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Urgence Retraites. Petit traité de réanimation
Faut-il encore le rappeler ? Oui, car la situation est vraiment calamiteuse et parce que nos politiques n’en prennent toujours pas la mesure. Notre système de retraite est à bout de souffle et il faut le réformer, c’est ce que décrit Jacques Bichot.
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Couverture du livre Urgence Retraites. Petit traité de réanimation
Catégorie: Année 2008
Editeur: Seuil
Année: 2008
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Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

Economiste et professeur à l’Université Lyon 3, Jacques Bichot est un fin analyste de nos dépenses publiques en général et des retraites en particulier. Son travail n’est celui d’un simple théoricien mais d’un expert comptable doublé d’un enquêteur. Car le monde des retraites en France est aussi vaste qu’inégal et une incursion minutieuse demande des connaissances très approfondies.

C'est le Livre Blanc de Michel Rocard qui, en 1991, a vraiment lancé le débat sur la réforme des retraites. Compte tenu de l'évolution démographique, le problème était bien connu depuis les années 1980. Les 17 rapports officiels suivants et la dizaine de livres parus sur le sujet l’ont tous confirmé: le vieillissement de la population exige une réforme de nos systèmes de retraite. Ni la baisse du chômage, ni la croissance, ni la natalité, ni l’immigration ne peuvent résoudre ce problème. Ayant fait le même constat, les pays européens, de la Suède à l’Italie, ont déjà réformé leurs régimes publics et privés de retraite.

La réforme Balladur, qui ne concernait que le régime général des salariés du secteur privé et les régimes assimilés, comprenait toute une série de mesures. Contrairement à ce qui avait été mis en avant, la mesure phare, l’allongement progressif de la durée de cotisation de 37,5 années à 40 années, n’était pas la plus efficace. Le COR estime que de 1993 à 2010 elle ne contribuera que pour 6% aux économies réalisées. Les paramètres les plus importants sont la prise en compte des 25 meilleures années (au lieu de 10) et leur indexation sur le coût de la vie (au lieu des salaires).

Prévoyant que les régimes complémentaires allaient connaître également des déficits, les partenaires sociaux ont ensuite négocié leurs réformes en 1994 et 1996. Assumant leurs responsabilités, syndicats et patronat ont accepté des hausses partagées de cotisation et une baisse du niveau des retraites.

Grâce à ces différentes mesures, la situation financière des régimes du secteur privé s'est sensiblement améliorée. Le rapport du COR 2001 avait estimé que le taux de remplacement des nouvelles retraites baisserait de 12 points en moyenne entre 1994 et 2010. Les nouveaux retraités l'ont effectivement constaté, le niveau de leurs retraites a baissé par rapport à leurs prévisions, et il s'est dégradé par rapport à celui, inchangé, du secteur public.

Les effets de la réforme de 1993 étant pratiquement tous en place, on constate que les fonctionnaires bénéficient d’une palette impressionnante de privilèges par rapport au privé :

Montant de retraite, durée de cotisation, taux de cotisation salarié, taux de cotisation employeur, indexation des retraites, taux de remplacement, base de calcul, capitalisation PREFON, réversion, cumul emploi/retraite, décote par année manquante, âge de départ, espérance de vie, avantage pour les mères de 3 enfants, dérogations pour départ à 50 et 55 ans, prise en compte des études faites après concours d’entrée, prise en compte d’enfants nés avant l’entrée dans la fonction publique.

L’importance de ces avantages, leur valeur relative vis-à-vis des quelques cas où le régime privé est plus avantageux, donnent lieu à des controverses infinies. Heureusement, il existe une mesure objective et incontestable : combien ça coûte. Le taux de cotisation retraite des employeurs du privé est de 15 %, celui de l'Etat pour ses fonctionnaires civils de 45 % et continuera d’augmenter de 1 point par an jusqu’en 2030. Cet écart de 30 % donne la mesure exacte des avantages connus et inconnus dont bénéficient les fonctionnaires d'Etat. Il est juste de considérer que ces 30 % correspondent au déficit actuel, caché, du régime de retraite des fonctionnaires d'Etat. En 2003, cet avantage correspondait à 17 milliards d’euros, soit un tiers du montant de l’impôt sur le revenu.

Pour l'égalité, on verra plus tard, comme pour la réforme des régimes de retraite « très spéciaux » faite en novembre dernier par le ministre Xavier Bertrand. Il faudra trouver 18 Mds d’euros pour la RATP, 57 Mds pour la Poste, 70 Mds pour la SNCF afin de couvrir leurs retraites. On peut parier que de nouvelles « soultes » devront être trouvées pour ces entreprises comme ce fut le cas pour EDF et ses 50 Mds d’euros. Par « soulte » il faut comprendre argent payé par les contribuables et les consommateurs. Il conviendrait donc de réformer tous ces régimes et de les aligner sur celui du privé. A eux seuls, les régimes spéciaux coûtent à l’Etat (aux contribuables) environ 12 Mds d’euros par an ; à elle seule, la SNCF a des engagements de retraites non provisionnés qui s’élèvent à 100 Mds d’euros. Dans ces conditions, est-il normal que 15 % des salariés de la SNCF prennent leur retraite à 50 ans et 75 % à 55 ans ? Et dans de meilleures conditions que ceux du privé : la pension moyenne servie aux 168 132 cheminots retraités (droits directs) est de 1620 € par mois. Dans le secteur privé, la retraite moyenne d’une personne ayant eu une carrière complète est de 1465 €. Les syndicats n'avaient aucune raison de bloquer ce pays et encore moins de ne pas accepter une réforme annoncée.

Après avoir mené à bien cette réforme il faudrait s’attaquer aussi au privé en introduisant une dose de capitalisation. Nous sommes probablement le seul pays membre de l’OCDE à ne pas avoir de vrais fonds pension qui inciteraient à cotiser (entre 15 et 25 %) pour un compte privé de retraite.

Les retraites des fonctionnaires et des agents des services publics ? Rien à voir avec celles du privé. Comme dans les pays communistes, à force de rechercher l’égalitarisme, certains sont devenus « plus égaux que d’autres »… Il y a effectivement urgence !

 

Date d'insertion: Vendredi, 18 Avril 2008 16:30

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