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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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CICERON (-160 -43) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 09 Septembre 2011 01:00

Scepticisme ou relativisme ?

Cicéron est peut-être inclassable : est-il seulement un philosophe ? Sa philosophie est de ne point en avoir, car il ne cache pas son scepticisme à l’égard des différents courants de pensée des Grecs, et seul Platon trouve quelque grâce à ses yeux.

Pour Cicéron la sagesse, commandée par la raison, est de se tenir à l’écart de tout engagement intellectuel, et il admet que plusieurs philosophies puissent permettre de découvrir le « souverain bien » : c’est affaire personnelle, les uns préférant la vertu, les autres le plaisir sans limite, les uns acceptant la douleur et la mort, les autres la refusant. Il ne s’agit pas de subjectivisme, mais bien plutôt de relativisme : à chacun sa vérité, nous suggère la raison. C’est en tout cas un sujet digne d’un débat, dit Cicéron, et l’essentiel est d’admettre le débat. C’est l’esprit « académique ». Apparemment, Cicéron nous laisse sans aucune certitude sur l’homme et sur la société.

L’état de droit

Sa profession de juriste, et son hostilité à la dictature de César, le conduisent pourtant à quelques certitudes sur les institutions de nature à permettre aux hommes d’accéder au souverain bien. Cicéron reprend d’Aristote la théorie du pouvoir, que l’on peut confier à un monarque, à une aristocratie ou au peuple (démocratie). Pour lui, point de doute : le bon régime est celui de la République Romaine. Nous l’assimilerions aujourd’hui à une oligarchie constitutionnelle, un pouvoir fort entre les mains d’une minorité (le Sénat) mais limité par la loi.

La loi, c’est celle qui découle du droit naturel. Cicéron fait en quelque sorte le pont entre Aristote et Saint Thomas : chez Aristote l’ordre naturel est immanent, immuable, statique, alors que chez Saint Thomas l’ordre naturel est le produit de la dialectique permanente entre droit divin et droit positif. Mais ce qui fait l’unité de ces trois approches est l’idée qu’il y a des lois qui s’imposent à tous, y compris à ceux qui détiennent le pouvoir : c’est ce que nous appelons souvent aujourd’hui l’état de droit ou le règne de la loi (rule of law).

Droit et religion

Cicéron ne va pas aussi loin que Thomas d’Aquin qui fait dériver le droit de la volonté divine (fût-ce au prix d’une recherche permanente de l’humanité). Mais il s’interroge longuement sur le monothéisme (il trouve ridicule le polythéisme des Grecs qui voient des dieux partout, qui se livrent à des excentricités permanentes) et sur l’immoralité de l’âme. Notre sceptique serait-il en train de devenir croyant ? Fidèle à sa philosophie, Cicéron ne va pas plus loin dans cette voie, semble-t-il. Mais il est persuadé que la société vit mieux quand les lois de la Cité sont d’inspiration religieuse, car la foi religieuse est le ciment des peuples. Il conclut finalement que le sentiment religieux est universel, et voici donc notre sceptique découvrant l’universalisme – ce qui en fera l’un des inspirateurs de la philosophie des Lumières du XVIIIème siècle, et de Voltaire en particulier.

Mépris de l’argent et du marché

Pur produit de la culture romaine, Cicéron ne s’occupe que de politique et de droit, et ne s’intéresse pas à l’économie. Il prolonge la tradition des Grecs qui ne nourrissent que mépris pour le commerce et les marchands. Seul Aristote avait fait exception, se risquant à une théorie de l’échange monétaire (chrématistique) – ce qui fait de lui le premier économiste célèbre de l’histoire.

Cicéron ramène l’argent à un pouvoir politique : c’est l’empereur qui bat monnaie. La loi romaine est en rupture avec les moeurs commerciales : les marchands qui ont installé des comptoirs tout autour de la Méditerranée avaient leurs propres monnaies, reposant sur la confiance mutuelle et assimilables à des instruments de crédit ; le pouvoir politique romain prétend s’arroger le monopole de la frappe de pièces d’or ou d’alliages (qu’il s’empressera de dévaloriser pour payer ses dettes – déjà !).

Mais surtout Cicéron considère les marchés comme autant d’atteintes à la justice, notamment en ce qui concerne ceux qui vendent leur travail contre de l’argent : « ils se rangent dans le rang des esclaves » dit-il. Marx a peut-être puisé chez Cicéron sa théorie du travail-marchandise, et bien nombreux sont aujourd’hui ceux qui pensent qu’il est indigne de parler d’un « marché du travail ».

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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