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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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L'Abécédaire...

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Terme Définition
ETALON OR

Etalon or ou "Gold Standard" : Système monétaire qui a fonctionné essentiellement au XlXe et au début du XXe siècle, dans lequel chaque monnaie nationale se définit par un poids d’or, de sorte que leur valeur respective (parité) est proportionnelle aux poids d’or – les parités sont fixes.

COMMENTAIRE Dans ce système, les déficits ou les excédents extérieurs (résultant essentiellement des exportations et des importations) ne peuvent être réglés que par des moyens de paiement et de crédit privés (lettres de change) ou par la remise d'or en pièces ou en lingots. L'or est la liquidité internationale par excellence, et par conséquent les réserves officielles des diverses banques centrales ne sont composées que d'or. Ce système a disparu dès la conférence de Gênes (1922), puis avec le système de Bretton-Woods (Gold Exchange Standard), lorsque l'on a autorisé les pays à détenir également des devises en réserve et à se servir de ces devises comme monnaie internationale. Les détracteurs de ce système font observer que la quantité d'or existant dans le monde ne suffirait pas pour financer les échanges internationaux (ou leurs soldes) et qu'il faudrait en conséquence modifier souvent le prix de l'or pour en avoir assez pour les échanges mondiaux. En outre, la qualité des pays qui possèdent les principales mines d'or (Afrique du Sud et URSS) inquiète, à des titres divers, ces détracteurs. Cependant, il faut bien se rendre compte que le système d'étalon or est fondamentalement rejeté parce qu'il implique le respect de certaines disciplines fondamentales. C'est ainsi qu'une hausse des prix intérieurs va entraîner une sortie d'or vers les autres pays et donc une contraction monétaire dans le pays inflationniste; cette restriction de la quantité intérieure de monnaie va stabiliser progressivement les prix en imposant des sacrifices aux entreprises et aux ménages nationaux. L'abandon de l'étalon or au profit d'autres systèmes monétaires ne peut faire oublier que la nécessité de respecter certaines disciplines existe indépendamment du système monétaire : aucun pays ne peut vivre ou progresser durablement dans la fuite en avant que constitue l'inflation ; la rigueur de l'étalon or, c'était l'automatisme de ses mécanismes :aucun déséquilibre durable n'était possible. Désormais, avec les changes flottants, c'est chaque pays qui devient responsable de ses déséquilibres et qui doit prendre la décision de respecter les équilibres fondamentaux ; c'est sans doute plus difficile que de laisser fonctionner les automatismes de l'étalon or. Ici deux thèses s'affrontent: ou bien le retour à l'étalon-or impose une discipline acceptée par tous les pays, ou bien la concurrence monétaire se chargera, à elle seule, de sanctionner les monnaies faibles. Cette dernière perspective est sans doute plus réaliste.

ETAT

L’Etat n’est pas une entité organique, mais un ensemble d’individus cherchant en apparence un intérêt « général », mais en réalité à satisfaire leur intérêt personnel. L’Etat repose sur un mode d’organisation particulier de la coercition légitime. C’est un monopole territorial et politique de la violence. On distingue généralement l’Etat protecteur des droits individuels, de l’Etat interventionniste. Ce dernier emploie la coercition pour imposer des objectifs qui dépassent sa mission de protection.

ETHIQUE

(du grec ethikos = qui concerne les moeurs) : c'est la discipline philosophique qui émet des jugements d'appréciation sur les comportements et les phénomènes humains en fonction du bien et du mal.

EURO

Monnaie unique imposée aux consommateurs européens, tout en leur laissant croire que son instauration est le résultat de leur choix, qui présente tous les inconvénients des monopoles publics.

