La « ligne sociale libérale » de François Hollande Imprimer
Écrit par La rédaction   
Lundi, 20 Janvier 2014 00:00

Le « pacte de responsabilité » : un revirement dans la politique présidentielle ?

La grande presse n’a pas fait dans le discret : elle a salué la nouvelle « ligne sociale libérale » (Le Figaro), le « virage libéral » de Hollande (Le Figaro toujours), la « politique de l’offre » du Président qui « tend la main aux entreprises » (Le Monde). Pourquoi ce tintamarre ? Parce que les vœux du Président ont débuté par l’annonce d’un « pacte de responsabilité » qui devrait désormais lier l’Etat et les entreprises : « Moins de charge sur le travail, moins de contrainte sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social » a déclaré François Hollande. 

S’agit-il d’un revirement ? Comme dans beaucoup de pays étrangers, la gauche prendrait-elle le chemin des réformes libérales que la droite n’a pas su faire ? Les socialistes vont-ils vendre leurs âmes aux patrons ? Il est sans doute prématuré de se poser ces questions. Certes, depuis l’été dernier les ministres eux-mêmes parlent de ras-le-bol fiscal et la relance par les déficits budgétaires n’est plus la potion magique. Le discours présidentiel s’inscrit donc dans une série d’annonces de réformes déjà avancées ; les assises de la fiscalité, la réunion du « Haut Conseil du financement de la protection sociale », le groupe de travail sur la simplification administrative sont sur l’agenda de ce mois de janvier. Mais le train de réformes n’a pas quitté le quai. « Les paroles doivent se transformer en actes » dit le Medef.

Il faudrait d’abord savoir comment financer le fameux pacte : comment compenser les 35 milliards d’euros de baisse des cotisations familiales ? « Par de nouvelles économies sur les dépenses publiques ». C’est mieux que par des impôts nouveaux sans doute, mais quelles économies ?

La position libérale sur ces points est très claire :

1° pas de diminution des charges sociales sans remise en cause du monopole de la Sécurité Sociale, des régimes de retraites et d’assurance maladie, ni sans abolition du Code du travail.

2° pas de baisse des dépenses publiques, pas « d’économies » sans réduction de l’Etat lui-même, sans un vaste programme de privatisations.

3° pas de réduction du libéralisme à sa seule dimension économique et aux seules conditions de fonctionnement des entreprises. Le libéralisme c’est aussi le libre choix dans l’éducation, le logement, la propriété et (enfin et non le moindre) la vie privée.

Attention au socialisme quand il prend le faux nez du libéralisme ! La ligne sociale libérale est celle que les gouvernements ont suivie depuis cinquante ans au moins !