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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

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La transition réussie PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Juin 2012 01:00

Je suis désolé de vous avoir infligé une parenthèse technique un peu rébarbative, mais elle était nécessaire pour vous indiquer quelques principes généraux qui concernent la gestion de la transition et vous donner une idée de ce que de nombreux experts ont pu mettre au point pour démontrer le réalisme des comptes d’épargne retraite.

D’ailleurs, la gestion de la transition n’est pas restée prisonnière dans l’arsenal des calculs actuariels et les manuels de mathématiques financières, elle a été mise concrètement en place, et réussie, dans un grand nombre de pays. 

A ma connaissance, il y a un pays modèle, qui en 14 ans a effacé le système par répartition pour miser totalement sur les comptes d’épargne retraite, c’est le Chili. Encore le plus gros de la transition s’est-il réalisé sur les cinq premières années. Mais le Chili bénéficiait de conditions favorables : un niveau de retraite comparativement faible, la vente massive de tous les biens nationalisés (dont les mines) qui a épongé une grande partie de la dette sociale, et une population désireuse de progresser après des années de stagnation et de désordres sociaux. 95 % des salariés ont adhéré aux comptes d’épargne retraite. La croissance de l’économie chilienne a été supérieure à 10 % pendant plusieurs années  successives, de sorte que l’amortissement de la dette sociale, prévue sur 20 ans, a été achevée en 14 ans. Quand un gouvernement de gauche (Madame Bachelet) a pris le pouvoir, la réforme des retraites n’a pas été remise en cause.

Un autre modèle, dans un style différent, a été celui du Royaume Uni. Madame Thatcher a progressivement mais lourdement diminué le montant des pensions publiques, et les cotisations obligatoires ont été parallèlement réduites. Les salariés anglais ont été invités à « renoncer » au système public, de moins en moins intéressant, pour souscrire à des comptes d’épargne retraite gérés par des fonds de pension privés. Les comptes d’épargne par action ont été exonérés d’impôts (jusqu’à ce que Gordon Brown les supprime). Au total plus d’un salarié sur deux a « renoncé » et a souscrit un contrat d’assurance privée. 

On peut allonger la liste des pays qui sont allés depuis dix ans, voire vingt ans, dans la même direction : diminuer jusqu’à la supprimer la part de la répartition obligatoire et publique, pour mettre en place un « deuxième pilier », obligatoire ou libre suivant les pays, en vue de retraits complémentaires, pour couronner le toit par un troisième pilier : les comptes d’épargne retraite en capitalisation, volontaires et privés, mais se gonflant sans cesse grâce à des exemptions fiscales ou à des réductions de cotisations obligatoires des deux piliers précédents.

Dans cette liste figurent plus de cinquante pays, dont les plus « réformistes », allant parfois jusqu’à la disparition de la répartition obligatoire, ont été l’Australie, la Nouvelle Zélande,  la Suède, la Finlande, les Pays Bas, le Luxembourg, la Suisse, la Slovénie,le Canada, les pays Baltes. En Allemagne, en Italie et en Pologne, on a réalise des réforme d’un autre type : des systèmes « notionnels », dans lesquels l’assureur s’engage à ne pas modifier les cotisations, mais ne garantit rien sur le montant des retraites : ce sera en fonction des points acquis par le cotisant (mais il y a des éléments de capitalisation dans la gestion des fonds). 

Et la France ? La France n’ignore pas la capitalisation. On cite souvent la « Préfon », retraite complémentaire des fonctionnaires. Il y a aussi quelques éléments de capitalisation dans les complémentaires AGIRC et ARRCO. D’autre part, l’épargne investie dans des comptes liés aux entreprises ou aux actions jouit d’un traitement fiscal avantageux, tout comme les contrats d’assurance-vie (avant que le gouvernement se mette en peine de supprimer cette « niche fiscale » l’an dernier. Mais pour l’essentiel plus des trois quarts des retraites des Français dépendent encore du système obligatoire et public par répartition.

Visiblement cette préférence pour la répartition n’est pas remise en cause. Les gouvernements successifs, de Michel Rocard à François Fillon, ont recouru à des réformes de détail et paramétriques ne mettant pas en cause la Sécurité Sociale mais amenant dans la rue des centaines de milliers de manifestants. Peur des réactions syndicales ? Il faut en effet un certain courage pour s’opposer à la tyrannie syndicale ; je crois que je l’aurai.

Il faut en effet se libérer des a priori idéologiques et expliquer aux Français ce qu’ils ont à gagner avec les comptes d’épargne retraite, et je crois qu’il est possible de faire cette pédagogie de la réforme, et de gagner l’opinion publique. Celle-ci, à plus de 80 %, a répondu à un sondage effectué l’an dernier pour affirmer son désir de changement en faveur des comptes d’épargne retraite.

La vraie réforme des retraites doit aller en parallèle avec celle du salaire complet. Tout le monde comprend maintenant que l’écart de compétitivité avec nos voisins, notamment allemands, se creuse, et qu’une des causes majeures est le poids des charges sociales, trop coûteuses de dix points au moins. Pourquoi la question des retraites (et de façon plus large de la sécurité Sociale) n’a-t-elle pas été abordée dans le débat sur la TVA sociale, par aucun des partenaires sociaux, par aucun des partis, par aucun  des autres candidats (je suis bien le seul) ?  Tout le monde a choisi la fuite en avant, l’endettement et la cavalerie, comme en matière de déficits et de dettes.

Je crois qu’ici comme ailleurs il faut faire preuve de lucidité, de transparence, de persuasion et de courage : des qualités rares par les temps qui courent, mais que j’ai l’impudence de revendiquer. 

Mise à jour le Jeudi, 11 Octobre 2012 14:21
 

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