EUROPE

La construction européenne est née sous le signe du dirigisme, avec la Communauté Européenne Charbon Acier. L'Europe des Six, puis l'Europe des Douze, créées par le Traîté de Rome en 1958, ont hésité entre dirigisme et libre-échange. La CEE a pris une orientation nouvelle avec l'Acte Unique signé en 1985 et ratifié en 1986, et l'Europe peut devenir un espace de libre-échange, un Grand Marché qui permettrait aux Européens de bénéficier d'une concurrence accrue, et généralisée. Mais les traités de Maastrich (1992) et Amsterdam (1995) semblent avoir à nouveau infléchi l’Europe vers le centralisation politique : nouveaux pouvoirs au parlement, chargé de contrôler la commission, politiques européennes de défense collective, de commerce mondial, charte sociale européenne, Euro. Toutefois, les détails d’une constitution européenne sont loin d’être arrêtés. C’est que l'affaire européenne a rebondi avec les événements en Europe de l'Est, et la réunification économique de l'Allemagne. L'irruption de ces nouveaux pays renforce-t-elle la thèse des Etats-Unis d'Europe ou plaide-t-elle en faveur d'un simple élargissement du marché européen ? Il est certain qu'à l'heure de la mondialisation des échanges, une Europe très structurée n'a aucun sens, et ne peut prétendre s'isoler du reste du monde. D'autre part, l'unification politique de l'Europe se heurte à de vives résistances, et le principe de la souveraineté nationale est encore très âprement défendu, en particulier par les Anglais. Il est sans doute plus facile de rapprocher les Européens entre eux en leur permettant de commercer, de circuler, que de les rassembler sous une bannière unique. L'harmonisation européenne se fera plus facilement par le bas, avec une communauté de vie et d'intérêt des Européens, que par le haut, par entente entre les Etats européens. L'Europe économique marchande a plus d'avenir que l'Europe politique à économie dirigée. Culture et économie sont sans doute des liens plus puissants que les arrangements constitutionnels et politiques.

EVOLUTIONNISME

Philosophies ou théories fondées sur l’idée que le changement se fait sans rupture, à partir d’une série de transformations et de sélections graduelles.

La théorie de l’évolution culturelle de F. HAYEK constitue un exemple d’évolutionnisme visant à expliquer la dynamique des institutions.

EXPLOITATION

C'est l'action d'exploiter qui vise à mettre en valeur une ressource en vue d'un profit (par exemple, l'exploitation d'une mine, d'un fonds de commerce ou d’une idée originale). Selon le marxisme, l'exploitation est un terme péjoratif, qui correspond à l'emploi abusif des travailleurs par les capitalistes (propriétaires des moyens de production), qui s’approprieraient la plus-value produite grâce aux travailleurs-prolétaires.

EXPORTATIONS

Flux de biens et services qui, dans le cadre des échanges internationaux, sortent du territoire d'origine.

EXTERNALITES

Effets bénéfiques ou nuisibles de l'activité d'un agent économique pour d'autres agents économiques, et indépendants de son intention propre. On parle aussi d'économies externes (pour les avantages nés de la sorte) ou de déséconomies externes (pour les inconvénients).

Par exemple, qu'une entreprise installée dans une région isolée des principales voies de communication, pourra recueillir un avantage , si les pouvoirs publics installent à proximité des moyens de transport plus rapides : c'est une économie externe. A l'inverse, l'entreprise peut subir une déséconomie externe, si on ferme des voies de communication ou si on prend des réglementations restrictives, par exemple pour l'extension de ses locaux. Une entreprise peut, à son tour, engendrer des externalités. Par exemple, si une grande entreprise s'installe dans une région où elle distribue d'importants revenus, elle crée des économies externes pour les commerçants de la région. A l'inverse, si elle produit en rejetant des déchets dans l'atmosphère ou dans une rivière, elle crée une pollution qui constitue une déséconomie externe. Ce problème n'est pas nouveau pour l'analyse économique. Il faut amener les agents économiques à économiser les facteurs rares. Il ne le font systématiquement que si ces facteurs sont la propriété d'un agent identifié. A l'inverse, ce qui est à tout le monde n'est à personne, et on peut le dégrader et le gaspiller sans sanction apparente. Les externalités sont donc liées à un manque d'information : on ne sait pas imputer la conséquence d'une décision à quelqu'un de précis. Inversement, chaque fois que l'on a la possibilité d'identifier le bénéficiaire ou la victime d'une décision, l'"internalisation" est possible. C'est ainsi que l'on peut réduire les pollutions en faisant payer les pollueurs. Il ne faut pas imaginer cependant que l'on réduira ainsi à zéro les dégradations d'environnement ; c'est un simple problème d'affectation des ressources rares : il y a un choix à faire entre l'utilité des sommes dépensées pour protéger l'environnement et la désutilité de ne pas avoir utilisé ces sommes à d'autres fins. Cela signifie qu'en internalisant ces dégradations externes, on réduira la pollution au minimum acceptable, compte tenu des autres choix économiques fondamentaux. A la limite, une entreprise qui devrait consacrer tous ses revenus à la protection de l'environnement renoncerait à produire des biens, pénalisant ainsi le consommateur.

