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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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UNE DECLARATION D’AMOUR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 09 Mai 2011 01:00
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Si ce n’est déjà fait, vous vous préparez à faire votre déclaration de revenus. Je voudrais vous éviter de considérer cette démarche comme une corvée, et de chasser de vos esprits toutes les mauvaises pensées sur l’impôt, pour voir dans ce rituel une véritable déclaration d’amour. C’est en tous cas ce que j’ai réussi à faire après une longue pratique : j’ai enfin compris au bout de quelques décennies que le fisc me donnait une occasion unique de dire ouvertement mon amour à un certain nombre de mes compatriotes.

Déclarer ses revenus, c’est d’abord apporter la preuve que l’on aime tous ceux qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, et qui sont injustement privés du bonheur de contribuer aux charges publiques. C’est manifester sa solidarité avec la moitié des foyers fiscaux français qui ne payent pas l’IRPP. C’est mesurer que la justice sociale consiste à prendre l’argent d’une minorité de privilégiés pour permettre à la grande majorité des citoyens de percevoir les bienfaits de la chose publique sans bourse délier.

Heureux ceux qui, comme vous – car je suppose que vous en êtes – appartenez à ces 10 % de contribuables qui paient 70 % des recettes de l’IRPP. C’est un moment important de votre vie de citoyen solidaire, vous pouvez libérer votre conscience d’avoir commis le péché de percevoir des revenus élevés pour avoir travaillé, épargné , entrepris : vous voici maintenant en paix avec les contribuables qui ne vous ont pas suivi sur la route de la réussite. Car la réussite, nous expliquent les intellectuels collectivistes, n’est pas un mérite, c’est une chance. Il existe dans une société une masse de talents, de compétences, d’ardeur à l’ouvrage, de créativité, qui est inégalement répartie. Il est juste que ceux qui « naissent sous une bonne étoile », ayant reçu tous ces dons (ou prétendus tels), restituent à l’ensemble de la communauté le surplus qui leur a été donné par hasard. L’impôt n’est pas un moyen de rendre gorge, c’est une façon de rendre aux autres ce qu’ils n’ont pas pu avoir.  

Déclarer ses revenus, c’est aussi démontrer que l’on aime tous ceux qui vont pouvoir vivre de l’impôt collecté. Il y a bien sûr tous nos frères fonctionnaires, dont j’ai d’ailleurs fait partie (puisqu’en France un professeur d’université est obligatoirement un agent public). Vous n’êtes pas de ceux qui mettent en doute leur efficacité et leur productivité, et qui déplorent que leur nombre soit proportionnellement supérieur de quelque 20 % à ce qu’il est dans la moyenne des pays européens. Vous ne trouvez pas surprenant que sur 363 milliards de dépenses inscrites au budget 2011 environ le quart (87 milliards) aille à l’enseignement et la recherche, car vous savez les performances de notre Education Nationale et de notre CNRS. Vous ne vous êtes pas étonnés non plus d’un déficit de 91 milliards (un autre quart des dépenses), ni de la charge de 45 milliards, deuxième poste de dépenses de l’Etat, représentée par le service de la dette - montant des intérêts payés sur les emprunts contractés pour couvrir les déficits antérieurs. Vous vous êtes dit également qu’au-delà des traitements, au-delà de la dette, il y a toutes les subventions, qui aident les paysans en les protégeant contre la concurrence déloyale des producteurs étrangers, qui soutiennent les cheminots de la SNCF, les salariés de ces belles industries que l’on organise en pôles d’excellence, tous ceux qui oeuvrent pour le développement durable. Bref vous aurez donné votre accord pour la bonne destination et la bonne gestion des finances publiques que vous alimentez par votre geste citoyen. Vous avez prouvé votre amour de la chose publique.  

Déclarer ses revenus, c’est précisément encore marquer son respect et son affection pour la classe politique, qui ne cesse de contrôler avec rigueur et compétence l’usage de votre argent. On le sait : les parlementaires qui votent la « loi de finances » sont là pour nous défendre contre la rapacité du gouvernement et de ses administrations. Vous avez le cœur d’autant plus léger que vous savez que grâce à vos élus les dépenses publiques sont calculées au plus près, et la répartition des charges au plus juste.

J’ajoute enfin que comme toute déclaration d’amour, celle-ci a une « touche personnelle ». Alors que d’autres impôts, comme la TVA, la TIPP ou la CSG, sont payés par n’importe qui, et sans que personne n’en ait réellement mesuré l’ampleur, l’IRPP est le seul impôt qui vous individualise. La volonté du peuple, si admirable déjà, se double ici de votre volonté personnelle ; vous avez le sentiment que c’est bien quelque chose de votre liberté, de votre propriété, que vous sacrifiez sur l’autel du bien commun. C’est pourquoi vous avez sans doute applaudi à la suppression du bouclier fiscal, car on ne peut vous imposer d’être moins imposés, et vous trouvez admirable que les plus fortunés prolongent leur impôt sur le revenu par un impôt qui porte un nom qui fleure bon la générosité – et pour tout dire l’amour que vous portez à vos semblables : l’impôt de solidarité.  

Ces choses n’apparaissent peut-être pas au commun des mortels contribuables. J’ai dû moi-même arriver à un grand âge et une très grosse fortune pour rompre avec une stupide tendance à prêcher la fronde fiscale, voire même la fraude fiscale. Je tire maintenant toute la joie voulue de ma déclaration d’amour. 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
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Connaissance du libéralisme :
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