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Retour à la racine > Année 2009

Communisme et totalitarisme
L’essai de Stéphane Courtois est une démonstration factuelle avec des documents d’archives des origines totalitaires et criminelles du communisme. A faire connaître à l’occasion des 20 ans depuis la chute du Mur.
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Couverture du livre Communisme et totalitarisme
Catégorie: Année 2009
Editeur: Tempus
Année: 2009
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Le coordinateur et le principal auteur du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois, ne cesse pas de fouiller dans les archives du communisme et de faire des révélations au grand dam des défenseurs de l’historiquement correct. Dans ce petit livre qu’il publie ces jours-ci, son enquête – car Courtois est plus un enquêteur qu’un historien classique – nous montre le rôle joué par Lénine et les premiers bolchéviques dans l’invention, entre 1902 et 1922, du phénomène totalitaire. Contrairement aux théories de Hannah Arendt, le caractère totalitaire et donc criminel de l’idéologie communiste était bien présent dans les premiers documents rédigés par les théoriciens du communisme et aussi dans les manifestes politiques distribués avant la prise de pouvoir par ces derniers. Il y a donc bien eu un génocide « de classe » organisé par les communistes et qui n’a rien à envier au génocide de race mis en place par les nazis.

Avant d’aller plus loin dans les faits, rappelons d’abord quelques faits mis en lumière par l’ouverture des archives depuis 1990 : l’existence avérée du fameux « Clément » - Eugen Fried – qui fut le véritable patron du PCF pendant les années 1930 ; les négociations officieuses entre la direction du PCF et Hitler à Paris, de juin à août 1940, la responsabilité du NKVD soviétiques dans plusieurs assassinats, en particulier celui de plus de 4 400 officiers polonais à Katyn, l’organisation « parfaite » d’une famine-génocide contre la paysannerie ukrainienne faisant environ 4 millions de morts en 1932-1933, l’assassinat de plus de 700 000 personnes en URSS entre 1937 et 1938, etc…

Comment comprendre (écrit Courtois) « la ruse, l’audace et la cruauté de Staline au pouvoir si l’on ignore les relations intimes du jeune Staline d’avant 1914 avec le grand banditisme du Caucase mêlant « expropriations », racket révolutionnaire et règlements de compte de type mafieux ? ». On ne saurait faire l’impasse sur le fait que Nikita Khrouchtchev, présenté en Occident comme celui par lequel a commencé le dégel, ait été le chouchou de Staline dans les années 1930, le bourreau de Moscou puis de l’Ukraine lors de la Grande Terreur puis de la Pologne orientale occupée par l’Armée rouge le 17 septembre 1939. Khrouchtchev fut l’homme qui demanda l’autorisation à Staline de déporter les femmes et les enfants des officiers polonais assassinés à Katyne. Ou bien sûr le rôle de Jacques Duclos, le candidat à la présidence de la République française en 1969, dont les relations constantes avec le NKVD/KGB ont été prouvées par les archives. On a aussi pu constater qu’il adressa des rapports à Moscou sur les négociations avec l’occupant nazi à Paris à l’été 1940. Faut-il passer sous silence la désertion de Maurice Thorez en octobre 1939 pressé de rejoindre Moscou ou les actions du même Thorez à la Libération pour se débarrasser de de Gaulle sur ordre de Staline ?

La « révolution documentaire » ou la découverte des archives a complètement changé la perspective historique tout en déclenchant un concert de protestations. La publication du Livre noir du communisme en 1997, traduit dans 26 pays et vendu à plus d’un million d’exemplaires, avait donné lieu à des débats plus passionnels que passionnés dont les principaux auteurs n’étaient pas, comme on pouvait s’y attendre, les communistes, mais les intellectuels de la gauche socialiste, les marxistes refoulés, les historiens ébranlés dans leurs convictions. Le comble c’est que, alors que les historiens devraient mener une recherche permanente des faits, dans ce cas précis, ils ont nié l’évidence des documents. Pour certains par pure idéologie, pour d’autres, par simple incompétence. Accepter la nature criminelle intrinsèque du communisme était une pilule difficile à avaler. 