FACTEURS DE PRODUCTION

Moyens de production, que l'on combine pour obtenir des biens ou des services.

COMMENTAIRE Pendant longtemps, on a considéré trois facteurs de production: - les ressources naturelles (surtout la terre), - le travail, - le capital. En réalité, cette liste a été progressivement modifiée sur deux points: - les ressources naturelles ont été analysées comme étant un élément du capital; elles jouent un rôle identique à celui-ci ; la place désormais plus faible de l'agriculture ne justifie plus un traitement spécifique; - un nouveau facteur de production a progressivement été dégagé ; l'entreprise, art d'affecter et de combiner les deux autres (travail et capital). L'analyse de la croissance économique montre en effet que le travail et le capital ne peuvent à eux seuls tout expliquer. Désormais, on retient donc en général trois facteurs de production, donnant chacun droit une rémunération spécifique: - le travail, qui fournit un revenu fixe et contractuel, le salaire; - le capital, qui fournit un revenu également fixe et contractuel, l'intérêt; - l'entreprise enfin, qui donne droit à un revenu résiduel (ce qui reste lorsqu'on a rémunéré les autres facteurs), variable et aléatoire : le profit.

FEDERALISME

Principe suivant lequel l'autorité est conçue de façon que l'association se substitue à la contrainte et à la coercition. L'idée fédérale procède du traité (foedus), de l'accord entre les individus ou les groupes d'individus créant ainsi un ordre fondé sur la négociation. Dans le domaine politique, l'Etat fédéral permet de réaliser une solidarité entre les Etats membres tout en préservant leur diversité. Une Constitution (dont le respect est assuré généralement par une Cour Suprême) spécifie explicitement la division des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les Etats membres.

FISCALITE

Ensemble des lois et pratiques relatives à l'impôt.

COMMENTAIRE En France, la fiscalité est largement centralisée, c'est-à-dire qu'elle concerne essentiellement les recettes de l'Etat (celles des collectivités locales sont plus faibles).La fiscalité française est surtout une fiscalité indirecte. L’essentiel des recettes vient de la TVA, de la taxe sur les produits pétroliers, des droits d’enregistrement et de timbre. Le propre des impôts indirects est d’être indolores : le contribuable les paie sans le savoir puisqu’ils sont intégrés dans le prix. Par comparaison en France les impôts directs sur les revenus (IRPP) sont moins lourds en volume global, mais comme seule une moitié de contribuable les paye, et comme ils sont très progressifs (avec une tranche supérieure à 56%) ceux qui payent comprennent leur douleur. Un changement important est intervenu avec la CSG, impôt « provisoire » destiné à équilibrer les comptes des organismes sociaux et la RDS (remboursement de la dette sociale). A la différence de l’IRPP tous les contribuables payeur, et de façon proportionnelle aux revenus. Les taux de ces impôts n’ont cessé de monter, et les Français commencent à trouver l’addition salée. Cela permettrait-il de réagir contre le poids de l’impôt en France ? Quelque soit ce poids, il est important de noter que la fiscalité ne donne qu'une indication très partielle de l'intervention étatique dans les revenus; en effet, il faut aussi tenir compte de la parafiscalité (cotisations sociales); celle-ci est en France très importante et le total des impôts et cotisations sociales représente plus de 56 % du revenu national. C'est l'un des taux les plus élevés du monde, proche de celui des pays du nord de l'Europe. Or, au-delà d'un certain niveau de transfert, on peut considérer que c'est l'efficacité même du système économique qui est atteinte ; l'exemple anglais, surtout à l'époque des travaillistes, est sur ce point très probant. Le seuil limite de l'impôt a été dépassé dans plusieurs pays et cela se paye en stagnation et en chômage.

FLUIDITE

La fluidité représente l'une des conditions de la concurrence, sans doute la plus importante. Elle exprime en effet la possibilité d'entrer ou de sortir du marché c'est-à-dire en fait la possibilité de faire mieux qu'un concurrent ou au contraire d'être sanctionné, si l'on est inefficace : la fluidité a le mérite d'insister sur l'un des aspects essentiels de la concurrence, qui est la contestation permanente des positions acquises.

