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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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Schizophrénies françaises
Le professeur Ezra Suleiman nous offre un essai (Schizophrénies françaises, Grasset, 2008) ironique, drôle et surtout délicieux sur la France.
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Couverture du livre Schizophrénies françaises
Catégorie: Année 2008
Auteur: Ezra Suleiman
Editeur: Grasset
Année: 2008
Visites: 3945
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MauvaisExcellent 
Commentaire
Ecrit par Bogdan Calinescu

On ne compte plus les livres, les études, les rapports et les articles sur les caractéristiques de la France. Même inégaux, la plupart donne un portrait sans complaisance d’un pays irréformable, imbu de lui-même et incapable d’accepter les moindres critiques. L’essai d’Ezra Suleiman, professeur à l’université de Princeton, rappelle avec talent toutes les tares - qu’il appelle schizophrénies – d’un pays (encore) à la dérive. Il a vécu pendant des années ici et continue à venir régulièrement, il parle parfaitement notre langue et en connaît à merveille la culture.

C’est lorsqu’il avait 25 ans qu’il a commencé à saisir la « clé) du pays. En travaillant sur le système bureaucratique français, il avait besoin de rencontrer différents responsables de l’administration. Suite aux recommandations d’une personne bien placée, il a pu accéder sans problème aux bureaux les plus fermés des hauts fonctionnaires. En voyant leurs réactions et leur amabilité en entendant le nom « passe-partout », Suleiman réalise déjà que dans ce pays les relations comptent et qu’il vaut mieux avoir un poste de prestige pour pouvoir accéder à l’information. Etre Secrétaire général de l’Elysée – car c’est ce contact qui lui ouvrait les portes – signifiait plus qu’être le Président de la République. C’était avoir le Bottin administratif à ses pieds.

Un autre événement qui l’a rapproché de la France mais aussi qui lui a montré son vrai visage fût sa responsabilité au sein d’un organisme en charge de mettre en relation ses « leaders d’opinion » avec ceux des Etats-Unis. Tout de suite, Suleiman remarque lors des réunions organisés à Paris que 99% des « leaders d’opinion » français étaient énarques et, pour la grande majorité d’entre eux, inspecteurs des finances.

L’auteur a compris que la France était ce que Tocqueville avait auparavant qualifié d’« effrayant spectacle » son attrait pour les « théories générales » et « le mépris de faits ». Rien de plus vrai que cette attirance irrésistible pour l’idéologie. Une façon de suivre la mode, de profiter d’un certain confort intellectuel et de la paresse, de ne pas avoir à chercher plus d’explications aux événements qui façonnent notre quotidien.

Pour un non-Français, Suleiman n’a pas eu beaucoup de mal à garder son indépendance mais il a pu vérifier « sur place » que les Français en général, s’ils voulaient faire une carrière importante, devaient abandonner toute illusion de neutralité idéologique. Aimer l’Etat et son administration sont, bien entendu, les premières obligations afin de réussir. Car ici, contrairement aux Etats-Unis, réussir veut dire avoir une carrière dans l’administration ou à l’intérieur du monde politique. Les entrepreneurs n’ont pas le même aura que les inspecteurs des finances.

La France n’est pas du tout le pays cartésien qu’on croit. Il est dirigé par des principes et son ennemi est le pragmatisme. Il faut dépenser l’argent public pour redistribuer les richesses, les autres solutions afin de redresser l’économie du pays ne valent pas d’être étudiées. « Ce qui a donné naissance à ce livre est probablement ma peur de voir un pays pour lequel j’ai toujours été optimiste, du fait de ses réussites dans des domaines aussi divers que la culture, l’industrie, la science, ne plus pouvoir tenir le rythme de la concurrence dans un monde qui évolue beaucoup plus rapidement que les Français ne veulent l’admettre… », écrit Suleiman.

En effet, la France a du mal à reconnaître qu’il faut évoluer avec son temps, elle s’enferme dans ses certitudes. C’est aussi parce qu’elle a créé un énorme fromage dont tout le monde se nourrit. Elle condamne les lobbies et pourtant elle est devenue un pays de lobbies. Mais des lobbies de l’Etat en connivence avec une partie du secteur privé.

Le pays de l’égalité est en fait celui des élites d’Etat et…à vie. Et le pays de la fraternité est en réalité terriblement égoïste à l’égard de ceux qui ne sont pas dans le système. La France se veut le pays de la culture et de la liberté. En fait, elle a créé une culture d’Etat subventionnée et n’a aucun souci pour la (vraie) société civile. Ses Universités sont délabrées alors qu’elle continue à clamer « l’Education pour tous », le système de recherche est ankylosé et bureaucratisé alors que le pays aime se vanter à l’étranger.

Un dernier chapitre est consacré par Ezra Suleiman à l’anti-américanisme. Américain de « gauche », donc Démocrate, Suleiman n’était pas forcément pour l’invasion de l’Irak en 2003. Néanmoins, il a été choqué par les suffisances et les protestations hystériques françaises à cette guerre sans que d’autres solutions soient proposées. Aujourd’hui, alors que l’Irak semble bien sur la voie de la prospérité économie et de la démocratie, à quoi ont bien pu servir toutes ces agitations ?

« Dans les affaires intérieures comme extérieures, c’est de réalité et de pragmatisme qu’a besoin la France ». On ne saurait pas mieux dire.

Date d'insertion: Vendredi, 21 Novembre 2008 22:27

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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