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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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L’omniscience de Karl Marx

Le succès de Karl Marx tient sans doute au fait qu’il donne une réponse complète (fût-elle fallacieuse) à tous les mystères de la vie des hommes en société. Il parcourt – superficiellement - toute la connaissance scientifique de son époque.

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FREDERIC NIETZSCHE (1844 - 1900) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 24 Février 2012 01:00

Abattre la culture européenne

« Les valeurs de l’Occident chrétien » : cette expression, à laquelle nous nous référons volontiers, et qui représente pour nous le cœur de la civilisation, est précisément celle que Nietzsche rejette. Il veut abattre toute la culture héritée de la philosophie grecque et du christianisme.

La philosophie s’obstine à explorer la métaphysique, comme s’il existait quelque chose au dessus de l’homme ; la religion et en particulier le christianisme n’ont d’autre but que de culpabiliser et soumettre l’espèce humaine. La démocratie renforce cette obsession de l’égalité, qui veut que tout homme en vaille un autre. L’art et la science ont été figés, et les universités sont les sanctuaires d’une pensée unique. Le modernisme a détruit l’homme. Il faut détruire le modernisme.

Les forts, les faibles et le nihilisme

La réalité humaine est toute autre, explique Nietzsche. Elle est dominée par la psychologie, par l’état d’âme qui porte l’homme à aller au-delà de lui-même ou au contraire à accepter une condition inférieure. Il y a les forts, il y a les faibles. Cette opposition se traduit dans la morale, qui veut distinguer le bien et le mal. Le fort ne reconnaît pas le bien et le mal, il avance dans son progrès sans aucune contrainte parce qu’il est maître de son progrès. Le faible est culpabilisé, paralysé par la morale. Apparemment, faibles et forts ont quelque chose en commun : ils cultivent le nihilisme, le refus et la révolte contre tout. Mais le nihilisme des faibles n’est que ressentiment à l’égard des forts ; ils veulent détruire la vie et la société dans lesquelles ils mesurent leur faiblesse, dont ils pressentent qu’ils n’arriveront jamais à s’en défaire. Au contraire le nihilisme des forts est libérateur : il leur permet de ne pas s’encombrer d’un but préétabli par d’autres, et d’avancer sans s’interroger sur la raison de son avancée ; on ne peut être fort et se demander sans cesse pourquoi. Le nihilisme des faibles est auto-destructeur et mène au pessimisme et à la décadence, le nihilisme des forts est auto-producteur et mène au surhomme.

Le surhomme exprime sa volonté de puissance

Voilà bien deux mots et deux concepts qui signent la pensée nietzschéenne. Mais, comme dans toute l’œuvre de Nietzsche, ils relèvent davantage de la poésie que de l’analyse. La volonté de puissance est une dynamique interne à tout être humain, elle est volonté d’être plus. « L'essence la plus intime de l'être est la volonté de puissance ». Elle se forge dans l’adversité, dans la victoire remportée sur toute contrainte. Mais d’où vient-elle ? Elle est imprimée dans l’être humain par la vie elle-même. La vie fait son « éternel retour ». Il ne s’agit pas d’une vocation, de l’appel de quelque chose qui dominerait l’homme et donnerait un sens à sa vie (ontologie). Elle est la vie. Elle est liberté totale de l’homme, mais aussi tension vers la liberté, vers la position de « surhomme ». Ce surhomme, on le comprend, est malheureusement entravé par les structures de la société moderne. Voilà d’ailleurs une raison supplémentaire de condamner la démocratie : elle nivelle les individus, alors qu’une société ne peut survivre que si une élite exerce son pouvoir sur la masse des faibles.

Le maître à penser du XXème siècle

Le XXème siècle sera marqué par les guerres mondiales et les dictatures. Nietzsche lui a offert une pensée bien adaptée. Dans les faits, Nietzsche s’est conjugué avec Marx, notamment dans la doctrine nazie, socialiste comme Marx le prônait (la lutte des classes et la destruction du capitalisme) mais élitiste et sans borne comme Nietzsche le souhaitait. Hitler, Lénine et Staline ont pu se rencontrer. Nietzsche c’est l’apologie de la force, mais pire encore de la force aveugle.

Parallèlement, Nietzsche a imprégné la pensée philosophique à travers différents courants. Heidegger sans doute, mais aussi Derrida, Foucault, Sartre. L’essentialisme, l’existentialisme et le postmodernisme lui doivent beaucoup. On peut craindre que ce début de XXIème siècle remette Nietzsche à la mode. Certains n’y voient-ils pas la réponse au fanatisme religieux ?

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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