improvisations du « stimulus » qui ont ralenti la croissance aux Etats-Unis, et le chômage actuel en est le fruit naturel. 

Alors, où sont les raisons d’espérer ? Je les perçois à travers la façon dont le peuple américain prépare cet anniversaire. Il y a à nouveau un mouvement de fierté et de confiance qui s’instaure outre-Manche. Il s’est traduit par les réactions spontanées de la société civile, autour du thème de la « tea party » : volonté de réduire les impôts, l’Etat, la bureaucratie. Un grand nombre d’Américains, y compris des immigrés récents, renouent avec les principes des pères fondateurs. Le sentiment religieux redevient vivace dans de nombreux Etats. Quant à l’économie, il ne faut pas la chercher à Wall Street ou à la FED, mais bien à travers le réseau des petites et moyennes entreprises qui s’est progressivement reconstitué. La croissance, affaiblie par la politique économique, demeure supérieure à celle de l’Europe, même si le chômage apporte son lot de misères et d’exclusions. L’alternance politique a été amorcée au Congrès, elle pourrait se prolonger à la Maison Blanche, même s’il n’y a pas pour l’instant de personnalité affirmée de nature à battre Obama.

Les Etats Unis demeurent ce qu’ils ont toujours été : une société d’immigrés, où le respect des différences est essentiel, et une société « compassionnelle », qui sait allier la réussite individuelle et la solidarité de la communauté. Cela n’a pas été détruit avec les tours.

Tout compte fait, il me semble que le maillon faible de l’Occident, tragiquement frappé en 2001, n’est pas l’Amérique mais bien l’Europe. Nous sommes allés bien plus loin que les Etats Unis dans les utopies étatistes et la dégradation des lois et des mœurs. Si les Américains remettent à l’honneur la trilogie qui a fait leur histoire : esprit d’entreprise, société civile et religion, nous serions bien avisés de prendre le même chemin. Faudra-t-il une catastrophe pour réagir ?

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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