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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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BLAISE PASCAL (1623 - 1662) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 25 Novembre 2011 01:00

De la science à la théologie

On s’accorde à comparer le génie de Pascal à celui de Leonard de Vinci. Physicien (lois de la pression atmosphérique), mécanicien (peut-être le premier ordinateur mécanique), et surtout mathématicien (participant au développement de la théorie des probabilités et des jeux, où s’illustrent à la même période Fermat, Bernoulli et Thomas Bayes).

Mais il n’était ni peintre ni sculpteur. Son talent artistique à lui, ce sera la théologie, à laquelle il consacrera la deuxième moitié de sa vie, ayant sans doute fait le tour des connaissance scientifiques de son temps. Il associe alors « l’esprit de géométrie » qui règne dans la science, à base d’ordre et d’organisation, et « l’esprit de finesse » qui fait appel à la fois au cœur et aux sens. C’est dire qu’il refuse le « dualisme » de Descartes, qu’il n’aime pas et dont il n’accepte pas le primat de la raison.

Foi et raison : la recherche de la vérité

« Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison ». Descartes pensait que l’homme est capable par la raison d’accéder à la vérité infinie, et de découvrir Dieu. « Orgueil », dit Pascal : notre raison nous commande de rechercher Dieu, mais non pas de le comprendre. L’homme dispose d’une raison limitée et doit s’accommoder de l’incertain. Tel est le sens du fameux « pari de Pascal » : on ne risque rien à croire en Dieu, alors que l’on risque à rester dans l’impiété car on se condamne alors à vivre dans un état de misère. Le sort de l’homme, c’est la connaissance limitée. Mais en même temps l’homme est en recherche de vérité absolue.

Cette démarche, dite des « contraires », est caractéristique de la pensée de Pascal : c’est au milieu de deux contraires que se trouve la vérité. Ainsi l’homme est-il à la fois crédule et incrédule, timide et téméraire, vaniteux et modeste, etc. L’anthropologie de Pascal se situe ainsi au confluent du pessimisme de Hobbes (l’homme condamné à la peur et à la violence) et de l’optimisme de Locke (l’homme à la recherche de la concorde et de l’harmonie).

La connaissance résulte de l’étude de ces contraires. « La connaissance de Dieu sans celle de notre misère nous pousserait à l’orgueil, et la connaissance de notre misère sans celle de Dieu nous conduirait au désespoir ».

L’homme est-il libre ?

Si la recherche de Dieu et de la vérité procède à la fois de la raison et de la révélation, l’homme est-il assez raisonnable pour accepter la révélation ? Pascal est janséniste, et la doctrine de Jansen est au catholicisme ce que celle de Calvin est au protestantisme : c’est Dieu lui-même qui fait aux hommes la grâce de les mettre sur le chemin de la vérité. A la différence de ce que professent les jésuites, adversaires des jansénistes, la liberté ne réside pas dans le choix individuel et volontaire du bien (Molina), mais dans la grâce de Dieu, qui appelle personnellement chaque individu vers le bien, libre à chacun de choisir le mal. On trouve ici l’écho de Saint Augustin avec l’idée de la « grâce efficace ». La liberté individuelle est celle de pêcher, et seule la grâce divine peut remettre l’individu dans le chemin de Dieu. Voltaire dira à ce propos que Pascal est un « misanthrope sublime » : ce que l’homme peut faire de bien, il le doit à la seule grâce de Dieu.

On est ainsi avec Pascal aux antipodes de la raison absolue cartésienne, et il condamne par avance la philosophie des Lumières : « Toutes vos lumières ne peuvent arriver qu’à connaître que ce n’est pas en vous-même que vous trouverez ni la vérité ni le bien ».

La misère d’une humanité déchue

Pascal évoque souvent « notre misère », héritée du péché originel, et ne voit de salut pour l’homme que dans l’amour infini que porte Dieu à ses créatures élues. Par là même, il tourne le dos à l’humanisme qui depuis le Moyen Age a dominé la pensée chrétienne, notamment à travers Saint Thomas d’Aquin. Sans doute Pascal peut-il faire partager sa conception de l’homme à des personnes animées d’une foi intense – des élus de Dieu, si on comprend bien. Mais il écarte du chemin du salut tous ceux qui pensent que l’homme, créé à l’image de Dieu, peut s’en rapprocher en faisant usage de sa liberté pour créer, servir et aimer. Si la vision pascalienne est bien celle d’un homme soumis et médiocre, qui ne pourrait se grandir que par l’obéissance et le mysticisme, elle peut paraître décalée à la veille d’un siècle de révolutions politiques et économiques.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


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