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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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CARL MENGER (1840-1921) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 15 Avril 2011 01:00

Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

 

Mais tandis que Jevons et Walras pensent la découvrir dans le calcul objectif de l’utilité marginale, Menger met au contraire l’accent sur la pure subjectivité des choix, de sorte qu’il nie purement et simplement toute référence à l’homo oeconomicus. « Chaque homme est unique et irremplaçable », pourrait-on dire, et c’est à partir de l’expérience du décideur, de ses goûts, de sa situation sur-le-champ, de son information, qu’il va faire ce qui lui semble le meilleur choix. Ainsi va-t-il bien plus loin que ses contemporains, en introduisant une économie « du temps et du savoir », caractéristique de ce que l’on appelle aujourd’hui l’école « autrichienne » dont l’influence scientifique et politique est aussi grande depuis un demi-siècle que l’école keynésienne ou l’école de Chicago.

L’individualisme méthodologique

Partant de là, la méthode pour saisir l’économie dans son ensemble ne peut être « macro-économique » ; ce n’est pas au niveau des grands agrégats que l’on trouvera l’origine de la richesse des nations, mais à celui des comportements individuels. Partir des choix personnels pour expliquer la vie économique : telle est la méthode de Menger, elle exclut toute idée d’équilibre général, idée commune aux classiques et à Jevons et Walras. La vie économique n’est jamais équilibre, elle est en mouvement perpétuel puisque l’action humaine change en permanence les données du problème. Il n’existe en fait qu’un système pensable de coordination de milliers de décisions individuelles : le marché, processus décentralisé d’arbitrage et d’harmonisation, qui émet des signaux de prix et de profits qui informent les décideurs.

Comment naît la monnaie

L’information parvient aux individus à travers leurs expériences personnelles (un procédé permanent d’essais et d’erreurs) mais aussi à travers des institutions, c'est-à-dire des règles sociales qui diminuent l’incertitude sur le comportement des autres et facilitent ainsi les échanges et le crédit. La façon dont l’institution monétaire apparaît est révélatrice des liens qui unissent comportements individuels et phénomènes sociaux. Au sein de communautés d’échanges très exiguës, il existe une marchandise d’usage courant dont tout le monde connaît à peu près la valeur. Elle devient ainsi le point fixe, le troisième point de comparaison, l’étalon de valeur dans les échanges. Avec l’élargissement de l’espace de marché, la communauté de paiement doit s’élargir aussi, et à travers de multiples formes, de multiples produits, se dégagent progressivement les monnaies acceptées par un nombre croissant d’échangistes. La monnaie, institution qui livre une information stable et généralisée, est devenue un instrument indispensable aux échanges. On voit qu’elle est issue d’une expérience et d’un consensus des individus échangistes. Elle n’a jamais été inventée ni imposée par une quelconque puissance politique. Au contraire les monnaies d’Etat (fiat money : que ceci soit de la monnaie) au lieu d’authentifier et de certifier la valeur des espèces monétaires – ce qui devait justifier le monopole légal - n’ont fait que la dégrader, pour financer le trésor public.

L’incertitude radicale

Elargissant le champ de sa théorie, Carl Menger s’interroge sur la nature de la science économique. Elle ne peut être ni mécaniciste, ni expérimentale. Les comportements individuels ne se reproduisent jamais à l’identique, car le seul fait d’agir modifie les données de l’action suivante. L’histoire ne peut être un éternel recommencement, comme le soutenaient les historicistes allemands en cette fin de XIXème siècle (methodenstreit). Car chaque homme porte en lui son histoire, qui se réécrit sans cesse. La science économique ne peut poser de lois générales et intemporelles, elle n’a pour but que de retrouver le fil de l’histoire vécue, pour le reste elle doit respecter « l’incertitude radicale » c'est-à-dire l’ignorance totale dans laquelle nous sommes concernant l’avenir dans un monde en perpétuel changement.

 

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