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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Prof Jiri Schwarz PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Lundi, 04 Février 2013 17:32

LES "INCITATIONS A L'INVESTISSEMENT"

Le Professeur Jiri Schwarz de l'Université de Prague s'attaque ici à la mode des "incitations à l'investissement" que nos hommes politiques nous servent régulièrement au prétexte du développement local. 

Les incitations à l’investissement sont très à la mode chez les politiciens. Elles leur permettent de montrer qu’ils font « quelque chose » pour le développement local.

Les incitations à l’investissement sont des soutiens sélectifs aux investisseurs : des réductions ou exemptions d’impôts, des subventions à la création d’emploi, à la formation etc. En République tchèque, le cas typique est sans doute Skoda. La position de l’Union Européenne est ambiguë. D’un côté elle ne soutient pas clairement les incitations à l’investissement parce qu’elle les définit comme une menace au fonctionnement naturel des marchés intérieurs. La discrimination entre subventionnés et non-subventionnés génère une distorsion sur le marché. D’un autre côté le traité européen est compatible avec ce genre de pratiques puisqu’il stipule qu’on peut les octroyer sous des circonstances exceptionnelles. Mais ces dernières ont été vite remplacées par des circonstances « évidentes ». Nous voilà donc dans le pragmatisme le plus pur.

L’approche sélective entre grandes régions européennes est fondée sur les différences de PIB par tête, permettant donc des niveaux différents d’aide publique : celle-ci peut atteindre 50% de l’incitation « totale » en Slovaquie, Pologne ou Hongrie, mais plus que 40% en République Tchèque. En Allemagne ou en Autriche le niveau est de 30%. Cela introduit donc un biais dans la concurrence entre pays qui veulent attirer les investisseurs étrangers.

Mais ces incitations à l’investissement peuvent-elles soutenir la croissance, créer des emplois, éliminer les différences entre régions riches et pauvres, et renforcer la concurrence ? Comme Frédéric Bastiat l’a bien montré, il faut prendre en compte « ce qu’on ne voit pas » derrière ces politiques « faciles ». C’est ce que mon équipe a tenté de faire dans une étude.

Alors que le « rendement social » de ces incitations est supposé être le plus important dans les régions avec les PIB par tête les plus bas, l’aide n’est en réalité pas distribuée dans les zones les plus pauvres. Alors qu’il est supposé que l’incitation à l’investissement accélère la croissance des régions pauvres, il n’en est rien en réalité. Les comparaisons des taux de croissance trois ans avant et trois après l’aide ne divergent quasiment pas.

De même l’effet sur la création d’emploi est nul. En République Tchèque l’aide par emploi est de 50.000 € par emploi en moyenne, soit 6 ans d’un salaire moyen ! Un exemple incroyable a été celui de l’aide à la création d’emploi chez Continental, le fabricant de pneus : 536.000 € par emploi cadre, soit 65 ans d’un salaire moyen !

Ces mesures ont des effets sur les flux de main d’œuvre : comme les cadres sont mieux payés dans les entreprises aidées, il commence à manquer de cadres dans les PME. Par ailleurs, les emplois « aidés » attirent les travailleurs étrangers : les Tchèques payent donc des impôts pour financer des créations d’emplois qui bénéficieront à des Polonais par exemple.

En conclusion les effets d’entraînement sont largement surestimés puisqu’ils n’intègrent pas les coûts fiscaux répartis sur toute l’économie. Pourquoi cette vérité n’émerge-t-elle pas ? C’est que bureaucrates et consultants en font leur beurre.

La compétitivité d’un pays ne repose pas sur les aides à l’investissement mais sur la stabilité politique, le respect du droit, une fiscalité faible, une infrastructure correcte, et sur un bon niveau d’éducation.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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