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FAUT-IL NATIONALISER L’ISLAM ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 25 Novembre 2004 01:00

Islam oblige, la question des religions et de la laïcité est décidemment au cœur des préoccupations des hommes politiques.

 Nous avons vu il y a quinze jours que Nicolas SARKOZY se préoccupait, à juste titre, du fait que des Etats étrangers finançaient la construction de mosquées en France. Mais nous avons vu également que la solution qu’il proposait (le financement par l’Etat français) n’apportait aucune amélioration : nationaliser une religion par un Etat étranger ou par l’Etat français ne change pas le fond du problème : on ne nationalise pas les consciences. Ce n’est pas aux Etats à construire des mosquées.

De même, nous avons pu contester en son temps deux autres mesures : l’organisation par l’Etat de l’Islam de France, qui a créé de toutes pièces des institutions communes aux différents courants islamiques, effectivement incapables de s’organiser et de se doter d’une structure hiérarchique, comme si c’était à l’Etat d’organiser les religions, et d’autre part la fameuse loi sur le voile, qui a entre autres pour effet d’interdire l’accès de prêtres catholiques en soutane (il est vrai qu’il n’y en a pas beaucoup, mais c’est le cas par exemple dans le diocèse de Toulon) aux aumôneries de lycées, pourtant légalement constituées ; il parait que cela représentait un risque de trouble de l’ordre public ! Conception cette fois bien étroite de la laïcité. Est-il bon que l’Etat se mêle du moindre détail du fonctionnement des religions ?

Mais voici que la polémique est repartie à partir des déclarations de Dominique de VILLEPIN, en tant que ministre de l’intérieur (chargé donc aussi des cultes !), qui se présente comme un défenseur de la laïcité, qui serait attaquée par les propositions SARKOZY. Mais que propose le ministre de l’intérieur ? Tout d’abord de recourir pour le financement des mosquées à une fondation pour les œuvres musulmanes, ce qui en soi est une bonne chose, puisqu’il s’agirait d’un financement privé. Mais pourquoi est-ce le ministre qui prend lui-même cette initiative ? Pourquoi, dans le premier collège de cette fondation, l’Etat sera-t-il représenté par trois ministères: l’intérieur, les affaires étrangères et les affaires sociales ? Curieuse conception de l’indépendance. Quant aux personnalités qualifiées, il est question d’un ancien préfet ou conseiller d’Etat de confession musulmane. L’Etat doit-il se mêler de ce type de détails d’organisation ? Et il faudra un décret en conseil d’Etat pour mettre en place cette fondation. Tout cela est bien colbertiste.

Ensuite, M DE VILLEPIN s’intéresse à la formation des imans. L’Etat va créer un diplôme…d’Etat, dans une université publique (Paris I sans doute) Ce diplôme pourrait être à terme une condition pour se voir accorder le statut d’imam et un titre de séjour. Des bourses pourraient être accordées par la fondation, recevant pour cela des financements publics. Et le diplôme d’imam serait ainsi reconnu par l’Etat et par les autorités musulmanes. De plus les imams aujourd’hui en exercice pourraient y suivre des cours de formation continue financés par les régions ; des conventions pour la formation des bénévoles pourraient être passées avec les préfets et les conseils régionaux, qui pourraient financer des études complémentaires. A quand la nationalisation de séminaires catholiques enfin intégrés au grand service public unifié et laïque de l’éducation nationale ?

Tout cela n’est pas très libéral, on en conviendra. Pour l’un, c’est l’Etat qui doit financer les mosquées ; pour l’autre, c’est l’Etat qui doit mettre en place les organismes de financement et qui doit s’occuper de la formation des imams. Mieux encore, certains, parmi les associations musulmanes, pas encore suivis par les ministres (mais cela viendra sûrement) envisagent la création d’un impôt nouveau pour financer toutes ces activités religieuses : et que cet impôt soit un impôt sur la vente de viande hallal ou une taxe sur les pèlerinages à la Mecque ne change rien à l’affaire. Un impôt religion, voilà un grand progrès de la laïcité.

Nous avons le plus grand respect pour les religions et pour la liberté religieuse. Nous sommes conscients des spécificités de l’Islam et des problèmes particuliers posés par le développement en France de cette religion, en particulier en matière de liens avec les pays étrangers (financement des mosquées et formation des imams). Nous ne sommes pas, loin de là, des adeptes d’une laïcité étroite et suspicieuse envers les religions. Pour nous, la laïcité doit être ouverte, conformément aux thèses libérales. Mais nous ne sommes pas prêts non plus à chercher une solution à tous ces problèmes du côté de l’Etat. Laissons l’Etat, par pitié, en dehors de ces questions religieuses. En matière religieuse comme dans les autres domaines, nous n’attendons pas le salut de l’Etat et encore moins…le salut éternel. Mettre le doigt dans cet engrenage, c’est à terme nationaliser les consciences. C’est sacrifier à la religion de l’Etat.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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