En 1916, Lénine rédige un texte à l’intention de Kievski, pseudonyme du responsable bolchevique Georges Piatakov, dans lequel il insiste sur l’importance d’une réaction violente face aux massacres de la guerre. D’après Courtois, ce texte est révélateur de la radicalisation des intentions de Lénine. La guerre est vue comme une conséquence inéluctable des « contradictions du capitalisme », lui-même entré dans sa dernière phase et la réponse réside en l’instauration d’une société marxiste. Lénine avait déjà théorisé cela dans « Que faire ? » en 1902 et « L’Etat et la révolution en 1917 ».

Les traits d’une société totalitaire sont déjà très bien esquissés : la prise du pouvoir par la force, un parti unique, la terreur de masse, le monopole de la production et de la distribution assuré par l’appareil bureaucratique. Ne voyant dans la guerre que le signe incontestable de la fin du capitalisme, Lénine considère que le moment est propice pour un nouveau monde dirigé par la classe ouvrière. Le terrorisme révolutionnaire de masse doit être le moyen « unique » pour changer de société. Il l’écrit clairement dans le texte de 1916 cité plus haut : « Le mot d’ordre qui indique à la fois le moyen le plus rapide de sortir de la guerre impérialiste et le lien entre notre lutte contre cette dernière et la lutte contre l’opportunisme, c’est le mot d’ordre de la guerre civile pour le socialisme. Seul ce mot d’ordre tient exactement compte des particularités du temps de guerre – la guerre se prolonge et menace de devenir toute une « époque » ! – en même temps que tout le caractère de notre activité d’opposition à l’opportunisme avec son pacifisme, son légalisme, son adaptation à « sa » bourgeoisie. Mais en outre la guerre civile contre la bourgeoisie est une guerre démocratiquement organisée et menée par les masses pauvres contre la minorité des possédants. La guerre civile est aussi une guerre, par conséquent elle doit aussi ériger inévitablement la violence en lieu et place du droit (…). La guerre civile exproprie par la force, d’emblée et avant tout, les possesseurs des banques, des fabriques, des chemins de fer, des grands domaines agricoles (…). Le but de la guerre civile est de s’emparer des banques, des usines, des fabriques, etc.., d’anéantir toute possibilité de résistance de la bourgeoisie, d’exterminer (sic !) ses troupes ».

Il n’y a plus de doute – et Stéphane Courtois insiste sur ce point – sur le fait qu’il n’existe pas de relation de cause à effet entre la première guerre mondiale et l’apparition du totalitarisme, théorie encore à la mode dans les années 1990. Ses racines sont bien antérieures, on les retrouve, comme on vient de le voir, chez Lénine et aussi chez Marx et Engels. Lorsque, dans un article publié en 1849, dans la revue "Neue Rheinische Zeitung", Engels demande "l'extermination des Serbes et autres peuplades slaves, ainsi que des Basques, des Bretons et des highlanders d'Ecosse", il ne fait que tracer les grandes lignes des programmes d'extermination nazi et communiste.

Quelques années après, en 1852, c'est au tour de Marx d'éructer quelques idées d'assassinat collectif. Il souhaite l'extinction des créoles français et espagnols et aussi des "peuplades moribonds, les Tchèques, les Slovènes, les Dalmates," etc. ("Révolution et contre-révolution en Allemagne", mars-avril 1852). Même si leur plan de génocide ne prend pas ses sources dans l'eugénisme (terme forgé seulement en 1883), les mobiles n'en sont pas trop éloignés. S'appuyant sur la vision socialiste de l'Histoire - le capitalisme qui remplace le féodalisme cédera la place au socialisme -, leur théorie soutient que certaines races trop arriérées, ne résisteraient pas à cette métamorphose. Il ne reste donc qu'à mettre en place l'éradication définitive de ces malheureux peuples. Faut-il encore des preuves pour démontrer les connivences entre le marxisme et le nazisme ? D'ailleurs, dans les conversations avec Hermann Rauschning, Hitler avouera ses dettes envers le marxisme : "J'ai beaucoup appris du marxisme, je n'hésite pas à le dire " (Hitler m'a dit, 1939).

Trouver les racines criminelles du communisme c’est se plonger dans ses textes fondateurs, dans la littérature léniniste et marxiste. Tous les politiques et autres intellectuels qui veulent réhabiliter Marx à l’occasion de la crise économique actuelle devraient le faire avec beaucoup d’attention. Sinon, lire cet essai de Stéphane Courtois ne pourrait que les aider à se débarrasser des vieilles lunes idéologiques.

Date d'insertion: Vendredi, 06 Novembre 2009 17:37

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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