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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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THOMAS HOBBES (1588 - 1679) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 04 Novembre 2011 01:00

Le pouvoir est laïc

Hobbes est en rupture avec la plupart des philosophes qui l’ont précédé depuis les Grecs, car il ne donne aucune justification métaphysique ou ontologique à un pouvoir qu’il veut illimité. Avant lui, il était convenu que le pouvoir venait de Dieu (omnis potestas a Deo) et Machiavel lui-même se prenait à justifier la raison d’Etat par une loi supérieure.

Avant lui il était également admis que le pouvoir doit s’exercer en tenant compte d’un intérêt supérieur : le salut éternel, le bien commun, ou simplement la puissance du prince. Rien de tel chez Hobbes.

Le pouvoir n’a d’autre origine que la nature des êtres humains. Son anthropologie est d’ailleurs originale également. La caractéristique des êtres humains est l’égalité. Ce n’est pas encore l’égalité des droits (Rousseau, qui s’est beaucoup inspiré de Hobbes, y viendra), c’est l’égalité dans la condition humaine : chacun se défie des autres, qu’il sait capables de lui nuire, comme lui-même peut leur nuire. Mais pourquoi cette agressivité généralisée ?

De l’état de nature au contrat social

Ce n’est pas la haine qui dresse les hommes les uns contre les autres. De ce point de vue la formule « homo hominis lupus » ne traduit pas la philosophie de Hobbes. C’est la peur : la peur de ne pouvoir survivre. Hobbes décrit « l’état de nature » comme le champ clos de la lutte pour la vie. L’homme n’est pas convivial, c’est certain, il n’est pas bon par nature (nouvelle différence avec Rousseau), mais pour autant il n’est pas méchant. Il a simplement à surmonter les difficultés de la vie. Il s’aperçoit assez vite (l’état de nature n’aurait peut-être jamais existé, ou très brièvement) que son intérêt est de pactiser avec les autres.

Ainsi Hobbes invente-t-il le « contrat social », passé entre tous les membres de la communauté, et destiné à éliminer la peur en établissant un ordre social. Cet ordre social est fondé sur une commune adhésion à des règles dictées par la culture des signataires (d’où le problème étudié par James Buchanan : peut-on faire entrer dans le contrat social des gens qui n’y étaient pas au départ et qui n’ont peut-être pas les mêmes cultures ?). Pour s’assurer que tout le monde respectera le contrat, il est besoin d’une force de coercition externe à la communauté : le souverain, qui d’ailleurs n’est pas partie au contrat.

L’Etat souverain et omnipotent

Le souverain est titulaire de ce pouvoir qui est là pour garantir le respect du contrat social. Une fois établi, il incarne en lui-même toute la société : il n’y a pas place pour la société civile chez Hobbes. Le souverain édicte la loi, qui n’a cure ni du droit naturel ni de la jurisprudence.

Le souverain ne saurait partager son pouvoir, voilà pourquoi Hobbes estime que la monarchie est le meilleur régime politique ; parlements et assemblées élues n’ont aucune parcelle de pouvoir. C’est l’absolutisme complet, c’est déjà la dictature à la Cromwell. On appelle Etat cette souveraineté, et l’Etat absorbe toute la société. Il détient le monopole de la coercition, qui est indispensable pour faire respecter la loi, elle-même édictée après la conclusion du contrat social. Mais le contrat social lui-même n’impose aucune limite au pouvoir de l’Etat, puisque il n’en a pas été le signataire.

Du contrat social au Léviathan

Hobbes ne se fait aucune illusion sur la façon dont se comportera l’Etat. Il le dénomme d’ailleurs le Léviathan, monstre biblique qui dévore tout ce qu’il aime. C’est une sorte d’Etre suprême, au-delà de la condition humaine. Mis en place pour garantir la vie et la liberté de chaque être humain, il finit par tenir tout le monde sous sa coupe, et dispose de la vie et de la liberté de tous. Ce résultat est-il catastrophique ? Hobbes ne le pense pas, pour deux raisons : d’une part, il n’y a pas d’autre solution d’échapper à la guerre de tous contre tous que de confisquer les armes et de les confier à un seul ; d’autre part, il est préférable d’être réduit à la servitude par un pouvoir public plutôt que par une personne privée. Hobbes a tellement peur de son entourage qu’il considère l’arrestation par le gendarme comme une libération. Il est ainsi le père de tous les thuriféraires de l’ordre public, de l’absolutisme de l’Etat, mais il avait tout de même la lucidité de dire que le totalitarisme était au bout du chemin !

 

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