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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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Actualité de Jacques Rueff. Le plan de redressement de 1958 : une réussite du libéralisme appliqué
A l’heure où le plan Attali vient de sortir, il est intéressant de rappeler quelles étaient les propositions et comment a été mis en œuvre un autre plan il y a cinquante ans. C’est ce que fait Gérard Minart dans un essai lumineux.
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Couverture du livre Actualité de Jacques Rueff. Le plan de redressement de 1958 : une réussite du libéralisme appliqué
Catégorie: Année 2008
Editeur: Institut Charles Coquelin
Année: 2008
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Ecrit par Bogdan Calinescu

Ancien élève de l’Ecole de journalisme de Lille, Gérard Minart est déjà l’auteur de deux biographies, celle de Bastiat et aussi celle de Jean-Baptiste Say. Ce dernier ouvrage manie finement l’analyse économique et l’enquête biographique.

Entré à l’Ecole polytechnique en 1919, Rueff devient inspecteur des finances (eh oui, il existe des exceptions heureuses) et entre en 1926 au cabinet de Raymond Poincaré puis est nommé à la section financière de la Société des Nations. En 1930 il va à Londres où il sera attaché financier à l’ambassade de France. Rentré en France il devient sous-gouverneur de la Banque de France. Résistant – connu sous le nom de code Jean Rabaud -, il est le conseiller financier du Conseil National de la Résistance. A la Libération, il est d’abord conseiller économique et financier du général de Lattre de Tassigny et en 1952, Rueff entre comme juge français, d’abord à la Cour de justice de la Communauté Européenne de Charbon et de l’Acier puis à celle de la CEE.

Jacques Rueff était un scientifique. Influencé par Clément Colson, professeur d’économie à l’Ecole des Ponts et Chaussée, à Polytechnique, à l’Ecole libre des sciences politiques, Jacques Rueff est très vite attiré par le mécanisme des prix dans la vie économique. Il comprend que plus qu’une somme à payer par les consommateurs, les prix ont bien d’autres fonctions en particulier celles de donneurs d’informations. Les agents économiques sont très sensibles à tous les signaux envoyés par les changements des prix et agissent en conséquence : « Le mécanisme des prix, écrit Rueff, assure la répartition des facultés de production et modèle d’une main toute-puissante la structure économique de la collectivité qu’il régit ». Quand ils ne sont plus libres, les prix faussent la concurrence et développent l’inflation, les perturbations sur les changes, les déficits, la dérive des taux d’intérêts. Contrairement à Pinay qui pensait qu’il suffisait d’emprunter pour combler les déficits, Rueff sait que les solutions de facilité ne seraient que passagères (avis à certains politiques…). Il est temps de faire des grandes réformes : combler les déficits, rétablir l’équilibre budgétaire, casser l’inflation, revenir à la vérité et à la liberté des prix, favoriser l’épargne, restaurer la monnaie, susciter la concurrence. Et le comble, toutes ces mesures ont été mises place à un moment où le taux de croissance était excellent : le PIB affichait une croissance moyenne de 5,3 % par an de 1950 à 1957.

Cette volonté de réforme se traduit dans deux grandes actions menées par Rueff : la plan de 1958 sur l’assainissement financier et la Rapport Rueff-Armand sur les obstacles à l’expansion économique. A ne pas confondre les deux. Le deuxième s’attaque à la réforme du crédit et fait suite aux travaux d’un comité mis en place par Michel Debré pour examiner les barrages à l’expansion économique.

Quelles ont été les conséquences des mesures Rueff ? Tout d’abord, l’assainissement des finances a marqué le retour de la confiance. Les premiers signes de fort démarrage économique apparaissent dès le mois de juin 1959 et c’est le taux de croissance de 7,9 % enregistré en 1960 qui donne la preuve de cette réussite. Par ailleurs, la hausse des prix est maîtrisée, le budget devient excédentaire (+ 700 millions d’anciens francs en 1959 contre un déficit de 7500 millions d’anciens francs en 1956), l’épargne redémarre, l’équilibre de la balance des paiements est retrouvé. De très belles réussites mais aussi un échec, comme le souligne justement l’auteur : la réforme des mentalités face à un monde économique en pleine mutation est toujours à faire.

Date d'insertion: Vendredi, 01 Février 2008 23:28

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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