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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

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LEIBNIZ (1646 - 1716) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 02 Décembre 2011 01:00

Un autre « honnête homme »

Comme Descartes, comme Pascal, comme la plupart des philosophes de ce 17ème siècle, Leibniz a une culture encyclopédique (lui-même est très attaché à l’idée d’Encyclopédie, somme et synthèse de toutes les connaissances humaines).

Il s’est illustré notamment en mathématiques (calcul différentiel et intégral, dont la paternité lui reviendrait plutôt qu’à Newton) et en physique (étude de la force et de l’énergie, découverte de mv²), mais il est aussi juriste, politologue et lexicologue. Mais, de son propre point de vue, toutes ses découvertes et ses pensées s’ordonnent dans une perspective dynamique, qu’il cherche à analyser et comprendre. Pour lui, la nature, les éléments physiques ne peuvent trouver d’explication et de logique que dans une métaphysique, dans un projet voulu par Dieu et par la justice divine (théodicée). Science et théologie : vieille alchimie, qui dominera aussi le « siècle des Lumières ».

L’atome et la monade

Comme en mathématiques, la pensée de Leibniz s’intéresse à l’infiniment petit. L’atome avait fait son apparition dans la philosophie grecque avec Démocrite (atome, ce qui ne peut pas se couper). Mais Démocrite faisait de l’atome le plus petit élément constitutif de la matière. Il a fallu attendre le XXème siècle pour découvrir qu’il y avait des protons et des neutrons, puis des ions et des anions…Leibniz laisse de côté l’atome, qui ne concerne que la structure des éléments naturels, pour s’intéresser à la « monade », qui est à la base des éléments spirituels. Monade, monos : élément seul, isolé, insécable, unique. La monade est constitutive de l’âme, comme l’atome est constitutif de la matière. Mais, à la différence de l’atome, que Leibniz comme Démocrite supposait inanimé bien que réactif, la monade a une force interne qui va provoquer dans l’âme des changements incessants. Le sens et l’intensité de ces changements sont en fait programmés dans la monade. Le changement est une nécessité absolue, et on doit se plier au programme de la monade : nécessité fait loi.

L’harmonie universelle

L’objection qui vient à l’esprit est celle-ci : comment des monades dotées de leur propre spécificité, inscrites dans l’âme de chaque individu, parviennent-elles à s’organiser entre elles ? Comment des esprits si différents, ayant leur proche chemin dynamique, peuvent-ils se concilier et finalement déboucher sur une harmonie et, qui plus est, une harmonie universelle ? C’est que les monades participent d’un plan divin. Elles sont conçues dès l’origine pour s’intégrer harmonieusement dans un plan d’ensemble conçu par Dieu. Leibniz aurait-il inspiré Adam Smith et sa théorie de la « main invisible » qui veut que des intérêts micro-économiques dissemblables finissent par se coordonner à travers le marché, débouchant sur une harmonie macro-économique (elle aussi dynamique) ? En fait, l’exercice de Leibniz est plus difficile et plus périlleux. Plus difficile parce qu’il ne s’agit pas de rapprocher des calculs économiques fondés sur l’échange, qui est déjà en soi harmonie. Plus facile parce que l’explication est plus simple : c’est le plan de Dieu, c’est la justice divine ou théodicée.

Quelle place pour la liberté des hommes ?

L’harmonie universelle de Leibniz ne laisserait-elle aucune place apparente à la liberté des individus, dont les âmes sont elles-mêmes un agrégat de monades déjà programmées : les comportements ne sont-ils pas innés ? Leibniz critique Locke, qui fait une place trop grande à la pratique sociale, à la quête permanente des hommes en vue de l’amélioration de leur sort commun, à travers un procédé d’essais et d’erreurs source de connaissance et de progrès. Pour Leibniz il n’y a pas d’erreurs autres que celles que Dieu a voulues. Mais comment l’infini divin se conjugue-t-il avec l’imperfection ? C’est, nous dit Leibniz, que le mal aussi a été voulu par Dieu, qui « n’a pas créé des dieux ». Quand l’harmonie se brise, c’est aussi une partie du plan de Dieu qui s’accomplit : Judas était prévu par les Ecritures.

Leibniz en arriverait-il à « instrumentaliser » les hommes ? On peut se poser la question. La lecture (difficile) de Leibniz donne le choix entre le fatalisme (ou providentialisme) et la déchéance du péché originel (mais où est alors la rédemption ?). On aura du mal à situer Leibniz entre un irénisme mystique (l’harmonie universelle) et un individualisme prédestiné (l’âme noire qui porte le mal).

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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