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48 pages, 22 portraits, 5€

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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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NON, CE N’EST PAS TROP ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Mai 2011 01:00

Tontonmania l www.libres.orgJe suis en désaccord avec l’éditorial d’Etienne Mougeotte dans Le Figaro de ce 10 mai 2011, trentième journée anniversaire de l’élection de François Mitterrand. « Trop c’est trop », dit-il. Et il déplore la Tonton mania : passe encore que les électeurs qui s’étaient fait piéger en 1981 gardent un souvenir cuisant de ces belles années, mais que dire de tous ces jeunes gens, nés peu avant ou peu après, qui vouent un culte bizarre à un dinosaure de la Quatrième République ? Y voient-ils un prophète, un Jean Baptiste annonçant la venue du Messie de gauche en 2012 ?

De plus Etienne Mougeotte fait allusion aux affaires scandaleuses voire criminelles, aux amitiés douteuses, aux alliances perverses, aux turpitudes personnelles : toutes choses que personne ne saurait nier, mais qu’il est déplacé d’évoquer dans ces moments de liesse populaire.

Pour ma part, j’ai revu avec plaisir tous ceux qui, avec la sincérité et la spontanéité qu’on leur connaît, ont témoigné de la grandeur de ce 10 mai 1981, ce jour « où l’on est passé de l’ombre à la lumière » : Lang, Dumas, Charasse, Mauroy, Fabius, etc… Dans ma mémoire est repassé le film de tout ce que François Mitterrand a fait pour son pays. Je n’ai pu oublier les réformes décisives : les nationalisations, les lois Auroux faisant toute leur place aux syndicats dans l’entreprise, les lois Quillot libérant les locataires de l’exploitation des propriétaires, les lois Savary pour le service public unique et laïque de l’Education Nationale, la retraite à 60 ans, la semaine de 37 heures qui deviendront 35, sans compter trois dévaluations en deux ans, un chômage au-dessus de 10%, le triplement des déficits budgétaires, et l’effondrement de la balance des paiements. Toutes ces performances ont été réalisées dans un contexte hostile, puisque triomphait l’ultra-libéralisme de Margaret Thatcher (depuis 1978) et Ronald Reagan (depuis 1980), tandis que s’entendaient les premiers craquements du bloc communiste.

L’élection et l’action de François Mitterrand ont fait faire un grand pas en avant à la France qui était alors au bord du gouffre. Je rappelle d’ailleurs à mes lecteurs les plus jeunes tout le génie des 110 propositions du candidat Mitterrand, reprises fidèlement du Programme Commun de la Gauche écrit avec les communistes et radicaux dès 1972, et s’articulant autour de quatre principes économiques salvateurs :

A. la relance de la consommation : grâce à la célèbre « politique du pouvoir d’achat » (Léon Blum) à base de vaste redistribution des revenus, par la fiscalité et la dépense publique ;

B. la « reconquête du marché intérieur » : une fois les pauvres en mesure de payer, ils deviennent des clients naturels pour les entreprises nationales, encore trop obsédées par les débouchés de l’exportation et concurrencées déloyalement par les importations ;

C.« l’extension du secteur public », entendue comme la nationalisation complète des banques et du crédit, et d’un quart des industries incluant les 15 plus grands groupes français, premiers exportateurs. La nationalisation rend l’économie française plus compétitive ;

D. la « démocratie dans l’entreprise », c'est-à-dire le renforcement de la puissance syndicale et sa participation à la gestion (y compris dans les entreprises privées), donc son amélioration.

Ce programme est donc en forme de poupée russe (ce n’est pas un hasard) A permet B qui devient possible grâce à C, et D parachève le tout.

 

La mise en œuvre s’est faite sans encombre dès la gauche installée à l’Elysée et au Palais Bourbon. Nulle hésitation, nulle contestation syndicale. Il faudra attendre trois ans pour que se déroule une énorme manifestation pour la défense de l’enseignement libre, réunissant 2 millions de personnes à Paris le 24 Juin 1984. Ces manifestants n’étaient pas syndiqués, mais ils ont pourtant été entendus par François Mitterrand, d’autant plus que la situation économique n’a pas répondu aux attentes. Inflation, chômage, déficits : la France commence à grogner.

Alors quoi ? Le Président a l’habileté de passer à une « politique de droite » confiée en 1984 à Fabius et Beregovoy « le Pinay socialiste » : retour à la liberté des prix et des changes, négociation de l’acte unique européen conforme aux vœux de Margaret Thatcher (à l’euro près, imposé par Jacques Delors, président de la Commission de la CEE).

De son côté la droite remporte les élections législatives de 1986 sur un programme (presque) authentiquement libéral. Mais comme le tandem Chirac-Balladur et la « bande à Léo » ne tiennent pas leurs belles promesses, la cohabitation tourne à l’avantage de celui qui est devenu Tonton. Mitterrand est maintenant un personnage détaché de toute idéologie, qui se fait réélire en 1988 sur le slogan du ni ni, ni capitalisme ni collectivisme : la société d’économie mixte à la française pointe à l’horizon, et elle ne sera jamais troublée par les élections suivantes puisque ni en 1993 (Parlement de droite) ni en 1995 (élection de Chirac) ni en 1997 (Parlement de gauche et cohabitation avec Jospin) il n’y aura la moindre rupture avec l’Etat Providence, les syndicats révolutionnaires, la Sécurité Sociale et la répression fiscale - en dépit des privatisations et de la mondialisation.

Vous le voyez bien : il n’y a pas trop de mots pour saluer le personnage de celui qui a su remettre la France dans le droit chemin de l’Etat. La lumière du 10 mai brille toujours. Dieu reviendra.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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