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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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JOHN MAYNARD KEYNES (1883-1946) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 06 Mai 2011 01:00

Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

 

D’ailleurs, alors que les néo-classiques cherchent à expliquer les choix micro-économiques des  individus consommateurs ou entrepreneurs, Keynes se situe délibérément au niveau de la nation entière. Il s’intéresse à l’équilibre macro-économique, aux grandeurs « globales » encore appelées « agrégats ». Cette révolution méthodologique oriente nécessairement les économistes vers les décisions prises au plus haut niveau : celui de l’Etat. Outil de politique économique, la « comptabilité nationale » est inventée par Richard Stone, disciple de Keynes.

L’équilibre de sous-emploi

Dans sa fameuse « Théorie Générale » (1936) Keynes se propose de démontrer qu’une économie de marché, livrée aux seuls calculs des consommateurs et des producteurs, débouche nécessairement sur un « équilibre de sous-emploi », c'est-à-dire un chômage massif et durable. Contrairement à Say et conformément à Malthus, Keynes soutient que le dynamisme de l’économie vient de la demande, et non de l’offre. L’offre ne fait que suivre les impulsions de la demande globale spontanée, elle-même composée de la consommation et de l’investissement. Les consommateurs dépensent une partie décroissante de leurs revenus : la propension marginale à consommer est inférieure à l’unité (« loi psychologique fondamentale »). Les entrepreneurs investissent de moins en moins, car le taux d’intérêt qu’ils doivent payer aux prêteurs est supérieur au rendement espéré du capital (« baisse de l’efficacité marginale du capital », comme le prédisaient Ricardo et Marx)). Donc, faute de débouchés les entrepreneurs réduisent leur production, donc l’emploi.

L’intervention salutaire de l’Etat

Fort heureusement, l’Etat peut et doit intervenir pour compenser les défaillances du marché. Si la demande globale spontanée est insuffisante pour assurer le plein emploi, l’Etat va lancer un programme de dépenses. L’argent ainsi injecté dans le circuit économique va avoir un effet multiplicateur : il va induire des dépenses en cascade, jusqu’à rapprocher l’économie du niveau de plein emploi. Comment financer la dépense nouvelle ? Keynes recommande la fiscalité sur l’épargne, trop importante surtout chez les personnes à revenu élevé. Ainsi l’Etat va-t-il redistribuer l’argent des riches vers les pauvres, qui eux sont disposés à consommer davantage. Si cette hausse entraîne des tensions inflationnistes, peu importe : il vaut mieux un peu d’inflation que beaucoup de chômage. Les élèves de Keynes iront d’ailleurs plus loin en préconisant de sacrifier la monnaie sur l’autel de l’emploi

L’échec de l’Etat Providence

Keynes sera l’économiste le plus célèbre du XXème siècle. On lui attribuera la réussite du New Deal de Roosevelt, qui alors que le New Deal (antérieur à la Théorie Générale) a pourtant accru le chômage, enfoncé les Etats-Unis dans la dépression et développé la bureaucratie fédérale. Mais Keynes a séduit surtout les hommes politiques: l’Etat Providence est la providence des hommes d’Etat, qui apparaissent comme faiseurs de croissance et d’emplois. En réalité, les politiques keynésiennes conduisent à l’inflation sans que l’emploi progresse. La raison en est simple : c’est l’offre, c’est la création de richesses, et non la demande, qui régit le niveau d’activité économique d’une nation. Les dépenses gouvernementales, sources d’impôts et de confiscation de l’épargne, dissuadent progressivement les entrepreneurs d’investir et d’embaucher, et la multiplication des réglementations freine les adaptations.. Les dégâts sont considérables dans une économie ouverte. Mais Keynes ne s’en souciait guère : d’une part il raisonnait en « économie fermée » (comme s’il n’y avait aucun échange international) d’autre part il n’avait cure du long terme : « A long terme nous seront tous morts » ! En effet…

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