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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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Editorial
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 28 Novembre 2011 01:00
Ignorance économique l www.libres.org

L’ignorance économique serait-elle une des valeurs de la République Française ?

C’est la question que je me pose après la publication d’un sondage IFOP sur « les Français et l’économie », et la tenue d’un colloque organisé à Paris sur le thème « Réconcilier les Français avec l’économie : mission impossible ? »

Est-ce grave, docteur ? Oui : Edmund Phelps, prix Nobel d’économie, a estimé à un point de croissance ce que l’économie française perdait chaque année du fait de l’ignorance économique de notre bon peuple. Le canal le plus important à travers lequel l’ignorance se transforme en perte : les décisions politiques, les pressions syndicales, la spoliation fiscale. C’est donc bien la République et ses instances supérieures qui sont en cause. Mais c’est aussi la République qui entretient le bon peuple dans ses fausses idées, car l’économie est affaire d’enseignement, et l’enseignement c’est encore la République.

J’en reviens aux faits et au sondage. Les Français sont ceux qui, au monde, sont les moins confiants dans le capitalisme et le marché. Les plus convaincus par le système économique marchand sont…les Chinois. Les Français sont également ceux qui sont les plus hostiles à la mondialisation, les habitants des pays émergents y sont les plus favorables. Comment sortir de la crise ? La première réponse (deux Français sur trois) : « en taxant les plus hauts revenus pour redistribuer aux plus faibles ». La deuxième : « en augmentant les salaires ». Deux Français sur trois sont également persuadés que les écarts de revenus ne cessent de se creuser, qu’il y a davantage de gens en dessous du seuil de pauvreté, que les actionnaires confisquent entre 30 et 40 % de la valeur ajoutée : ils ont tout faux, même si l’on se réfère aux données fournies par l’INSEE, dont les statistiques sont pourtant suspectes et teintées d’idéologie anti-libérale.

Le sondage de l’IFOP rejoint hélas les conclusions de récentes autres enquêtes, dont la plus affligeante est celle sur les connaissances en matière de finances : une personne interrogée sur deux ne sait pas de quelle somme elle peut espérer compter un an plus tard si elle place 100 euros à 2% l’an, et moins de 50 % savent ce qu’est le chiffre d’affaires d’une entreprise, et moins de 20 % ce qu’est une obligation.

Alors : qui est responsable de cette ignorance crasse ?

Pour la plupart des observateurs, c’est le système d’enseignement qui est en cause. En particulier les cours d’économie dispensés aux lycéens sont donnés par des maîtres eux-mêmes ignorants, car leur engagement politique les éloigne de toute approche scientifique ; ils utilisent des manuels scolaires qui proposent une image de l’entreprise et du capitalisme comme celle de l’exploitation, de l’aliénation, de l’injustice – conformément à la vulgate marxiste. La lecture régulière d’Alternatives Economiques (publication subventionnée) achève de corrompre les jeunes esprits. Les choses ne s’arrangent pas au niveau de l’université : les travaux de Bertrand Lemennicier démontrent que les professeurs d’économie sont à l’écart des derniers développements de la théorie économique aussi bien que des bases classiques, et que les diplômés en économie en savent moins que les étudiants en médecine ou en architecture !

Les médias sont également responsables de la désinformation. Là encore, souvent par idéologie. Mais aussi parce que la plupart des journalistes viennent de la politique, et non pas de l’entreprise. D’autre part, les gens qui sont invités sur les plateaux et dans les colonnes sont toujours les mêmes, professionnels de la revendication, de la révolution, égalitaristes et envieux.

Nous avons d’ailleurs un sérieux problème avec « l’élite ». Le grand prêtre de l’économie française, Jacques Attali, professe depuis des années qu’il n’y a pas de science économique (« l’anti-économique » est le titre de son ouvrage pionnier) et que les théories économiques s’offrent à un choix politique. Le « cercle des économistes », le plus huppé et le plus présent des lobbies dans le domaine, regroupe partisans et adversaires du libéralisme, et n’hésite pas à proposer deux programmes de gouvernement : un pour la droite, un pour la gauche. Merveilleux ! L’essentiel est de paraître. Quant à l’élite des parlementaires, elle est composée avant tout de fonctionnaires et d’enseignants, et les chefs d’entreprises (réunis précisément autour du groupe « Génération Entreprises » de Jean Michel Fourgous et Olivier Dassault) sont au mieux une centaine. D’ailleurs les entrepreneurs veulent-ils faire valoir leur point de vue ? Comme l’a remarqué Geoffroy Roux de Bézieux (d’ailleurs nommé pour le prix du livre libéral décerné par l’ALEPS) les entrepreneurs ne sont pas assez engagés dans la vie publique, et même s’ils ne font pas de politique, ils devraient au moins se soucier du niveau de connaissances de leur personnel.

C’est d’ailleurs de la bonne formation économique que peut venir le salut. J’ai rappelé le succès des actions menées dans un très grand nombre d’entreprises, qui ont permis à leurs salariés de comprendre les rouages de l’économie, de savoir ce qu’étaient la consommation, l’épargne, les coûts, les revenus, les marchés, les prix et les profits, la monnaie, la mondialisation, etc. Avec Axel Arnoux le personnel a appris et compris ce qu’était le « salaire complet » et ce que la Sécurité Sociale ponctionnait sur le gain des salariés.

Comprendre l’économie est simple, et vous pouvez le constater dans les colonnes de cette Lettre. Oui, nous avons besoin de pédagogie. Oui, je continuerai, avec mes amis, la croisade de la science économique, science de l’homme et du service des autres. Aujourd’hui la marque la plus profonde de l’ignorance économique est le mythe de l’Etat Providence. Vous le savez : nous nous sommes promis ici, au cours des prochains mois, d’expliquer l’impasse de l’économie sur-administrée, sur-réglementée et sur-fiscalisée, et les promesses d’une économie où l’on se passerait de l’Etat. Je vous engage à nous rejoindre dans cette croisade : dites la vérité aux Français, libérez-les de l’obscurantisme catastrophique dans lequel on les a enfermés.

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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