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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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DAVID HUME (1711 - 1767) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 09 Décembre 2011 01:00

Les Lumières Ecossaises

Comment expliquer les phénomènes sociaux et l’état d’harmonie et de justice qui peut exister dans une société ? La réponse a été recherchée dans la raison humaine, elle-même sous-produit d’un ordre immanent, d’un plan de Dieu, ou dans la nature de l’homme et des droits fondamentaux qui lui sont attachés.

Sans doute plus proche de Locke et des théoriciens du droit naturel, Hume choisit pourtant une autre voie : celle de l’expérience sociale, celle de la recherche par les hommes de règles de nature à apaiser leurs relations. On désigne souvent par « Lumières Ecossaises » cette rupture avec le dogmatisme des rationalistes et des jusnaturalistes : rien n’est a priori connu ni planifié, l’ordre social se construit de façon spontanée et imparfaite, à travers un processus d’essais et d’erreurs. Hume, écossais tout comme Ferguson, Hutchinson et Adam Smith, apporte une lumière nouvelle sur la philosophie sociale. Il s’inscrit dans le prolongement de l’école de Salamanque du XVIème siècle et annonce les libéraux actuels, et notamment Hayek.

La convention : un accord implicite et évolutif

« Les phénomènes sociaux sont les résultats inattendus des actions volontaires des individus ». Cette phrase de Ludwig von Mises traduit parfaitement la démarche de Hume : à partir des choix individuels s’organise peu à peu une société viable. Hume explique le processus. Il faut partir de l’individu : il est démuni et dépend des autres pour satisfaire ses besoins. Cette dépendance trouve déjà une première réponse : la famille, qui crée la solidarité et protège grâce à la division des activités. Mais la famille n’est que l’embryon de la société. Pour élargir la protection et la division va naître la convention. La convention n’est pas un contrat, ses termes ne sont ni écrits ni précis, c’est une simple manière de vivre ensemble, qui « convient » à ceux qui la pratiquent. Cependant, il y a une condition préalable à la convention : que chacun s’abstienne de la possession d’autrui. Sans doute certaines passions peuvent-elles pousser les hommes à utiliser des « expédients », à recourir à la spoliation, mais cette recherche d’un résultat immédiat et injuste détruit à terme la société, car plus aucune convention ne sera possible désormais. La convention ne détruit pas les passions, mais elle les force à s’orienter vers un comportement juste.

La justice procédurale et l’état de droit

La justice chez Hume ne se mesure pas aux résultats obtenus. La convention peut déboucher sur des situations individuelles plus ou moins heureuses, et les passions renaissent parfois au vu des conséquences. La convention ne se mesure pas à son utilité immédiate (c’est une erreur de soutenir que Hume annoncerait Bentham) ; elle est utile parce qu’elle est conforme à un principe : celui du respect de la règle qui l’a rendue possible. Cette règle, c’est la propriété, et la stabilité de la possession. Dès lors qu’une convention est conforme à la règle, elle est juste.

L’ordre spontané qui s’établit dans la société à travers les conventions ne doit pas être perturbé par les atteintes à la propriété individuelle, et la possession ne peut être perturbée par des expédients, elle doit être stable. Mais le respect de la possession d’autrui n’exclut pas le transfert de celle-ci, pourvu qu’il soit volontaire. Propriété, stabilité de la possession et respect des obligations définissent ainsi l’état de droit, garant de la justice.

Droit et législation

La justice règne spontanément dans une société fondée sur la convention. A la limite il n’y aurait pas besoin d’Etat, ni de contrainte publique pour instaurer l’état de droit nécessaire aux conventions. Cet « état de nature » serait simplement précaire. Hume admet donc l’existence d’une législation, mais elle n’est en rien à l’origine du droit, elle n’est là que pour expliciter le droit, pour veiller à « une plus stricte application de la justice ». Le droit est antérieur à la législation, qui est une sorte de bien public, donné par l’Etat en partage à tous les membres de la société. Nul doute que les Lumières Ecossaises inspireront Bastiat quand il dénoncera le terrorisme législatif de Rousseau. Hume annonce la philosophie des libéraux autrichiens contemporains. Hayek titre son ouvrage majeur « Droit, Législation et Liberté ».

 

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