Commandez

Catalogue de la Sefel l www.libres.org

A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

55 pages, gratuit

Bulletin de commande

 

Portait

L’économie mathématique

Les études d’ingénieur de Léon Walras l’ont conduit à rêver d’une science économique qui serait plus rigoureuse, parce qu’elle utiliserait un langage mathématique. Comme Jevons, Walras utilise le principe du « calcul à la marge » pour expliquer la logique des choix individuels.

Lire la suite...
Revue des livres

Retour à la racine > Année 2008

Bertrand le magnifique
C’est une vraie enquête sur le système Delanoë que nous propose Yvan Stefanovitch dans Bertrand le magnifique, le journaliste s’attaque maintenant au monde privilégié de la mairie de Paris.
PDF Imprimer
Couverture du livre Bertrand le magnifique
Catégorie: Année 2008
Editeur: Flammarion
Année: 2008
Visites: 5339
Avis des utilisateurs:  / 0
MauvaisExcellent 
Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Aimeriez-vous connaître le budget de la mairie de Paris ? C’est très simple. Il suffit de le demander et vous pourriez le consulter. Toutefois, une chose est sûre : vous ne comprendrez rien. A moins d’être inspecteur des finances et de passer des dizaines d’heures pour décrypter les comptes alambiqués de la mairie. Pourtant, l’un des nouveaux engagements du maire en 2002 a été justement celui de « faire le ménage » dans les comptes en demandant même une Commission indépendante d’évaluation des politiques publiques. Cette Commission, les Parisiens l’attendent toujours… Malgré l’opacité des chiffres, après une analyse attentive, il faut se rendre à l’évidence : les dépenses de la Ville ont explosé. Entre 2001 et 2006, les dépenses de fonctionnement sont passées de 3,89 à 5,11 Mds d’euros (une augmentation de 34 % en six ans). Une situation sensiblement différente de celle de son prédécesseur, Jean Tiberi, qui avait pratiqué une politique de désendettement… tout en s’enfonçant dans les affaires (l’appartement octroyé à son fils, le faux rapport rédigé par sa femme, les fausses factures des HLM de Paris, etc). Sous Delanoë c’est surtout la masse des salaires qui a augmenté (de 23%), tandis que le nombre de fonctionnaires est passé de 38 971 à 44 777 (+ de 5 806) entre 2001 et 2006 alors que la population parisienne est seulement passée de 2 125 000 à 2 142 800 personnes. Un fonctionnaire pour 47 Parisiens. A Paris, il y a plus de fonctionnaires qu’à la Commission européenne et le rapport fonctionnaire/habitant est plus élevé que dans la plupart des autres villes françaises.

Quelles sont les causes du sureffectif ? L’auteur a mené minutieusement l’enquête. Il y a d’abord le clientélisme, les copains et les fils de…, ensuite il y a le côté « humanitaire » (avec l’argent des contribuables) de la mairie : des centaines de postes de secrétaires dont l’utilité est plus que douteuse. Sans parler de plein d’autres postes plus ou moins fictifs dans tous les secteurs : entretien, transports, agents des espaces verts, puériculture… La communication n’est pas oubliée. En bon socialiste amateur de fêtes et de paillettes, Delanoë a augmenté le budget communication en le passant de 3,87 millions à 10,2 millions d’euros. Et tout ce beau monde profite en plus de conditions de travail extrêmement avantageuses : 1 533 heures de travail par an contre 1 600 heures dans toutes les autres collectivités locales françaises pour 58 jours de congés annuels.

Toujours dans les dépenses de fonctionnement, une rubrique attire tout de suite l’attention : les subventions aux associations. La somme représente 205,6 millions en 2007 (+ 40% par rapport à 2001). Tout maire de France et de Navarre sait très bien que la « subventionnite » est une maladie utile pour garder les électeurs. Le maire de Paris l’a néanmoins poussé à l’extrême, le monde touchant l’argent public étant d’une rare diversité. Voici des élus socialistes qui financent quantité non négligeable d’associations juives, catholiques, protestantes et musulmanes, les associations gays et lesbiennes touchant la bagatelle de 570 000 euros en 2006, l’Ordre des avocats (sic) recevant une subvention de 277 773 euros. D’autres associations « farfelues » sont touchées par la manne publique : les Plongeurs cinéastes de Paris, le Comité du vol à voile de Paris, La pétanque du Marais, le club de pétanque des Trois Bornes et celui des Parachutistes aviateurs français. Les syndicats reçoivent eux aussi leur part du gâteau : 726 897 euros pour la CFDT, 439 353 pour la CFTC, 387 005 pour FO. Ceux qui sont sensibles aux problèmes de la pollution devraient savoir que l’organisme qui mesure ce phénomène dans la région parisienne, Airparif, reçoit plus de 300 000 euros annuels. Il ne faut donc pas s’étonner des progrès de la Ville en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

A ces dépenses en subventions diverses, il faut rajouter les locations immobilières qui ont doublé entre 2001 et 2006 en passant de 18,4 à 37,8 millions d’euros, les frais de téléphone et de télécommunications (alors que, grâce à la concurrence et à l’internet, elles devraient baisser), les frais postaux, le parc automobile ou bien les innombrables « machins » administratifs comme le Bureau des Temps (faut-il encore rappeler le ministère du Temps libre créé en 1981 ?), l’Observatoire de la démocratie locale, le Conseil de la citoyenneté des Parisiens non communautaires et autres Conseil de développement économique durable.

A l’approche des municipales, un ouvrage comme celui-ci devrait faire scandale et même contribuer de manière décisive à une défaite du maire sortant. Or, il n’en sera rien. D’une part, parce que la presse et les médias n’osent pas attaquer Delanoë et ensuite parce que la droite parisienne n’est pas capable –et ne le mérite probablement pas– de s’emparer de ces enquêtes. 

 

Date d'insertion: Vendredi, 07 Mars 2008 23:13

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...