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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Février 2011 01:00
Chandeleur l www.libres.org

Cette semaine a pris fin l’octave de la Chandeleur. Pourquoi vous parler de ce temps fort de la liturgie catholique, au demeurant ignoré de la plupart des gens, croyants compris ?

C’est d’abord pour ne pas vous parler des autres choses qui font la tristesse de l’actualité présente : les révolutions incertaines dans le monde arabe, le mépris dans lequel est tenu le pouvoir judiciaire, la corruption étalée, et tout ce dont nous régalent nos médias.

C’est aussi parce que la Chandeleur est une partie importante de la réponse à ces désordres contemporains. A ce titre, elle nous appelle à l’espoir dans cette époque désespérante.  

En effet, qu’est-ce que la Chandeleur ? Son nom le rappelle : c’est la fête de la lumière. Elle invite les Chrétiens, mais aussi tous les hommes et femmes de bonne volonté, à fuir la tentation de la peur, des ténèbres, du pessimisme et du nihilisme, pour leur dire : « levez-vous, portez la lumière, créez un monde de compréhension, d’harmonie et d’amour ». 

Les textes qui accompagnent la Chandeleur sont condensés dans ces deux formules évangéliques : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ».  

Sel de la terre : dans une société où règne la grisaille, dans une société sans foi ni doctrine, il faut redonner du goût à une vie sociale, parfois même à une vie personnelle, qui n’a plus de saveur. Cela suppose que l’on accepte de relever les mets, que l’on ne se contente pas de suivre une pente glissante et d’adopter la mode délétère, massifiante et grégarisante. Les partisans du vrai personnalisme (celui de Blondel, ou de Wojtyla, pas celui de Mounier) ont décrit toute la grandeur, mais aussi tout le courage de ceux qui ont choisi d’affirmer leur différence, leur propre doctrine, forgée par l’expérience, la réflexion, la rencontre, au lieu de se fondre dans une société de masse qui a désappris à penser et à croire. Le sel de la terre, c’est ce qui va donner un sens à ce qui n’en a pas, ou n’en a plus. Maintenant hélas, nous sommes dans « l’adoxalisme », le refus de toute doctrine, et seul « l’empirisme » a la cote : politique du chien crevé au fil de l’eau. Le sel est un peu caustique, il ne faut pas en abuser, il est innovation plutôt que provocation. 

Lumière du monde : le prosélytisme est un devoir. La vérité n’a pas vocation à être cachée. Il faut la dire, il faut indiquer quel est son chemin. Le meilleur service que nous puissions rendre à nos contemporains est de les sortir de leur torpeur intellectuelle ou de les arracher à des occupations futiles pour leur offrir ce qui est si rare aujourd’hui sur la place publique : la sincérité, la capacité de s’émouvoir et de réagir, l’engagement dans la cité. En finir avec le court terme, le carpe diem, pour prendre du recul. Ces nouveaux itinéraires ne sont pas évidents, voici pourquoi il est besoin de lumière. Personne ne doit demeurer dans la désespérance. A ceux qui disent que la France est un pays condamné, rappelez que la France n’est pas seule, et qu’elle recevra tôt ou tard le vent du grand large. Ne pas voir le monde à travers le prisme déformant de l’Hexagonie. A ceux qui disent que ce XXIème siècle est mal engagé, rappelez la décennie triomphale des années 1990 où l’Europe et le monde ont été libérés du totalitarisme communiste et où l’on a cru, comme Fukuyama, que nous en venions à la fin de l’histoire avec la victoire des sociétés de confiance sur les sociétés de puissance. On prête à Saint Amboise (certains la prêtent à Saint Jérôme) la recette miracle contre le désespoir : « Ne dites pas les temps sont bons, les temps sont mauvais. Soyez bons et les temps seront bons ». Formons l’avant-garde de ceux qui espèrent et portent la lumière à tous ceux qui sont en attente, ou en recherche, ou en sommeil, ou en dépression, et en particulier à la jeunesse qu’un système éducatif massifiant a souvent condamné à l’ignorance, à l’inculture, mais pire encore au nihilisme. 

Je ne voudrais pas vous donner l’impression d’être sur les nuages, et de prendre mes désirs pour des réalités. En effet, le témoignage, par la parole, par l’écrit, par l’exemple, est d’une redoutable efficacité. Une psychologue allemande a fait une étude récente sur les méthodes des « spin doctors », ces experts en manipulation de l’opinion publique, qui sont au travail aujourd’hui dans le monde entier pour servir (moyennant rétribution) des intérêts de toutes natures. Travaillant sur le changement radical d’attitude du peuple suisse à l’égard du secret bancaire, notre psychologue a pu analyser les méthodes de ces manipulateurs, et les a trouvées redoutables. Pourtant, elle a fait une découverte intéressante : toute la manœuvre peut échouer si un individu, ou un petit groupe d’individus, peut se mettre ouvertement en travers de la route, et montrer précisément aux personnes environnantes qu’elles sont en train de s’égarer parce qu’on les égare.

Rassurant, n’est-ce pas ? Je fais souvent allusion au titre (sinon à l’œuvre !) de Julien Benda « La trahison des Clercs » : dans les années 1930 le silence des intellectuels et des hommes politiques a été assourdissant, et les dictatures de Lénine, Hitler et Staline ont pu se mettre en place sans que l’on y prête attention. Tous les prétextes étaient bons pour se rassurer à bon compte, et pour jouir des « folles années ».

Puisse la chandeleur nous inspirer plus de lucidité. La lucidité est le premier mouvement de la lumière. Lucides, portons aussi la lumière et montrons le chemin de la liberté et de la charité.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

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