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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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SCHUMPETER (1883-1950) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 13 Mai 2011 01:00

Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

 

L’entrepreneur est un innovateur : il trouve de nouveaux produits (nova) ou de nouvelles méthodes de production (novae). L’innovation est créatrice : elle améliore les performances de la firme, mais fait un meilleur usage des ressources productives (travail et capital) au niveau global, et par là même stimule la croissance. Mais cette redistribution des activités signe aussi le déclin de certains secteurs et la disparition d’entreprises et d’emplois : l’innovation est destructrice. Loin de justifier le statu quo ou le protectionnisme Schumpeter a voulu simplement souligner que la vie économique est faite d’adaptations permanentes. La fluidité des marchés du travail et du capital est une condition nécessaire et suffisante pour une croissance socialement harmonisée.

L’entrepreneur superman

Plus contestable est l’image que Schumpeter donne du personnage de l’entrepreneur. En innovant, dit-il, l’entrepreneur prend des risques que n’oserait affronter un individu ordinaire. Il faut des vertus particulières pour entreprendre (c’était déjà l’opinion de Say). Le profit serait la rémunération du risque pris (Frank Knight développera ce thème).

Mais l’aversion pour le risque augmente avec le niveau de revenu : dans les pays riches on ne veut pas abandonner la proie pour l’ombre. Le capitalisme serait ainsi victime de son propre succès : il y aurait de moins en moins de candidats à l’entreprise. On en arrive même au « crépuscule de la fonction d’entrepreneur » : le personnage central et naguère moteur de l’économie capitaliste est en voie de disparition, et avec lui le système lui-même.

L’entreprise manageriale

L’erreur de Schumpeter a consisté à croire que l’entreprise capitaliste est condamnée à se concentrer. Cette idée est très répandue dans les années 1930, secouées par la Grande Dépression (en laquelle certains – socialistes en tête - voient une crise du système). De nombreux économistes s’occupent des monopoles, des « grands trusts », de la « concurrence monopolistique », etc. Burnham écrit « l’ère des organisateurs ». En arrière plan le marxisme, inspiré par Ricardo, prédit la concentration des fortunes et la « baisse tendancielle des profits » éliminant toutes les petites entreprises et les classes intermédiaires (paysans, artisans). Schumpeter, tout en affirmant son attachement au capitalisme, redoute sa fin prochaine. Il compare l’évolution des entreprises à celle des armées. Aujourd’hui la guerre n’est plus l’affaire d’officiers menant l’assaut à la tête de leurs troupes, mais des états-majors bardés de compétences, qui ont horreur du risque. De même l’entreprise n’est plus dirigée par des « capitaines d’industrie » prenant tous les risques de l’innovation : elle est passée sous la coupe des dirigeants, et ces managers ne sont pas là pour se lancer dans l’aventure. Les actionnaires ont abandonné le pouvoir entre les mains des grands patrons (Berle et Means).

Capitalisme, socialisme et démocratie

C’est le titre de l’ouvrage majeur de Schumpeter, écrit en 1938. Bien que partisan du capitalisme, Schumpeter se résigne à sa disparition : l’entreprise manageriale est la première étape vers une socialisation du risque. Cette prédiction sera reprise et systématisée par Galbraith, annonçant et souhaitant la fusion des systèmes capitaliste et socialiste dans le « nouvel état industriel ». En fait, l’entreprise capitaliste a survécu, la croissance économique a été de plus en plus animée par les petites entreprises, même si la presse n’a de regards que pour les sociétés du CAC 40. Aux Etats-Unis 25 millions d’emplois ont été créés en dix ans par 9 millions d’entreprises et quelques très grandes compagnies ont disparu, notamment avec la « destruction » des emplois industriels et la « création » des activités de service. La mission de l’entrepreneur, qui justifie le profit, n’est pas la prise de risque, mais au contraire la connaissance du marché et l’anticipation dans l’information : business man à la Kirzner contre superman à la Schumpeter.

Mise à jour le Dimanche, 06 Novembre 2016 23:17
 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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