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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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Une vie
La vie d'André Malraux illustre à merveille les incohérences idéologiques du gaullisme. Opposant du fascisme et du nazisme, il a succombé très tôt à l'adulation pour le trotkisme, le communisme et ensuite, le maoïsme.
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Couverture du livre Une vie
Catégorie: Année 2008
Auteur: Olivier Todd
Editeur: Gallimard
Année: 2001
Visites: 4362
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

C’est un peu par hasard que je suis tombé sur la monumentale biographie d’André Malraux publiée chez Gallimard en 2001 par Olivier Todd et rééditée plusieurs fois depuis. Je m’y suis plongé avec avidité non seulement à cause de la qualité de l’écriture qui rythme parfaitement le récit. De la part d’un journaliste-écrivain de la trempe d’Olivier Todd, c’était à prévoir. Mais aussi parce que celui-ci, qui fût le meilleur ami de Jean-François Revel, démystifie l’icône de l’auteur de La Condition humaine. Panthéonisé par Chirac en 1996, Malraux n’a jamais été, comme il a voulu le faire croire, un héros, ni de la guerre d’Espagne, ni de la Résistance. En tant qu’écrivain, il n’a jamais atteint le talent d’un Camus ou même d’un Sartre. Sa vie est pleine de mystères et d’interrogations. Pire encore, il s’est fourvoyé dans les accointances trotskistes, stalinienne et maoïstes. Né avec le siècle, il a raté une très grande partie de son Histoire.

Jeune, Malraux est d’abord attentif à Lénine dans les années 1930. Même si l’on sait que ce dernier a ouvert le premier camp de concentration en 1918 et qu’il veut « exterminer les insectes nuisibles », c’est-à-dire tous les adversaires. Malraux est séduit par cette idée du parti unique, de l’Etat socialiste et surtout de révolution qu’il voit comme le moyen le plus sûr pour atteindre les buts utopiques d’une nouvelle société. Pour cela, Trotski représente l’écrivain révolutionnaire à suivre. Malraux en parle à sa femme, Clara. Trotski est son modèle et il n’aura
de cesse de le soutenir. Le côté criminel du trotskisme ? Ce n’est qu’une « impureté car les mains sales se retrouvent purifiés en fin de course, la fin justifiant les moyens ». Malraux rencontre Trotski en France et lui avoue ses faiblesses pour Staline. L’URSS est le seul ennemi crédible de l’Allemagne nazie et Staline le seul à pouvoir mener à bien la grande révolution sociale. Malraux ne sait pas encore que Trotski est « en froid » avec le petit père des peuples. Quand il le saura, il préférera le tyran et refusera d’ailleurs de défendre Victor Serge, trotskiste que Staline déportera. Il s’opposera aussi farouchement à la publication du fameux Staline de Boris Souvarine qui, finalement, paraîtra non plus chez Gallimard, la « maison » de Malraux, mais chez Plon. L’auteur de L’Espoir  se range au côté de ceux qui peuvent gagner : « Je pense que vous avez raison, vous, Souvarine et vos amis, mais je serai avec vous quand vous serez les plus forts ».

Il agit, écrit Todd, « comme si l’histoire, portée en cette période du XXe siècle par la révolution née en URSS, avait le sens prescrit par les communistes staliniens ». En 1936, il essaie de toutes ses forces d’empêcher Gide de publier son Retour de l’URSS ou au moins de retirer la fameuse phrase qui fit scandale : « Je doute qu’en aucun pays aujourd’hui, fût-ce dans l’Allemagne de Hitler, l’esprit soit moins libre, plus courbé, plus craintif, terrorisé qu’en URSS ». Pourtant, Malraux aurait pu voir et comprendre (déjà chez Gallimard où une documentation
riche et dépourvue d’idéologie pouvait lui ouvrir les yeux). A l’époque, il se rend plusieurs fois à Moscou mais …en ami fidèle du régime. Sur place, il croit tout ce qu’on lui dit. Il gobe même les mensonges sur les koulaks qui se font massacrés. Il est impressionné par les travaux du canal de la mer Blanche transformé en camp de travaux forcés et où périront des dizaines de milliers de prisonniers politiques. Les intellectuels muselés ? Il a sa réponse : « La liberté qui compte pour l’artiste n’est pas la liberté de faire n’importe quoi, affirme-t-il, c’est la liberté de faire ce qu’il veut faire, et l’artiste soviétique sait bien en tant qu’artiste que ce n’est pas dans son désaccord avec la civilisation qui l’entoure, mais au contraire dans son accord avec elle, qu’il trouvera la force du génie ».

A son retour de l’URSS, le « premier pays où un idéal humanitaire et utopique sert une volonté révolutionnaire », Malraux est des plus prometteurs pour les Soviétiques. C’est l’intellectuel infiltré chez l’ennemi, l’homme qui croit sans être membre du Parti. Il accepte la catastrophe communiste (« un humanisme de la solidarité ») au nom de cet idéal et aussi parce que le capitalisme incarne le Mal absolu. Malraux n’a pas été seulement un admirateur, un intellectuel antifasciste qui s’est rangé par intérêt auprès de l’URSS. Il fût un vrai compagnon de route qui a soutenu la barbarie stalinienne et qui a été utilisé et manipulé par le Komintern.

Olivier Todd démythifie un autre moment important de la vie de Malraux : sa rencontre avec Mao le 3 août 1965 à Pékin. Mythomane, Malraux déclare d’abord à la presse qu’il s’est entretenu avec le Grand Timonier pendant trois heures. Or, la rencontre a duré à peine une demi-heure. Pour ce qui est du fond, l’écrivain français fait de cet entretien un véritable échange philosophique, historique, littéraire et politique alors qu’en réalité, Mao, bougon et endormi, n’attendait que la fin de l’entrevue. Ce qui choque en fin de compte c’est encore la facilité avec laquelle Malraux avale les couleuvres du tyran chinois. Après le « Grand Bond en avant », Mao prépare la Révolution culturelle. Le pays est affamé et dévasté et les victimes
s’entassent par millions. Malraux reste complètement insensible à cette catastrophe. Comme bon nombre d’intellectuels français de l’époque, il voit en Mao un autre idéal révolutionnaire.

Date d'insertion: Vendredi, 21 Mars 2008 11:12

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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