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PIERRE JOSEPH PROUDHON (1809-1865) PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Vendredi, 04 Mars 2011 01:00

La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

 

C’est en ces termes et en toute humilité que Proudhon a commenté le slogan qu’il avait inventé, mais dont on sait maintenant qu’il n’était qu’un slogan. En effet, pour qu’il y ait vol, il faut qu’il y ait propriété. Mais peu importe : le slogan a fait passer Proudhon pour l’un des maîtres à penser du socialisme français. Son amitié étroite avec Karl Marx renforce cette réputation, en dépit de la brouille qui séparera définitivement les deux hommes en 1846 (quand Marx parlera de « misère de la philosophie » à propos de l’ouvrage de Proudhon « Philosophie de la misère ». Marx n’aura qu’aversion pour le socialisme français, purement animé par de bons sentiments, et ignorant de la science économique.

La propriété c’est la liberté

D’ailleurs, il est difficile de voir ce qu’il y a de socialiste chez Proudhon, en dehors de son ardeur révolutionnaire. Car dans sa « Théorie de la propriété » il s’explique sur le « vol ». Son slogan signifiait en fait que la classe des propriétaires du capital financier se rend coupable de l’exploitation des artisans, des paysans et des ouvriers. Mais il rejoint Bastiat sur les liens entre liberté et propriété. Voilà bien un autre paradoxe : Proudhon n’a cessé de croiser le fer avec Bastiat, notamment dans les colonnes de la Voix du Peuple. Il ira finalement jusqu’à écrire en 1865 « La propriété moderne est le triomphe de la liberté ». La propriété est le fruit légitime du travail. Ce n’est pas la propriété, mais la concentration de la propriété entre les mains d’un petit nombre de capitalistes qu’il faut condamner. L’héritage, qu’il avait dénoncé dans un premier temps comme un facteur d’inégalités choquantes, trouve finalement grâce à ses yeux : il est juste qu’un homme laisse quelque chose à ses enfants.

La justice sociale

En réalité, le fil conducteur de Proudhon, c’est la justice, et c’est la révolution. La justice n’est pas satisfaite quand la propriété, est accaparée par quelques-uns, qui en tirent des profits anormaux. Proudhon invente sinon l’expression du moins le concept de justice sociale : la propriété doit être répartie entre tous les travailleurs, et cette diffusion serait possible sans les manœuvres de la classe bourgeoise dirigeantes, qui monopolise la richesse. Comment cette captation est-elle possible ? Parce que les « possédants » bénéficient de la complicité du pouvoir politique : c’est donc une révolution qui doit abattre le pouvoir – ce qui classe Proudhon parmi les théoriciens de l’anarchisme.

L’anarchie n’est pas le terrorisme, et la révolution que Proudhon souhaite n’est pas faite de violence. Très vite Proudhon se séparera (au cours de la première internationale) des anarchistes de Bakounine qui prônent « l’action directe ».

Autogestion et fédéralisme

L’anarchisme c’est le rejet de l’Etat, le rejet de l’impôt, mais c’est aussi le rejet de la propriété collective. Si les terres sont la propriété de l’Etat, le paysan ne sera plus qu’un esclave. « Communistes de toutes sortes, vous m’êtes une puanteur !».

Alors, où est la solution ? Quelle société peut-on édifier sur les ruines du capitalisme ?

Proudhon croit à la constitution de coopératives et de mutuelles, fondées librement par les ouvriers. D’ailleurs les premières coopératives ouvrières de production apparaissent déjà dans la région de Besançon dont Proudhon est originaire. C’est un réseau de « contrats sociaux » qui peut relier de petits groupes autonomes qui vont se fédérer pour mener ensemble des œuvres nécessaires à la communauté. L’Etat n’y a pas sa place. Ainsi Proudhon a-t-il certainement inspiré les doctrines auto-gestionnaires qui ont eu leur heure de gloire en France dans les années 1960, en réaction aux projets de planification centrale en honneur chez les communistes et les socialistes (la Yougoslavie paraissant alors pour un « modèle » opposé au modèle soviétique). Marx a eu raison au moins sur deux points. D’une part la société de Proudhon relève de l’utopie. D’autre part Proudhon n’était pas économiste. Il n’a jamais compris le mécanisme du marché ni du crédit ni de l’entreprise capitaliste ni du libre échange. Comme Bastiat et beaucoup de gens à son époque il opposait « économistes » et « socialistes ». Lui ne se situait pas dans le camp des économistes. Mais cet anti-étatiste était-il pour autant socialiste ?

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

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