POUTINE DIVISE LES OCCIDENTAUX Imprimer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 28 Octobre 2004 01:00

POUTINE est-il un nouveau STALINE ou un nouveau tsar ? Certains occidentaux n’ont guère de doute, tandis que 8 autres continuent à soutenir le maître du Kremlin. Comme le note à juste titre le Figaro « la question russe divise l’Occident ».

 

Onze pays de l’Union européenne viennent de se réunir à Luxembourg, de manière informelle, pour discuter de l’attitude à avoir vis-à-vis de la Russie : les trois Etats baltes, les pays scandinaves et le groupe de Visagrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Hongrie), c'est-à-dire ceux qui sont au plus près, géographiquement parlant, de la Russie. Ils ont constaté que l’Union européenne n’a pas de politique commune vis-à-vis de la Russie et ont lancé un appel aux autres membres pour revoir leur politique, car ce pays inquiète de plus en plus ces onze Etats et en particulier les anciens pays « frères ».

D’autres européens ont pris le relais des onze. C’est ainsi que le ministre des affaires étrangères autrichien, qui vient d’être nommé commissaire européen aux affaires extérieures, a déclaré : « il est évident que nous assistons à un recul de la démocratie en Russie ». Mieux encore, une centaine de personnalités ont adressé une lettre aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN et de l’Union européenne, allant de l’ancien premier ministre suédois BILD à l’ancien président tchèque HAVEL. Tous ont considéré que « la destruction des contrepouvoirs, l’emprisonnement arbitraire d’opposants réels ou imaginaires, la pression sur les organisations non gouvernementales et l’affaiblissement des partis politiques » emmenaient le Russie vers « un régime autoritaire. Les dirigeants de l’Ouest doivent reconnaître que notre stratégie actuelle vis-à-vis de la Russie est en train d’échouer. Le moment est venu de repenser jusqu’où nous nous engageons avec la Russie de POUTINE ».

Par contraste, il existe aussi un certain nombre d’Etats qui refusent de dénoncer la menace russe et qui apportent à ce pays un soutien inconditionnel. La France, mais aussi l’Allemagne, sont en tête dans ce camp. Comme le souligne encore le Figaro, « à l’Elysée, l’opposition à l’Amérique sous-tend largement le soutien à Moscou ». On espère aussi qu’en soutenant l’économie russe, la démocratisation suivra.

Il faudrait donc ménager POUTINE, à la fois par antiaméricanisme et pour éviter de durcir la politique russe. Il est vrai que celle-ci sombre dans la paranoïa, puisque le numéro deux du Kremlin, SOURKOV, vient d’accuser « une cinquième colonne » encouragée par « l’ennemi extérieur » de vouloir « détruire la Russie ». Mais céder ainsi aux menaces russes, n’est-ce pas un pari dangereux ? L’esprit de Munich n’a jamais conduit à l’apaisement entre les peuples. La diplomatie française l’aurait-elle oublié ?