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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Pourquoi la croissance de l’Etat ?

Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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KARL MARX (1818-1883) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 11 Mars 2011 01:00

L’omniscience de Karl Marx

Le succès de Karl Marx tient sans doute au fait qu’il donne une réponse complète (fût-elle fallacieuse) à tous les mystères de la vie des hommes en société. Il parcourt – superficiellement - toute la connaissance scientifique de son époque.

Il a emprunté à Hegel le sens de l’histoire, animée d’un mouvement dialectique : une société appelle son contraire, et leur conflit donne une nouvelle société qui, à son tour, engendrera un nouveau progrès. Thèse, antithèse, synthèse. L’histoire avance dans la lutte. Il a emprunté aux évolutionnistes l’idée d’une continuité de la matière à la vie, la vie n’étant que transformation de la matière, l’homme lui-même matière transformant à son tour la matière à travers la production : matérialisme et productivisme. Il tient d’Auguste Comte et de Saint Simon l’idée d’une organisation de la société en fonction de la classe dominante. Quand l’homme arrive au stade suprême de la transformation de la matière grâce à l’introduction du capital, tournant ultime et décisif de l’histoire sociale, tout est organisé à partir du mode de production capitaliste, c’est l’infrastructure de la société ; le droit, la famille, l’Etat, ne sont que superstructures, destinées à servir les intérêts de la classe dominante. Enfin, Marx se veut économiste, et il dédie son ouvrage majeur « Le Capital » « A mon grand’père Ricardo » : la valeur travail est à la base de sa théorie économique. Philosophe, historien, biologiste, politologue, économiste : Marx a de quoi séduire.

La plus value et l’exploitation des travailleurs

La valeur d’un produit est celle du travail que les prolétaires ont fourni. Le capital lui-même n’est que du travail accumulé, du « travail mort » (J. Attali). Mais l’importance du capital dans le processus productif a poussé une classe d’individus à se l’approprier. La propriété privée va donner aux capitalistes un pouvoir de domination sur ceux qui n’ont que leur force de travail. Les capitalistes se contenteront de verser des salaires juste suffisants pour assurer la survie et la reproduction des prolétaires. Ce minimum vital est très inférieur à la valeur du travail incorporé dans le produit. La différence représente une plus-value au bénéfice des possédants, elle naît de l’exploitation des travailleurs. Le taux de profit est le rapport entre la plus value réalisée et le capital engagé. Il ne cesse de décroître (baisse tendancielle des profits, là encore héritée de Ricardo) pour ceux qui ont moins de capital que les autres. L’intensité capitalistique (rapport du capital à la production) doit donc augmenter sans cesse, ce qui conduit à la concentration du capital. Mais, ce faisant, les capitalistes se condamnent à long terme.

Les contradictions internes du capitalisme

Une production toujours plus concentrée et plus capitalistique s’accroît sans limite, d’autant plus que les coûts diminuent avec les quantités produites. Mais où est le pouvoir d’achat pour absorber toute cette production ? Il a été largement confisqué par les capitalistes sous forme de plus-value. Donc la loi de Say ne peut fonctionner et, conformément à ce que disait Malthus, le système va s’effondrer dans une gigantesque crise de sur production, qui est en fait une crise de sous-consommation ouvrière.

Autre contradiction du système : seul le grand capital survit, les classes paysannes, les petits entrepreneurs et artisans, sont amenées à se prolétariser. Il n’y a plus de classe moyenne entre capitalistes et prolétaires. La prolétarisation condamne les masses à être de plus en plus pauvres, tandis que les riches sont de plus en plus riches. Prolétarisation et paupérisation vont de pair.

On peut accélérer le cours de l’histoire

Si le capitalisme se survit, c’est parce qu’un tissu institutionnel a été créé par les possédants. Ils ont inventé le droit, la religion (l’opium du peuple), la famille, pour encadrer le peuple, pour l’aliéner, et l’Etat est un instrument d’oppression des prolétaires. Pourtant le sens de l’histoire est fatal, et la chute du capitalisme inscrite dans le déséquilibre croissant entre production et pouvoir d’achat. Inexorablement le capitalisme disparaîtra pour laisser place à la société sans classe où le droit de propriété du capital aura disparu. Mais on peut accélérer le sens de l’histoire par la révolution, dont le ferment est fourni par la paupérisation. Le prolétariat doit s’emparer du pouvoir, et instaurer sa dictature pour détruire toutes les superstructures mises en place par la société capitaliste. Après la disparition de l’Etat, du droit, de la famille, la société sans classe pourra se réaliser et l’abondance succèdera à la rareté artificiellement créée par la bourgeoisie.

Mise à jour le Dimanche, 06 Novembre 2016 23:15
 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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