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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

36 pages, 5€

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Un nouveau monde de science et d’industrie

Saint Simon « le dernier des gentilshommes et le premier des socialistes » (se définissait-il modestement) partage l’idée d’Auguste Comte : avec le XIXème siècle le monde est entré dans une ère scientifique.

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UNIR POUR AGIR
Alain Madelin annonce la publication en trois tomes d’un e-book présentant le programme qu’il proposerait s’il devait être candidat à l’élection présidentielle en 2017 – ou avant dit-il.
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Couverture du livre UNIR POUR AGIR
Catégorie: Année 2015
Auteur: Alain Madelin
Année: 2015
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Commentaire
Ecrit par Jacques Garello

« Il s’agit de tracer les contours de quelques mesures fortes, à la fois susceptibles d’ouvrir le chemin d’une nouvelle croissance et d’un nouveau progrès social en dépassant les clivages politiques pour élargir leur soutien ».

Je retiens mon souffle : celui que nous avions choisi en 2002 pour porter les couleurs du libéralisme serait-il revenu sur le devant de la scène politique ? J’ai apprécié quelques points forts et des formules lumineuses, comme Alain en a le secret, mais je reste sur ma faim.

D’accord avec lui pour rappeler l’urgence d’une offre politique nouvelle et échapper au clivage droite-gauche. Mais pourquoi ne jamais avancer le mot substantif de libéralisme ou adjectif de libéral. Ne veut-on pas se battre sous la bannière libérale, bien déployée ? Il y a ici une pudeur ou une réserve qui a sans doute valu à Madelin son échec de 2002 : les positions manquent de tranchant, le discours est trop sophistiqué, trop intellectuel ou intellectualisé. Pourquoi encore ne pas se situer au dessus de la mêlée et chercher un impossible programme qui satisferait à la fois la droite, la gauche et le centre ? Puisqu’à juste titre Madelin soutient que gauche et droite ne veulent rien dire dans notre pays, faute du moindre contenu doctrinal, pourquoi chercher à additionner des voix ? Obsession électorale d’un ancien élu, d’un ancien ministre ? Alain est pourtant d’une totale lucidité lorsqu’il affirme : « l’addition d’une mauvaise politique de gauche et d’une mauvaise politique de droite ne saurait fabriquer une bonne politique ». A se croire inclassable, on finit par être isolé. Toujours sur le thème de l’union, je ne me sens pas attiré par un programme « pour prolonger l’esprit du 11 janvier pour réfléchir et agir ensemble », parce que je ne crois pas à l’esprit du 11 janvier – les Français visiblement non plus.

Sans entrer dans le détail des mesures concrètes qu’il a prévues, puisqu’il faudra attendre les deux autres parties de son ouvrage pour les connaître, Madelin nous propose cinq « lignes directrices » qui nous ramènent, dit-il, à l’essentiel. 1° Nous ne sommes pas en crise, mais en mutation pour passer « des vieux Etats-nations industriels à une société mondiale de la connaissance ». Bien vu, sauf que cette évolution n’est pas un miracle de la technique, mais un fruit de l’action humaine. 2° Nous sommes dans une situation financière dangereuse : Madelin d’incriminer la politique monétaire (voir le papier de Baggus) qui permet « à des entreprises et des Etats endettés de se maintenir artificiellement, ce qui mine la compétitivité et réduit le potentiel de croissance ». 3°Il y a urgence sociale : « La part des dépenses contraintes ne cesse d’augmenter […] le « reste à vivre » ne cesse de se réduire ». Nos systèmes d’assurance et de prévoyance sociale sont en danger. 4° Changer de cap pour une nouvelle croissance : rompre avec une politique de « déflation salariale » (sic) 5°Une nouvelle approche politique : « la redistribution des pouvoirs au profit des consommateurs, des citoyens, des entreprises. Retrouver la confiance des Français, c’est leur faire davantage confiance. Et leur offrir de plus grandes libertés d’agir et de choisir dans tous les domaines ». On retrouve ici le créateur d’Idées Action et le signataire du manifeste libéral.

Dans ce catalogue, j’ai vu un manque surprenant et un mystère total. Le manque, c’est la référence à la diminution du périmètre de l’Etat, qui est « l’essentiel » dans un programme libéral ; à peine trouvera-t-on une allusion au sujet : « repenser l’action publique et redistribuer son champ ». C’est très elliptique. Quant au mystère, c’est la liste des mesures et réformes (de « refondation ») que le prestidigitateur n’a pas encore sortie de son chapeau.

Le deuxième chapitre porte sur la compétitivité de l’Etat et des systèmes sociaux. Celle-ci est un programme pour la compétitivité des entreprises et de l’économie (pourquoi ce clivage d’ailleurs, l’économie se conçoit-elle sans entreprise, et les entreprises sont-elles toute l’économie ?). Je ne vous cacherai pas ma nouvelle déception.

Certes Madelin voit l’essentiel : pas de croissance sans des entreprises incitées et autorisées à être plus compétitives. Il faut donc libérer les entreprises des contraintes fiscales, règlementaires et sociales qui les handicapent aujourd’hui.