COMMENTAIRE Nombreuses sont alors les entreprises qui veulent se préserver des rigueurs de la concurrence en limitant la fluidité des marchés ; c'est le cas par exemple lorsqu'elles réclament des protections douanières, aux frontières, pour que des produits de prix inférieurs n'entrent pas sur le marché. Plus généralement, c'est le cas des professions fermées, qui refusent la contestation de nouveaux concurrents en réclamant d'importantes barrières à l'entrée dans la profession ; c'est le cas aussi de protections abusives contre les sanctions du marché. Au contraire, la fluidité implique qu'une entreprise qui n'est plus rentable, de façon durable, qui n'a pas fait l'effort de s'adapter, disparaisse du marché ; d'ailleurs, du point de vue de l'efficacité sociale, une firme en déficit gaspille des facteurs de production, puisqu'elle réalise une combinaison productive moins efficace que les autres. Cependant, ici encore, les entreprises peuvent essayer de rejeter la rigueur de ce mécanisme en réclamant des subventions des pouvoirs publics (donc des contribuables), bien qu'elles fabriquent un produit dont le consommateur ne veut plus à ce prix. Naturellement, cette mobilité des entreprises (entrée ou sortie du marché) implique une certaine mobilité des facteurs de production (travail et capital).

FMI

Crée par les accords de Bretton Woods de 1944, le Fond Monétaire International est une institution internationale financée par ses Etats membres et dont le rôle principal est de fournir des crédits aux pays traversant des difficultés financières. Pour obtenir l’aide du FMI, les nations concernées doivent promettre de respecter un certain nombre de mesures de politique économique, largement contestées à l’heure actuelle, les gouvernements se servant du FMI comme d’un Bouc émissaire. Mais le FMI présente tous les inconvénients des organismes étatiques et bureaucratiques.

G8

Groupe des sept pays dont les monnaies sont les plus utilisées dans les transactions internationales (Etats-Unis, Canada, France, Angleterre, Allemagne, Italie, Japon) auquel on a adjoint depuis 1995 la Russie, bien que le rouble soit une piètre monnaie. Ce groupe se veut le conseiller économique et monétaire du monde entier. Dans le cadre du G7 des rencontres régulières sont organisées, notamment entre les ministres de l'économie et des finances, pour faire le point sur la situation économique et monétaire mondiale. Il y a toujours une certaine ambiguïté dans ce type de rencontre, lorsque les pays prétendent ainsi réguler l'économie internationale : on y trouve les mêmes illusions qu'au niveau national et notamment la croyance dans les vertus des politiques conjoncturelles et, ici, de leur coordination internationale. Mais, dans le cas du G7, l'accent est mis en général sur les questions monétaires. C'est le G7 qui a mis au point les grands accords destinés à empêcher, suivant les cas, le dollar de monter ou de baisser, ou encore qui s'est inquiété de la hausse du mark ou de la baisse du yen, ainsi que des excédents commerciaux des uns et des déficits des autres. Là encore, on retrouve toutes les illusions (par exemple avec les accords du Louvre) concernant les taux de change et notamment l'idée qu'il existe un "bon" prix du dollar (différent de celui que donnerait le marché) et qu'il faut, par des interventions des banques centrales, stabiliser les monnaies autour des parités ainsi définies. Ce type de politique est à l'origine de nombreux déséquilibres monétaires et financiers dans le monde, avec de faux prix de la monnaie, des créations de monnaie excessives uniquement dans le but de maintenir des parités artificielles et finalement un encouragement à la spéculation que l'on prétend dénoncer, puisque la définition (plus ou moins secrète) d'une parité monétaire pousse les opérateurs à intervenir jusqu'à ce qu'elle cède. La coordination internationale est en effet nécessaire, mais elle ne se fait pas entre des gouvernements, par des interventions : il n'y a qu'un mécanisme de coordination, y compris au niveau international : le marché. La liberté des changes, les taux de changes flottants, la liberté du commerce sont les meilleurs régulateurs qui puissent exister. Le reste représente des interventions étatiques par nature déséquilibrantes. Le passage du G7 au G8 n’a d’autre signification que politique : on a voulu ménager les Russes en les asseyant à la table des « grands ». cette évolution enlève encore de la crédibilité au groupe.

GAINS DE PRODUCTIVITE

La productivité, au sens le plus général du terme (V. ce mot), représente le rapport entre les résultats obtenus et les efforts qui ont été effectués pour y parvenir. Dans ces conditions, des gains de productivité peuvent traduire qu'à partir d'un effort moindre (en travail ou en capital, par exemple) on peut obtenir le même résultat (produit), ou qu'à partir du même effort, on obtient un résultat supérieur (il y a là une partie des explications de la croissance économique).

