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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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TURGOT (1727-1781) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 21 Janvier 2011 01:00

L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

 

Libre entreprise

« Laissez faire » : mis dans l’obligation d’harmoniser leurs intérêts personnels, les êtres humains vont faire preuve d’imagination, d’efforts, d’esprit d’entreprise et de commerce. Ils n’ont nul besoin de l’aide de l’Etat. Ils n’attendent de l’Etat que la sécurité de leurs personnes et de leurs biens, en protégeant en particulier le droit de propriété. Aux marchands reçus par Colbert qui leur demandait « que puis-je faire pour vous ? », un certain Legendre a répondu « Laissez-nous faire ». Le « laisserfairisme » (Maurice Allais) ne signifie pas laisser faire n’importe quoi, mais faire confiance aux initiatives privées pour régler la vie économique, au lieu que l’Etat soit toujours sur le dos des producteurs. On doit reconnaître et protéger une liberté individuelle fondamentale : celle de créer, celle de prendre des initiatives responsables. Il en va de la dignité de la personne humaine.  

Libre échange

La rencontre des initiatives privées et le jeu des contrats sont entravés par des barrières externes et internes. Il faut dégager la vie économique du cadre national dans lequel le mercantilisme l’a enfermé en faisant de l’économie, de la monnaie et de l’échange affaires d’Etat. Les nations prospères sont celles qui comme l’Angleterre commercent à longue distance, et pas celles qui comme l’Espagne ferment leurs frontières pour veiller à conserver leur or ou leur argent. La prospérité n’est pas la mission de l’Etat, mais celle des producteurs.

De même des barrières internes au pays ne peuvent engendrer que déséquilibres : pénuries et famines coexistent avec pléthores et gaspillages non loin de là, et cette situation ne fait l’affaire que des contrebandiers et des spéculateurs.  

Les obstacles politiques à la richesse de nations

Les principes de libre entreprise et libre échange, bases de la vie économique et de la richesse des nations, sont battus en brèche par les institutions et les réglementations mises en place par l’Etat. Au prétexte de canaliser ou de modérer les initiatives privées marchandes, se sont constituées corporations (jurandes), ligues et associations de toutes sortes qui n’ont pour but que de fermer les professions et de freiner ou bloquer toute innovation réelle. L’édit de 1776 prononçant la dissolution de ces « corps » causera la disgrâce de Turgot : la ligue des privilégiés et des protégés du Roi l’a emporté. Turgot avait déjà révolutionné le pays en 1774 avec l’édit sur les grains, donnant au marché du blé une vraie dimension nationale, alors qu’il était morcelé pour mieux servir les intérêts de ceux qui exploitaient les pénuries et spéculaient sur les prix. Pour réguler le marché, mieux vaut la concurrence que l’Etat, réceptacle de tous les ennemis de la concurrence. 

Turgot et les Physiocrates

Par la politique économique libérale qu’il a imposée à Louis XVI, Turgot s’est attiré les sympathies de tous ceux qui s’opposaient à la monarchie absolue au nom de la liberté : Voltaire et les Physiocrates l’ont admiré. Pourtant, mis à part le « laissez-faire » rien n’est plus étranger à l’esprit de Turgot que la Physiocratie. Tout d’abord les disciples du docteur Quesnay pensaient que la richesse des nations tenait à l’agriculture, tandis que commerce et industrie étaient « stériles ». Ensuite, s’ils étaient hostiles à l’intervention de l’Etat c’était parce qu’ils croyaient à un ordre naturel économique, une arithmétique rationnelle macro-économique, un genre d’équilibre général spontané. Turgot, pour sa part, voyait dans l’économie une expression du génie créateur de l’être humain, et non moins une harmonie sociale résultant des échanges sur un libre marché.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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