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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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Changer le système : qui gagne ? qui perd ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Juin 2012 01:00

Je voudrais maintenant m’adresser à ceux d’entre vous qui n’ont pas de prévention à l’égard de la capitalisation, dont ils comprennent les perspectives formidables et la signification profonde, mais qui cependant soulèvent une objection compréhensible : peut-on du jour au lendemain passer du tout-répartition au tout-capitalisation ? Des millions de Français ont acquis des droits en cotisant depuis de nombreuses années. Si on autorise les actifs actuels à quitter le système obligatoire, qui va payer les retraites d’aujourd’hui et des prochaines années, puisqu’il y aura moins de cotisants, préférant égoïstement sauver leur peau sans s’occuper des autres ? Et ceux qui quittent le système perdent-ils définitivement les droits qu’ils avaient acquis ?

Il y a donc un problème de transition d’un système à l’autre, et il peut paraître insoluble.

Je vous affirme qu’il ne l’est pas.

Pour avoir la clé, il faut tout d’abord tenir compte de l’âge.

Si vous êtes proches de la retraite, quitter le système de répartition est sans intérêt : en peu de temps vous ne pourriez constituer une pelote suffisante sur votre compte épargne retraite : vous seriez donc les grands perdants.

En revanche si vous rentrez à peine dans la vie active, vous allez pouvoir  vous préparer de belles retraites : vous serez les grands gagnants n changeant de système.

Si vous êtes entre les deux, vous ferez un calcul et vous choisirez librement. 

Etant ainsi établi qu’il y a des gagnants et des perdants, il est normal d’imaginer une équitable répartition des gains et des pertes. Vous voyez que la « répartition » n’est pas tout à fait exclue, elle est parfois nécessaire à titre subsidiaire.

Equitable répartition, cela veut dire que les personnes aujourd’hui retraitées ou proches de la retraite ne peuvent toucher moins que ce que le système actuel de la Sécu est en mesure de leur garantir.

Equitable répartition, cela veut dire que ceux qui quittent le système doivent acheter leur droit de sortie en versant ce qui est nécessaire pour amortir les dettes du système actuel, mais qu’ils récupèrent au moins une partie des droits qu’ils avaient acquis. 

Partant de ce principe, les cotisations jusque là retenues sur les salaires peuvent donc être scindées en deux parts :

L’une, obligatoire, donne à la Sécurité Sociale la possibilité d’honorer  tous ses engagements, jusqu’à ce que tous les droits acquis aient été exercés par leurs titulaires. Elle fait l’objet d’une retenue à la source, comme actuellement. J’appelle cette part « rançon de transition ».

L’autre part est restituée au salarié, et c’est cette part qu’il a la possibilité de placer en compte d’épargne retraite. Je dis bien la possibilité, et non l’obligation, car le salarié est libre de verser cette somme à son compte épargne retraite, ou de la dépenser, remettant à plus tard le placement en vue de sa retraite. J’appelle cette part « restitution de salaire ».

La proportion entre les deux parts est appelée à varier avec l’âge.

1° Les plus jeunes, qui ont le temps de capitaliser, doivent payer une rançon élevée, mais dont le montant ne cessera de diminuer avec l’âge.

2° les plus âgés auront une rançon faible, et la restitution de salaire sera de plus en plus élevée au fur et à mesure qu’ils approcheront de leur retraite.

La répartition entre les deux parts est un choix politique. Elle peut être très lourde pour les jeunes et éponger plus vite les dettes héritées de la répartition.

On peut même imaginer que ces cotisations obligatoires (rançons) soient même supérieures à ce qu’elles sont aujourd’hui : c’est une perte pour les plus jeunes générations, mais c’est le prix qu’elles ont à payer pour avoir plus vite le droit de bénéficier d’un compte d’épargne retraite qui leur rapportera bien plus qu’aucun système par répartition ne peut leur garantir.

On peut estimer à moins de 20 ans cette période de hautes rançons de transition. 

Au contraire, on peut pratiquer une transition plus en douceur, quitte à la gérer sur deux générations. Par exemple en libérant seulement 1,5 % de toutes les cotisations aujourd’hui obligatoires, il a été calculé qu’il faudrait environ 70 ans pour en finir avec la répartition. 

De toutes façons, il y a un élément de calcul que peu d’experts ont pris en considération jusqu’à présent. C’est l’effet d’accélérateur de la croissance économique. L’injection d’une épargne nouvelle, grâce aux placements effectués à travers les comptes d’épargne, accélère la croissance, et par conséquent la rentabilité des comptes.

A cet effet « mécanique »  peut s’ajouter un effet psychologique : les gens ayant retrouvé confiance dans leur avenir, et heureux de faire fructifier leurs gains au lieu de les engloutir dans le tonneau des Danaïdes, ont davantage de cœur à l’ouvrage. 

Malgré ces perspectives très prometteuses, il est possible que la transition laisse sur le carreau des personnes qui auront eu des accidents dans leur carrière ou qui auront gaspillé la chance qui leur était offerte avec les comptes d’épargne. Pour ceux-là un filet social minimum peut être prévu sous forme d’une allocation vieillesse assurant un minimum vital (et très au-dessous des retraites actuelles). Son financement serait budgétaire, car ici on n’est plus dans la logique de l’assurance mais dans celle de l’assistance. 

Mise à jour le Jeudi, 11 Octobre 2012 14:24
 

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