COMMENTAIRE Le point important se situe au niveau de la répartition des gains de productivité entre partenaires économiques. D'abord, il doit être clair que l'on ne peut répartir que ce qui existe, et donc qu'une distribution de revenus, par exemple, supérieure aux gains de productivité, sera totalement illusoire et donc source de déséquilibre. De même, une hausse uniforme des revenus, dans tous les secteurs, alors que les gains de productivité sont très variables d'un secteur à l'autre, ne peut qu'aggraver les déséquilibres économiques. Les gains de productivité peuvent être distribués de deux façons :

  • soit à l'intérieur de l'entreprise, pour l'entreprise elle-même (autofinancement) ou pour ses facteurs de production (par exemple en augmentation de salaires pour le facteur travail ou d'intérêts pour les prêteurs ou de profits pour les entrepreneurs) ;

  • soit à l'extérieur de l'entreprise, sous forme de baisse de prix, bénéficiant ainsi à l'ensemble des consommateurs. Une situation de concurrence pousse les entreprises à ne pas négliger cette dernière solution.

En réalité, nous avons, particulièrement en France, une mentalité essentiellement de producteurs, ce qui se traduit ici par une priorité donnée à la distribution des gains de productivité à l'intérieur de l'entreprise. Dans une économie de marché dynamique, il serait grave de négliger le deuxième mode de distribution des gains de productivité, qui a l'avantage de se diffuser à l'ensemble du corps économique, bénéficiant ainsi à un plus grand nombre d'agents économiques. D’ailleurs la mondialisation, en rendant la concurrence plus aiguë, fera la part de plus en plus belle au client. Les producteurs pourront voir leur pouvoir d’achat amélioré mais pas par une hausse de leur revenu : par une baisse des prix de leurs consommations. Voilà pourquoi il serait injuste d’avoir coexistence de secteurs à faible et à forte concurrence. tous doivent accepter des sacrifices pour pouvoir tous bénéficier de la mondialisation.

GOLD EXCHANGE STANDARD

(Etalon de change or) Mode d'organisation du système monétaire international, qui a été notamment appliqué de 1944 (accords de Bretton Woods) à 1971. « La devise-or vaut l’or » : au lieu de se définir par un poids d’or les monnaies nationales sont définies par leur parité en une devise convertible en or.

COMMENTAIRE Ce système repose donc sur les caractéristiques suivantes : - dans les paiements internationaux, tous les pays acceptent non seulement l'or, mais aussi les devises convertibles en or: en fait, seul le dollar restera convertible jusqu'en 1971; - chaque monnaie nationale a une valeur officielle, définie par un rapport fixe au dollar, lui-même convertible à taux fixe en or (35 dollars pour une once d'or); - quand la valeur commerciale d'une monnaie (telle qu'elle apparaît dans la cote du marché des changes, par suite des mouvements d'offre et de demande de cette monnaie) tend à s'écarter de sa valeur officielle de plus de 1 %, la banque centrale du pays considéré doit intervenir pour ramener la valeur commerciale plus près de la valeur officielle. Par exemple, en cas de chute de sa monnaie, une banque centrale rachètera de sa propre monnaie pour soutenir son cours; pour cela il lui faudra puiser dans ses réserves en devises, qu'elle vendra contre sa propre monnaie;

Le système du GES a pris fin le 15 août 1971, jour ou le dollars n’a plus été convertible en or. Cette disparition était inévitable. Avec les modifications des flux des échanges internationaux, les changes fixes sont une fiction économique. La valeur d'une monnaie ne se fixe pas de façon administrative et bloquer les valeurs internationales des monnaies n'a guère plus de sens que bloquer administrativement les prix. De plus, ce système, qui semble tout d'abord ne pas pénaliser les abus d'émission monétaire des pays à devises-or (ici les USA), les encourage à la longue à l'indiscipline monétaire : les devises-or sont alors ruinées à leur tour.

GOUVERNANCE (DE SOCIETE)

Ensemble des moyens utilisés dans une entreprise instituée en société pour garantir les droits des actionnaires et rentabiliser leur placement.

La gouvernance de société est apparue avec l'agrandissement de la taille des firmes et la séparation apparente qui s'est faite entre la propriété de la société et le contrôle de la société. Ce phénomène a été mis en évidence pour la première fois par Berle et Means qui montraient dans les années trente que les actionnaires, propriétaires théoriques de la société, perdaient en fait tout contrôle sur les directeurs (managers, d'où l'expression "entreprise manageriale) : le pouvoir était tombé entre les mains des managers dont les intérêts pouvaient aller à l'encontre de ceux des actionnaires, en particulier à l'encontre de la maximisation des profits.

