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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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JACQUES MARITAIN (1882 - 1973) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 30 Mars 2012 01:00

Le philosophe Thomiste

Jacques Maritain est considéré comme le philosophe du XXème siècle le plus inspiré par Saint Thomas d’Aquin.

Même si la tradition thomiste n’avait jamais été abandonnée dans la pensée catholique, la scolastique avait été la grande oubliée de la reconstruction de la science philosophique au début du siècle. Se référer à Aristote et Saint Thomas, c’était s’éloigner des deux tendances « modernes » majeures : le scientisme matérialiste négateur de l’être humain et la phénoménologie centrée sur l’évolution de l’être humain.

Or, Aristote inspirateur de Saint Thomas (influencé aussi par Avicène) a eu pour dessein de situer l’être humain dans un ordre naturel, lui-même ordonné. C’est la place de l’homme dans l’ordre général qui doit retenir l’attention du philosophe. Le thomisme introduit cependant un progrès décisif dans cette approche aristotélicienne : l’ordre naturel n’est ni immuable ni immanent : il est dynamique, résultat permanent de la recherche par les hommes de la perfection, recherche éclairée par la révélation et la grâce de Dieu. L’être humain ne saurait donc trouver son plein épanouissement que dans sa quête de Dieu.

Droit naturel et droits naturels

La démarche personnelle de l’être humain s’inscrit dans un cadre institutionnel, fait essentiellement de règles de vie en commun qui se ramènent à autant de droits naturels. Ici Maritain rejoint la pensée libérale – à laquelle il se ralliera volontiers dans ses dernières œuvres : les hommes jouissent de droits inviolables, qui lui permettent de vivre dans la dignité, en respect de sa nature. Mais la liste et le contenu de ces droits ne sont pas seulement ceux du Décalogue, ils s’inscrivent aussi dans les institutions, dans le droit positif, de sorte que les droits naturels existants sont en fait le résultat d’une dialectique incessante, d’un échange concret, entre le droit divin et le droit positif (les règles « posées » par les hommes). Pour Maritain, aucun doute : c’est la convergence vers le droit naturel qui explique l’évolution des institutions.

La politique, anti-chambre du totalitarisme

Jacques Maritain a été quelque temps séduit par les idées de Charles Maurras et de l’Action Française, qui dans les années 1920 enflammaient les jeunes catholiques conservateurs, défenseurs de l’ordre moral contre les assauts du laïcisme républicain, et partisans d’un régime de monarchie absolue. Ils voulaient mettre la politique au service de la religion, elle-même au service de la nation. « Politique d’abord » : disait Maurras. Maritain voit venir le danger de l’absolutisme : « Les deux concepts de Souveraineté et d’Absolutisme ont été forgés sur la même enclume. Ils doivent être ensemble mis au rebut ».

Dès lors il mènera le plus lucide et le plus courageux des combats contre l’Etat et le totalitarisme, sous toutes ses formes. Il lutte contre l’anti-sémitisme, non pas seulement parce qu’il partage un amour sans faille avec sa femme Raissa Oumançoff, juive ukrainienne qui a été convertie et baptisée le même jour que lui, mais aussi parce que le totalitarisme réduit l’homme au rang d’esclave. Comme Hayek, il a montré la parfaite identité entre le nazisme et le communisme. Vivant aux Etats-Unis, Maritain va plaider en Amérique Latine la cause de la démocratie et il aura une influence considérable.

Agir en chrétien

Pour éradiquer le totalitarisme, l’appel à la politique ne convient pas, puisque le totalitarisme naît de l’inévitable dérive du pouvoir, y compris quand le pouvoir se veut défenseur des valeurs spirituelles. La vraie réponse au totalitarisme c’est le comportement chrétien, qui est avant tout un comportement d’amour. Dans une lettre à Cocteau, Maritain écrit : « Il y a si peu d'amour dans le monde, les cœurs sont si froids, si gelés, même chez ceux qui ont raison, les seuls qui pourraient aider les autres. Il faut avoir l'esprit dur et le cœur doux. Sans compter les esprits mous au cœur sec, le monde n'est presque fait que d'esprits durs au cœur sec et de cœurs doux à l'esprit mou ». Il opère ainsi une distinction entre « l’action en tant que chrétien », simple respect des préceptes religieux, et « l’action en chrétien » ; qui implique un engagement personnel dans l’amour et le service des autres. Maritain propose ainsi une convergence entre les idées de la liberté et le message évangélique : une route semée d’étoiles…

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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