Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

Bulletin de commande

Portait

Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

Lire la suite...
GREGOIRE VII (1013 - 1085) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 23 Septembre 2011 01:00

Universités, abbayes et communes

Dans une Europe relativement apaisée, trois pôles d’indépendance et de liberté apparaissent entre le dixième et le douzième siècle. Les Universités symbolisent la liberté de penser, il y a matière à réflexion et à débats avec la redécouverte de l’Orient (à l’occasion des Croisades) qui met à la disposition de l’Occident l’héritage culturel des Grecs et des Romains.

Les abbayes (dont la première aura été celle de Cluny) détachent la religion du pouvoir politique et dépendent directement du Pape. Enfin les communes obtiennent des franchises qui les placent à l’abri des seigneurs locaux : ceux-ci les accordent parce qu’ils s’attachent le soutien des populations de ces nouvelles villes, riches de leur commerce et de leur artisanat. Un vent de libération semble ainsi souffler sur l’Europe, et il faudra attendre le 13ème siècle pour que le pouvoir politique se reconstitue sous forme massive avec la réapparition des grands royaumes.

La révolution papale

Dans le contexte médiéval va donc se poser le problème des relations entre le pouvoir politique et l’Eglise. C’est Grégoire VII (Hildebrand) qui va donner son couronnement à ce que l’on appelle la « révolution papale ». Il s’agit bien d’une révolution puisque pour la première fois depuis l’Empire Romain, le pouvoir politique va être désacralisé. Il y a en effet deux lectures du célèbre « Omnis potestas a Deo ». L’une, totalitaire, a dominé jusque là, et prône le pouvoir absolu du prince ou seigneur, puisqu’il le tient de Dieu lui-même. Le peuple a un devoir d’obéissance. L’autre rappelle que tout pouvoir doit être exercé selon la volonté de Dieu, ce qui implique d’une part toutes les vertus morales du prince, d’autre part un respect par le prince de l’Eglise. Ce respect s’était progressivement perdu, et en particulier l’Empereur (au sommet de la féodalité européenne) et les grands seigneurs s’étaient attribués le droit de nommer les évêques et, de ce fait, de dominer l’Eglise, sans souci de ce que le Pape pouvait en penser.

Une telle pratique avait porté au pouvoir épiscopal des gens souvent sans foi ni loi, dont on attendait seulement qu’ils fussent fidèles au pouvoir politique.

Grégoire VII entra ouvertement en conflit avec l’Empereur de l’époque, Henri IV, et décréta que nul ne pouvait être nommé évêque par quelque clerc que ce fût. Fort d’un soutien populaire important, causé par les débordements et les dérèglements de ce clergé « séculier » investi par le pouvoir politique (simonie), Grégoire VII rallia à sa cause un grand nombre de chrétiens désireux de redonner à l’Eglise son indépendance et sa mission spirituelle. En encourageant le développement du clergé « régulier », fait des moines des abbayes constituant des « ordres » directement dépendants de Rome, il bénéficia d’un véritable réseau européen de chrétienté redonnant vigueur et profondeur à l’Eglise. La « règle de Saint Benoît » en particulier déboucha sur une véritable internationale de la chrétienté.

Usant des armes qui lui étaient propres (comme l’excommunication) Grégoire VII finit par faire plier Henri IV, finalement conduit à implorer le pardon du Pape à Canossa. La révolution papale consacrait définitivement la séparation du pouvoir des gouvernants et de la mission de l’Eglise.

La révolution du droit

Mais une autre révolution se profile derrière la révolution papale. Plus importante encore, si l’on en croit Harold Berman et Philippe Nemo : la révolution du droit.

Le droit a été redécouvert dans les Universités qui ont eu accès au droit romain, tombé dans l’oubli avec l’effondrement de l’empire d’Occident. Les « Institutes » de Justinien sont commentées par les glaussateurs de l’Université de Bologne, et se dégage progressivement le droit canon. La nouvelle étape consistera à dégager le droit de toute dépendance à l’égard du pouvoir politique, ce qui revient à mettre la loi au-dessus de la volonté du prince, et de soumettre le prince lui-même au droit. Cette évolution est d’autant mieux acceptée que le droit nouveau a été « filtré » par la morale chrétienne au cours des siècles précédents. La justice est désormais indépendante des gouvernants, et le « règne de la loi » (the rule of law) s’impose pour freiner les excès de violence et d’arbitraire du pouvoir politique.

Alors que la question ne se posait pas auparavant, le pouvoir de légiférer est l’objet de l’attention de tous les canonistes. La voie est désormais ouverte au droit naturel, au constitutionnalisme, et à tout ce qui va progressivement conduire l’Occident vers les droits individuels et la démocratie. Le droit trace la frontière entre barbarie et civilisation.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

Lire la suite...

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...