Cette vue pessimiste (qui inspira à Galbraith son ouvrage apocalyptique "Le Nouvel Etat Industriel" annonciateur de la chute du capitalisme) a été démentie par les faits, et plusieurs juristes et économistes, comme Henry MANNE ("Corporate Governance", 1975) ont démontré que si les actionnaires avaient perdu le contrôle juridique de la société, il leur restait encore un contrôle essentiel : le contrôle finncier, c'est à dire la possibilité de vendre les actions, dont de faire chuter leur valeur, et de fragiliser les dirigeants incompétents ou indélicats ou trop peu soucieux des actionnaires. Cette possibilité est d'autant plus grande que les actions de la société sont cotées en Bourse.

Ainsi est apparue peu à peu la "gouvernance", principe qui consiste à rendre le pouvoir aux actionnaires, à s'assurer de leur fidélité et, pour ce faire, à distribuer de gros dividendes, ce qui recentre l'entreprise sur des objectifs de rentabilité.

GREVE

Cessation concertée du travail opérée par des salariés en vue d’appuyer et d’atteindre un objet revendicatif, professionnel ou économique, auquel l’employeur refuserait de donner satisfaction. La grève est donc un moyen d’influence, qui peut parfois s’accompagner d’actions violentes, utilisé par les groupes de pression syndicaux pour généralement conserver des avantages acquis ou obtenir de nouveaux privilèges corporatistes.

GROUPES DE PRESSION

Association d’individus mus par un intérêt commun ( corporatiste, par exemple ) et qui dispose d’un pouvoir d’influence. Ce pouvoir d’influence qui s’exerce sur les décideurs publics est de trois principaux ordres : électoral, par l’apport direct des votes des membres et sympathisants du groupe de pression à certains candidats, financier, par le financement de campagnes électorales, et politique, par la création de maux sociaux.

GUERRE ECONOMIQUE

La guerre économique n’est pas la concurrence. La concurrence est une rivalité dynamique et pacifique, encadrée par des règles, entre des entreprises. La guerre économique est l’utilisation de moyens politiques (coercitifs) par différents Etats agissant les uns contre les autres, afin d’orienter artificiellement et arbitrairement les réseaux financiers et d’échanges, et ceci dans le but de satisfaire les demandes des groupements d’intérêt particulier, politiquement influents.

HARMONIE

Alors que les individus sont concurrents lorsqu’ils désirent tous un même bien rare, cette compatibilité des intérêts individuels devient une force au niveau économique. L’intérêt commun prééminent aboutit à la production en quantité du bien désiré. L’harmonie est le résultat involontaire d’actions humaines volontaires. De même, les individus s’aperçoivent qu’ils ont intérêt à obtenir un (des) bien(s) possédé(s) par autrui contre la cession d’un (de) bien(s) que lui-même possède. Cette harmonie des intérêts individuels aboutit à l’« harmonie sociale ».

Pour les économistes néoclassiques, la théorie de l’harmonie fait référence à la théorie économique selon laquelle le libre marché génère une satisfaction totale maximale pour la société en tant que tout.

HARMONISATION

Processus involontaire qui mène à l’harmonie des intérêts.

Entente internationale visant à élaborer des politiques (économiques, monétaires, fiscales , etc.) nationales non concurrentielles. Cette démarche cherche à atteindre un objectif commun, un « rapprochement économique », artificiel et constructiviste, des pays concernés.

HOLISME

(du grec holos = qui forme un tout) conception de la société qui fait que le tout domine les parties, qui ne sont alors que des composantes secondaires, soudées les unes aux autres, interdépendantes, subordonnées à une fin qui leur préexiste.

HOMO-ECONOMICUS

Représentation abstraite du sujet économique élaborée par les théoriciens néoclassiques. L’homo-economicus calcule rationnellement son intérêt, en vue de maximiser sa satisfaction économique sur le marché. L’homo-economicus est un être : -« intéressé » : son unique mobile d’action est l’intérêt personnel ; -« rationnel » : toutes ses décisions sont logiques et adaptées à leur but ; -« universel et atemporel » : son comportement ne dépend pas des données relatives à son environnement. La construction de l’homo-economicus participe de la volonté d’ériger artificiellement la discipline économique en une science « dure », alors que, dans la réalité, chaque être est différent.

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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