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L’échec du logement social PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Juin 2012 01:00

Le logement social est un double échec : économique et social.

L’échec économique vient de son incapacité à répondre à la demande. Ce n’est pas que l’on ne construit pas de HLM. C’est qu’on ne les construit pas là où il en est besoin.

Il y a actuellement 600.000 Habitations à Loyers Modérés vacantes. La Cour des Comptes a relevé à plusieurs reprises cette anomalie. Certaines communes, incitées par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) dépassent le quota de 20 % de logements sociaux sur la commune, considéré comme un minimum par le législateur. Ailleurs c’est la pénurie. C’est aussi que la durée d’occupation des HLM s’est singulièrement allongée : en moyenne 12 ans, alors qu’en principe ce type de logement ne devrait être qu’une courte étape vers l’accession à la propriété ou la location d’un logement de meilleure qualité.

L’échec économique, c’est encore lc coût très élevé de la construction. Ce n’est pas pour surprendre : ce n’est pas le constructeur qui paie, mais le contribuable. Ce sont les subventions ou le crédit gratuit qui permettent de financer les HLM. Pour les subventions, je sais qu’il y a des cas où une construction de 180.000 euros est couverte par 165.000 euros de subventions.  Quant au crédit il est largement ouvert avec les PLA, les PLAI, les différents plans qui sont accordés avec le concours de la Caisse des Dépôts et Consignations et ses filiales. Au  total, l’aide au logement social représente chaque année 60 milliards d’euros, soit 1,6 % du PIB, à la charge de l’Etat, des collectivités locales, c'est-à-dire des contribuables. Mais, à mon sens, l’échec le plus flagrant est social. A l’origine, les HLM étaient conçues pour des familles aux revenus modestes, incapables de payer les loyers pratiqués sur le marché de la location. Aujourd’hui, on estime à plus de 40 % les ménages occupant des HLM alors qu’ils ont des revenus supérieurs au plafond de ressources ouvrant droit à l’attribution d’un logement. Ils pourraient facilement régler un loyer courant sur le marché, mais ils profitent de l’aubaine. Aujourd’hui il y a davantage de ménages à faibles ressources dans le parc privé que dans le parc public : heureusement qu’il y a des propriétaires immobiliers pour loger tout le monde !

Mais pourquoi cette curieuse inversion ? Pourquoi des HLM pour les riches et des loyers élevés pour les pauvres ?

L’explication est dans le comportement des autorités publiques, et en particulier des édiles locaux. Echec économique, échec social, le logement social est un succès politique. Les élus veulent s’attacher durablement une clientèle électorale qui confortera leur pouvoir. Les files d’attente sont raccourcies pour ceux qui ont « des relations » bien placées.

Le logement social est un succès politique pour une autre raison : il est un  instrument de collectivisation de la société. Ce n’est pas par hasard que la loi SRU a été conçue et réalisée en 2000 par le ministre communiste Gayssot. Je me demande simplement pourquoi la « droite » l’a endossée. Il est dans les intentions de mon collègue Hollande de renforcer les pénalités pour sanctionner les municipalités qui ne respecteraient pas la loi SRU. La faculté qui leur était laissée de se libérer des obligations légales en payant une contribution exceptionnelle est ainsi appelée à disparaître.

Le logement social, c’est le logement planifié, c’est le ghetto organisé pour les uns, et la bonne aubaine pour les autres. Non, ce n’est pas la réponse à la crise du logement.

Mise à jour le Lundi, 17 Septembre 2012 11:09
 

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