Le passage sur la fiscalité est assez surprenant et ne rencontre pas les analyses que nous faisons habituellement. Alain Madelin nous propose une fiscalité « normale ». Il prend d’abord le soin de nous prévenir : au début de la croisade pour la compétitivité, il faudra admettre une fiscalité « anormale » : « dans une période de redressement [il n’est pas anormal] de demander un effort à ceux qui peuvent le plus le supporter (et sans doute les détenteurs de capital et les personnes aux revenus les plus élevés)… mais il nous rassure pour la suite : cette fiscalité anormale « ne saurait être considérée comme juste et durable ». Quant à la fiscalité « normale », elle ne consiste pas à s’aligner stupidement sur les moins disants fiscaux, ou sur la moyenne européenne, mais sur les pays d’Europe du Nord qui ont un niveau élevé de dépenses sociales. Serait-ce à dire que le modèle social français est intangible et que la solidarité publique est un bienfait ? Entrant dans le détail des impôts personnels, Madelin propose la fusion de la CSG et de l’IRPP, mais en gardant une certaine dose de progressivité et en pratiquant la retenue à la source. Pas question de flat tax ! Quant à l’ISF, inutile et dangereux de le supprimer : « c’est devenu un tel marqueur idéologique qu’il peut être de meilleure politique de l’inclure dans une réforme d’ensemble de la fiscalité du patrimoine ». Ici l’ami Alain se démarque radicalement. Concernant les subventions, Alain est dans le vrai en proposant leur suppression, mais pourquoi contre d’autres avantages, sinon ceux qui pénalisent aujourd’hui les entrepreneurs ? Supprimer les charges exorbitantes n’est pas un cadeau compensatoire, c’est un devoir.

Suivent quelques considérations sur la concurrence, où la référence à la rente des professions réglementées est de mise, tout en reconnaissant que l’on pourrait négocier le rachat de ces privilèges au lieu de les supprimer avec une brutalité injuste. Mais pourquoi faire confiance à l’Autorité de la Concurrence – à mes yeux dans l’errance la plus totale ? Introduire la concurrence dans le fonctionnement du secteur public est une bonne idée, propice à une « expérimentation » instructive.

Fort heureusement, le chapitre sur le marché du travail est de loin le plus attractif. Madelin se prononce contre le contrat de travail unique et place le contrat dans l’entreprise au dessus des négociations collectives et de la loi. « La convention d’entreprise prime alors sur la convention professionnelle et sur la loi » dit-il à juste titre, et avec un courage peu commun face aux syndicats. Les longs paragraphes consacrés à la formation du personnel sont dominés par la proposition d’un crédit-formation, qui est en effet une formule appliquée avec succès dans plusieurs pays.

Evidemment, la vision d’ensemble et la référence à un programme libéral manquent tout autant dans cette deuxième partie que dans la première. Peut-être aurons-nous plus de chance avec la troisième partie. Madelin est toujours meilleur quand il s’attaque à l’Etat, comme notre ancêtre commun Frédéric Bastiat.

Le troisième chapitre, publié avec un léger décalage, correspond à ce qu’on pouvait attendre d’Alain Madelin : une analyse lucide, une connaissance des dossiers, une référence aux principes libéraux majeurs.

Ce chapitre traite d’abord des systèmes sociaux de notre pays. Il débute comme il se doit par calmer les craintes que le libéralisme inspire souvent mais injustement s’agissant du sort des plus démunis. Il faut un filet social, et la technique de l’impôt négatif est la mieux adaptée. Les retraites ? « Les réformes paramétriques ont montré leurs limites ». On passe à la capitalisation mais avec un système de points – vieille divergence avec mes propres recommandations. La santé ? Elle doit être gérée en fonction de « prix libres », grâce à une concurrence entre établissements de soins, entre praticiens (mais comment les rémunérer sinon par des honoraires libres), entre compagnies d’assurance, mais sans aller jusqu’ à la « privatisation à l’américaine ». Les carnets de santé ne sont pas évoqués, encore moins le principe d’un paiement par le malade dispensé de toute retenue sur son salaire. Enfin, Madelin montre l’importance d’une « économie non marchande », celle des familles, des associations.

On passe ensuite à l’Etat, avec ce qui me semble le principe le plus simple et le plus libéral : « Pour réduire la dépense publique, il nous faut réduire le périmètre de l’Etat ». Et l’on doit faire de même au niveau des collectivités locales. Sur le statut des fonctionnaires, Madelin considère qu’il ne faut pas provoquer tous ces gens dont on a besoin pour rebâtir sur les ruines du service public : « on a besoin d’eux dans la transformation de l’Etat ». Ensuite de longs paragraphes sont consacrés à l’immigration, l’approche est dépassionnée et concrète. Premier théorème : « l’intégration se fait par le travail » d’accord. Deuxième théorème « Ce n’est pas l’immigration qui fait échec à l’Etat Providence, ce sont les échecs de l’Etat Providence qui compliquent les solutions aux problèmes de l’immigration… Les quartiers dits « sensibles ne sont que le miroir grossissant des échecs de l’Etat Providence ». Toujours d’accord. La transition énergétique est réduite à un problème financier : trouver des fonds pour les énergies nouvelles. Enfin l’éducation bénéficie d’un court mais correct examen.

Que dire de plus ? On retrouve Madelin dans son art de la digression, se dispersant volontiers et aimant montrer en quoi un programme libéral aurait l’aval de Piketty, Rocard, Attali et Aubry : pas moins ! Combien son programme serait-il plus sympathique et mieux compris si l’auteur allait droit au but, tout en nous offrant ses formules brillantes comme diamants ! En tous cas, c’est à ma connaissance le premier naguère issu de la classe politique à s’occuper sérieusement d’un programme sérieux. On pourra en débattre avec lui, mais lisons d’abord son livre – gratuit.

 

e-book sur Kindle ou sur le site Contrepoints

Date d'insertion: Mardi, 24 Février 2015 15:32

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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