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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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L’échange base de la richesse des nations

C’est le message essentiel de celui qui est considéré (avec Turgot) comme le père de la science économique.

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LA GAUCHE LA PLUS BÊTE DU MONDE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 11 Avril 2011 01:00
PS l www.libres.org

Jadis Guy Mollet avait posé le diagnostic: nous avons en France « la droite la plus bête du monde ». Il est vrai que la tradition d’une droite française étatiste, jacobine, dirigiste, corporatiste et souverainiste est solidement établie, et se prolonge chaque jour.

Mais la gauche française n’a rien à lui envier : tandis que dans le monde entier les partis de gauche ont infléchi leurs doctrines, les nôtres en sont restés à l’internationale ouvrière. Le programme présenté par Martine Aubry au nom d’un Parti Socialiste exceptionnellement unanime nous ramène à 2007, 2002, 1995, 1988, voire à 1981. Il est « ancré » à gauche : scotché.

Aucune leçon n’est tirée ni des erreurs passées, comme la retraite à 60 ans ou les 35 heures, ni de la crise, ni de la situation catastrophique de nos finances publiques et de notre compétitivité internationale. Au demeurant les problèmes européens et mondiaux sont totalement ignorés de nos socialistes : un oubli volontaire ?  

Donc, une fois de plus, le PS prend pour cibles la réussite, l’entreprise, la propriété, la famille.

La réussite est une tare aux yeux des égalitaristes. Si certains Français, par leur travail, leur épargne ou leur entreprise, ont réussi à atteindre revenus et fortunes d’un niveau supérieur à la moyenne, ils doivent en rendre aux autres ou, plus exactement, à l’Etat qui prendra soin des autres, et par priorité de ceux qui n’ont ni travaillé ni épargné ni entrepris. C’est ainsi qu’il  faut comprendre la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. La CSG, d’invention socialiste (Michel Rocard), appelait tous les Français à la solidarité pour combler les trous de l’assurance maladie ; elle a donc été voulue « généralisée » et égale. Mais cet impôt proportionnel est intolérable aux socialistes. Par contraste, l’impôt sur le revenu est d’une progressivité rassurante : la moitié des contribuables ne le paie pas et à eux seuls les 10 % de contribuables aux revenus les plus élevés payent 70 % du montant total. Grâce à la fusion, les « riches » paieraient plus de CSG que les autres. Parallèlement, la nouvelle fiscalité pénaliserait davantage les revenus « du capital » que ceux du travail. Le capital n’est-il pas source de toutes les injustices ? Il mérite d’être puni. Le travail serait exagérément taxé. Ce n’est pas faux, sauf à préciser que la taxation dont il s’agit inclut les cotisations de Sécurité Sociale, et qu’en effet la Sécu est une machine à exploiter les salariés. Bref, l’essentiel est de « faire payer les riches », méthode infaillible pour appauvrir les pauvres.

L’entreprise est l’objet de tous les soins de la part du PS. Mais alors que l’efficacité de l’entreprise dépend habituellement de la liberté dont elle jouit, et de la rentabilité qu’elle dégage, les socialistes veulent mettre l’entreprise et ses investissements sous le contrôle renforcé de l’Etat. Fiscalement, les profits seront détaxés seulement s’ils sont réinvestis. Les actionnaires iront placer leur argent ailleurs. Financièrement, les crédits de l’entreprise viendront d’une Banque Publique d’Investissement qui définira les priorités. La rentabilité n’est plus un guide. Juridiquement, le droit du travail sera reconsidéré dans l’intérêt des salariés (comme s’il ne l’était pas aujourd’hui) et les entreprises offrant une trop forte proportion d’emplois « précaires » paieront plus d’impôts – il est clairement annoncé un renforcement du « contrôle des conditions de travail ». Autant de recettes de compétitivité !

Les propriétaires sont particulièrement choyés. Les loyers du parc privé seront encadrés. Le parc public sera développé. La loi Gayssot, qui prescrit aux communes d’avoir 20 % de logements « sociaux » (aujourd’hui délabrés pour les pauvres et luxueux et bon marché pour les riches) sera amendée pour passer à 30 %. La fiscalité sur les donations et l’héritage sera renforcée : le patrimoine, voilà l’ennemi.

Le patrimoine est associé à la famille. Celle-ci n’échappe pas au « progressisme » du PS. Le mariage homosexuel sera évidemment mis à pleine égalité avec le mariage « traditionnel » et le PACS. De plus, l’adoption des enfants par des « ménages » homosexuels sera bien entendu légalisée, ainsi que toute pratique abortive ou autre défi à la vie et à la nature.

En voilà assez pour se persuader que l’innovation et l’intelligence ne sont pas au rendez-vous. On pourrait sans doute compléter le tableau par des considérations sur la jeunesse, objet de toutes les attentions : 300.000 emplois « d’avenir », par exemple des emplois « verts » (dont on sait qu’ils détruisent trois fois plus d’emplois qu’ils n’en créent), une allocation d’études (réclamée par l’UNEF depuis 1953 et qui installe les étudiants dans un statut de chômeurs assistés), et des chercheurs et enseignants comme s’il en pleuvait  pour s’adapter aux nouveaux rythmes scolaires (peut-on faire pire qu’aujourd’hui ?).  On pourrait aussi souligner l’ambiguïté du PS sur l’énergie nucléaire, tout en admirant l’ode aux énergies nouvelles. On pourrait même applaudir à quelques mesures, comme la suppression de l’article 16 de la Constitution (pleins pouvoirs du Président en cas de « crise »), l’introduction d’une dose de proportionnelle dans les élections nationales, l’interdiction du cumul des mandats.

Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt : le programme demeure « ancré ». Est-il destiné à piper les voix de Mélanchon et Le Pen ? Je n’en sais rien. Peut-être, après tout, ai-je confondu le machiavélisme électoral avec la bêtise pure et simple.

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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