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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Etat actionnaire : des privatisations en vue ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 23 Mai 2017 00:00

Fin janvier, la Cour des Comptes avait publié un rapport sévère sur « l’Etat actionnaire » (voir notre Nouvelle Lettre 1308 du 14 février). Elle sonnait l’alerte sur la situation des entreprises concernées par un Etat qui se veut « stratège ». Elles sont nombreuses : la France est un pays d’économie mixte. Mais si le Président veut adapter le pays à l’Europe et à la mondialisation, va-t-il choisir la privatisation ? Question d’actualité.

 

L’économie mixte : une exception française

Depuis les manufactures royales, l’Etat français n’a cessé de marquer son empreinte dans la vie économique. Actuellement, le dirigisme a un arsenal complet pour aider (c’est à dire contraindre) les entreprises : la réglementation, la fiscalité, les charges sociales, les subventions, les normes. Cependant, la mainmise directe sur la gestion des entreprises a toujours été une pièce maîtresse du dispositif. Il y a eu des pics dans cette intervention : les ordonnances de décembre 1945 (nationalisations des banques et assurances, création de la Sécurité Sociale, naissance du droit social), le programme commun de la gauche en mai 1981 (nationalisations industrielles, cogestion).

Mais aujourd’hui, la présence de l’Etat est remise en cause par la mondialisation, la plupart de nos partenaires européens ou mondiaux ont compris que la compétitivité ne pouvait exister avec un Etat omniprésent, encombrant et coûteux. Des vagues de privatisations et de retraits de l’Etat se sont donc succédé en Grande Bretagne, Allemagne, Espagne et Italie. Pour l’essentiel, la France en est restée à l’économie mixte, juxtaposition ingérable du marchand et de l’administratif.

Les résultats de l’Etat stratège

La forme la plus récente de l’économie mixte est élégamment appelée « Etat stratège ». La Cour a listé les 56 entreprises de statut privé et cotées en bourse auxquelles participe l’Etat, elle est impressionnante : pour n’en retenir que quelques fleurons Aéroports de Lyon et Paris, Airbus, Air France, Areva, Caisse Nationale de Prévoyance, Dexia, EDF, Engie, France Télévisons, Orange, PSA, Renault, Safran, Thales. Ainsi l’Etat est-il très présent voire acteur principal dans des secteurs en effet « stratégiques ». Trois organismes se partagent les interventions : l’Agence des Participations de l’Etat (APE), la Banque Publique d’Investissement (bpifrance) et la Caisse des Dépôts et Consignations. La Cour a remarqué qu’il n’y a aucune coordination pour l’instant et recommandé au minimum une claire division du travail. Mais la Cour a conclu avant tout à « une situation financière dégradée », due à des erreurs de gestion criantes : la gouvernance est défaillante.

Evidemment, d’autres entreprises prestigieuses sont sous la gouvernance totale de l’Etat, comme les EPIC (entreprises publique à caractère industriel ou commercial, comme la SNCF, la RATP, la Poste, l’ADEME, etc.) dont la Cour n’a cessé de dénoncer les abus.

Etat stratège ou privatisations ?

Aujourd’hui l’idée d’un Etat confiné à des missions « régaliennes » a fait son chemin dans les esprits sinon dans les faits. Un changement est-il possible ? La situation actuelle ne peut durer : l’Etat actionnaire aspire les bénéfices des entreprises quand ils existent (plus de la moitié des résultats sont distribués) et plus souvent encore comble les pertes et reconstitue le capital. La Cour s’en est inquiétée, car c’est une source durable de déficit du budget de l’Etat. En outre, plusieurs entreprises peuvent être rachetées à bas prix par des investisseurs étrangers (Aéroport de Toulouse, peut-être Alsthom). Enfin l’incurie et les privilèges qui règnent dans ces firmes dégradent le climat social, pénalisent les PME sous-traitantes ou fournisseurs.

Alors pourquoi l’Etat ne liquiderait-il pas le plus vite possible ses participations ? C’est que naguère Ministre de l’Economie, le Président s’était fait le champion de « l’Etat fort » qui devrait accroître son pouvoir de décision : les Inspecteurs des Finances ne sont-ils pas déjà dans la place pour faire le travail ? Le conflit d’Emmanuel Macron avec Carlos Ghosn est un précédent à méditer. Bien que 60 % des Français n’y fasse pas confiance, l’Etat stratège pourrait avoir de beaux jours devant lui. Ses actions sont en or.

 

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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