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Au début du 20ème siècle, Adolph Wagner avait formulé une « loi économique » : les dépenses publiques occupent une proportion croissante du produit national. Une nation plus civilisée appelle un Etat plus dispendieux.

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« LA FRANCE AU RISQUE DE L’EUGENISME » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Jeudi, 22 Février 2007 01:00

C’est une sévère mise en garde qui est faite par Didier SICARD, président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), ancien chef de service de médecine interne à l’hôpital Cochin, pourtant connu pour sa pondération. Il a publié un long entretien, sous ce titre choc, dans Le Monde, au moment des rencontres parlementaires faisant le point sur la révision de la loi de bioéthique. Il s’attaque à un sujet sensible, celui du dépistage prénatal.

« La thérapeutique n’a pas ici grand-chose à voir avec le dépistage. La vérité centrale est que l’essentiel de l’activité de dépistage prénatal vise à la suppression et non pas au traitement. Ainsi, ce dépistage renvoie à une perspective terrifiante : celle de l’éradication. Et ceci est peut-être plus vrai en France que dans d’autres pays. Certains peuvent aller jusqu’à proposer ouvertement « d’éradiquer l’hémophilie », « d’arrêter la propagation des maladies génétiques ». Nous sommes ici dans un imaginaire où le chromosome et le gène prennent la place des agents pathogènes infectieux, que l’on demande à la médecine de ne plus voir ».(…) Je le répète, dans la très grande majorité des cas, le dépistage prénatal n’est pas destiné à traiter, mais bien à supprimer. ».

« Il me parait hautement préoccupant que l’on passe d’un dépistage généralisé à une forme d’éradication sociale. Le cas des trisomies 21 et 18 en est un exemple paradigmatique. Tout s’est passé comme si à un moment donné la science avait cédé à la société le droit d’établir que la venue au monde de certains enfants était devenue collectivement non souhaitée, non souhaitable. Et les parents qui désireraient la naissance de ces enfants doivent, outre la souffrance associée à ce handicap, s’exposer au regard de la communauté et à une forme de cruauté sociale née du fait qu’ils n’ont pas accepté la proposition faite par la science et entérinée par la loi. ».

« En France, la généralisation du dépistage est, certes, fondée sur la notion de proposition, mais dans la pratique il est, de fait, devenu quasi obligatoire. Le dépistage de la trisomie concerne désormais en France, gratuitement, la quasi-totalité des grossesses. Osons le dire : la France construit pas à pas une politique de santé qui flirte de plus en plus avec l’eugénisme. ».

« Ces dépistages sont idéologiquement perçus comme un progrès des acquis scientifiques, des Lumières, de la Raison. Le deuxième point est la très grande accessibilité à ces techniques de dépistage. Le troisième, c’est l’effrayant déficit dans l’accueil des personnes handicapées. Je suis persuadé que si la France avait été confrontée, à l’occasion d’un régime nazi, à des pratiques eugénistes similaires, elle répugnerait aujourd’hui à s’engager sur une pente particulièrement dangereuse. Au XXI° siècle, que la naissance d’enfants hémophiles soit, du fait des progrès de la science, considérée comme éventuellement inacceptable est bouleversant. C’est à la fois fou et irresponsable. ».

« Je suis profondément inquiet devant le caractère systématique des dépistages, devant un système de pensée unique, devant le fait que tout ceci soit désormais considéré comme un acquis. Comment défendre un droit à l’inexistence ? J’ajoute qu’un dépistage réduit la personne à une caractéristique. Aujourd’hui, MOZART, parce qu’il souffrait probablement de la maladie de Gilles DE LA TOURETTE, EINSTEIN et son cerveau hypertrophié à gauche, PETRUCCIANI par sa maladie osseuse seraient considérés comme des déviants indignes de vivre. ».

« On ne peut pas ne pas s’inquiéter du refus contemporain grandissant de l’anomalie identifiable par un dépistage. Nous donnons sans arrêt, avec une extraordinaire naïveté, une caution scientifique à ce qui au fond nous dérange. Et nous ne sommes pas très loin des impasses dans lesquelles on a commencé à s’engager à la fin du XIX° siècle pour faire dire à la science qui pouvait vivre et qui ne devait pas vivre. Or l’histoire a amplement montré où pouvaient conduire les entreprises d’exclusion des groupes humains de la cité sur des critères culturels, biologiques, ethniques. ».

Un texte fort, qui mérite d’être lu et médité. Il soulève de vrais problèmes. Et il en dit long sur les responsabilités, y compris politiques, dans ce domaine.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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