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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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Jean François Mattéi : L’Homme dévasté
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Couverture du livre Jean François Mattéi : L’Homme dévasté
Catégorie: Année 2015
Editeur: Grasset
Année: 2015
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Commentaire
Ecrit par Administrator

Attachez vos ceintures, mettez vos casques : le voyage auquel vous invite Jean François Mattéi va vous secouer. Vous allez réaliser en quel état de délabrement intellectuel et spirituel se trouve notre société contemporaine.

Le but de notre ami est d’expliquer et de dénoncer « l’idéologie de la déconstruction », celle des philosophes postmodernistes comme Derrida, Foucault, Lacan, Deleuze, Bourdieu. Ils travaillent tous à la rupture avec la culture de l’Occident. Grâce à eux, l’être humain disparaît, parce que « l’homme est vidé de son humanité », ramené à une espèce supérieure d’animal, et en voie de disparition. On pousse l’assimilation de l’homme à un produit matériel, à une chose, ou à une machine biologique jusqu’à parler « d’obsolescence » : l’ère de l’être humain est périmée. Nietzsche avait déjà célébré une messe pour une humanité défunte. Aujourd’hui cette entreprise totalitaire, dénoncée par Hannah Arendt et Heidegger, s’est donnée pour but de détruire l’humanisme, et l’homme avec. Les déconstructivistes se sont donnés tous les moyens pour réussir. Ils ont détruit l’homme, le langage, le monde, l’art, le corps.

Chacun des cinq derniers chapitres du livre de JFM explique le succès remporté par les postmodernes. L’homme ? On le réduit à son animalité, son humanité est effacée.

Le langage ? On subvertit les mots, on en pervertit le sens, ou on nie tout sens à l’écriture, on marie les contraires, la pensée est absente.

Le monde ? Il n’est qu’apparence, spectacle, reproduction d’un modèle abstrait, puis simple simulation, elle-même permettant le passage du réel au virtuel : « Une réalité virtuelle vient s’ajouter à la réalité actuelle et tend, du fait de l’intérêt, voire de l’addiction, des utilisateurs, à leur offrir une seconde vie qui compense la vacuité de leur vie présente ».

L’art ? Poésie dadaïste, peinture « abstraite » et « picturale » d’où tout volume est banni, musique sérielle qui tend à la « démocratisation de l’harmonie », cinéma « d’image visuelle » préférée à l’image mouvement, architecture détruisant les lignes, proposant des maisons désarticulées.

Le corps ? On recherche un homme sans cher et sans os, remplacé par une construction numérique fonctionnelle. Darwin avait replacé l’homme dans une évolution animale, maintenant on le replace dans une évolution végétale : l’homme fruit de la terre, fils de Gaïa, la déesse de la nature. L’homme n’est pas au cœur de la nature, il n’existe qu’à travers elle : c’est la Genèse inversée. Mais il y a mieux encore : l’évolution technique, informatique et mécanique va conduire au Cyborg, à l’homme industriellement fabriqué, au « transhumanisme ». Cet homme du futur pourra vivre plusieurs siècles, mais qu’importe la mort, concept né de la tradition humaniste ?

Je vous rassure sur deux points. Le premier c’est qu’en dépit de la profondeur de l’analyse, de l’effort qu’exige l’entrée dans un système philosophique peu banal, vous prendrez plaisir à la lecture de l’ouvrage, parce que toutes ces considérations sont assorties d’exemples très concrets, car la connaissance et la curiosité de Jean François Mattéi sont hors rang (Oran, dit-on) ; il est poète, musicien, architecte, philologue, sociologue et…philosophe. Distillez la lecture, page après page, chapitre après chapitre, revenez aux citations, aux métaphores.

Le deuxième point, le plus important à mes yeux : Jean François Mattéi n’est pas déclinologue. Il nous le dit fondamentalement : ce n’est qu’un mauvais moment à passer, ils vont échouer, ils ont déjà échoué. En effet, ils n’arriveront pas à tuer l’homme et l’humanisme. C’est ce qu’il explique dans le premier chapitre, qui aurait peut-être mérité d’être le dernier. Il a préféré partir de la vérité pour mieux dénoncer l’erreur, mais il aurait aussi bien pu partir de l’erreur pour conclure sur la vérité. La vérité c’est la nature même de l’être humain, c’est l’anthropologie et la culture « au confluent de la philosophie grecque, du droit romain et de la religion chrétienne ». Voilà la réponse à la déconstruction, voici l’espoir.

Date d'insertion: Mardi, 24 Mars 2015 22:34

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