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Le libéralisme et la gauche
Monique Canto-Sperber propose une réconciliation de la gauche avec un libéralisme « soft », débarrassé des « ultras ». On comprend qu’avec ces précautions idéologiques, le succès du sauvetage de la gauche grâce au libéralisme n’est pas encore assuré.
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Couverture du livre Le libéralisme et la gauche
Catégorie: Année 2008
Editeur: Pluriel
Année: 2008
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un de gauche à embrasser la cause libérale ? Les raisons peuvent être très nombreuses : déception à l’égard des politiques de gauche, rejet de l’étatisme et/ou du politiquement correct ou bien –très rare - prise de conscience de l’échec des idées socialistes et du succès des thérapies libérales. Mais dans certains cas, on peut avoir affaire à une tentative de sauvetage de la gauche grâce au libéralisme…social. C’est la démarche de Monique Canto-Sperber (auteur, entre autres, d’un ouvrage intitulé malicieusement Faut-il sauver le libéralisme ?[1]) directeur de recherche au CNRS qui, en tant que bon intellectuel de gauche s’attelle à une tache vraiment très difficile : faire comprendre au monde socialiste qu’il aurait tout intérêt à adopter les idées libérales. Elle prend néanmoins moult précautions. Son libéralisme est « soft » (« On peut être libéral tout en refusant l’ultralibéralisme auquel les noms de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher restent attachés. Surtout on peut être tout ensemble libéral, républicain et fortement soucieux de solidarité et d’équilibre social »). Même si elle sait très bien qu’être libéral « c’est défendre l’équilibre des pouvoirs, la modération de la puissance de l’Etat, la règle de droit, la force des institutions et des procédures, l’autonomie de la société civile, mais aussi la liberté du marché assortie de régulations adaptées (sic), la liberté et la responsabilité personnelles, les règles communes qui façonnent d’abord les libertés, le pluralisme irréductible des intérêts et des opinions comme la nécessité qui s’ensuit de construire des consensus ».

C’est tout à l’honneur de cette fonctionnaire du CNRS de reconnaître les mérites des idées libérales. Même si elle ne le reconnaît ouvertement, on sent qu’elle a compris l’échec des politiques de gauche et qu’une nouvelle ère doit s’ouvrir pour ceux auxquels elle appartient. Son objectif est de faire comprendre à la gauche qu’elle doit faire du « libéralisme social ». Les « libéraux sociaux » sont « soucieux de l’émergence d’une condition sociale où tous les individus, surtout les plus démunis, puissent accéder à une liberté, une capacité d’agir social véritable. Ils soulignent qu’une liberté économique sans frein peut compromettre le fonctionnement vertueux du marché et que des règles sont pour cette raison nécessaires ». Ces « sociaux-libéraux » protègent aussi, d’après elle, les « biens sociaux » comme l’éducation, la santé et la culture. Ces précautions prises, l’auteur passe en revue tout ce qu’elle considère comme idées libérales-sociales en économie, politique internationale, culture, éducation, etc… Attention ! Ne pas confondre ce libéralisme social avec la social-démocratie qui, toujours d’après l’auteur, a échoué ou en tout cas n’a aucun avenir en France.

On suit très bien Monique Canto-Sperber lorsqu’elle reconnaît - c’est très méritoire pour quelqu’un de gauche – la place et le rôle que devrait jouer l’individu dans la société d’aujourd’hui. On l’approuve beaucoup moins quand elle parle d’un « libéralisme critique » qui reconnaît le « rôle irréductible des Etats dans le monde d’aujourd’hui ». Elle a du mal à comprendre (ou elle ne veut pas le reconnaître) que les échecs économiques dans le monde ne sont pas dus à moins d’Etat mais justement à trop d’Etat. Ce sont d’abord les économies dirigées qui se sont écroulées et ce sont les pays où l’Etat (et les politiques) sont majoritaires dans les décisions qui fonctionnent moins bien que les autres. Ce n’est pas une « gouvernance mondiale » (une idée totalement contraire à toute réforme libérale) qui remédiera aux problèmes des pays du Sud mais l’ouverture du marché, la démocratisation et la fin de la corruption étatique.

Oui, « les idées libérales ne sont pas une dogmatique. Ce sont, pour l’essentiel, la pragmatisme, le refus de l’utopie, la défense de la personne, le souci de l’autonomie de la société, l’exigence d’un Etat de droit, la reconnaissance du bien qu’incarne la société de l’échange ». Non, l’Etat n’est pas là pour « protéger contre les effets de la mondialisation ». C’est la mondialisation qui doit protéger contre les effets de l’Etat. Oui, le libéralisme c’est la société civile mais pas seulement les associations et les comités de quartiers et encore moins les syndicats (surtout les syndicats français). Le libéralisme s’appuie surtout sur les think tanks indépendants et les individus et non pas sur les organismes corporatistes. De même, on peut très bien reconnaître que l’Etat a échoué dans ses politiques d’éducation, d’intégration ou de lutte contre le chômage et ouvrir ces secteurs à la concurrence serait la solution. Comprendre que ce n’est pas le marché qui est défaillant mais bel et bien l’Etat serait un énorme pas en avant pour nos socialistes. Et la meilleure chose à faire pour se convertir aux idées libérales est de s’inspirer des métamorphoses acceptées par les socialistes britanniques, allemands ou suédois. Le libéralisme peut très bien sauver la gauche mais pas forcément ses intellectuels.

Date d'insertion: Vendredi, 11 Avril 2008 16:23

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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