JACQUES CHIRAC VRP DE L’ECONOMIE FRANCAISE Imprimer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 21 Octobre 2004 01:00

Le Président de la République vient de passer une semaine à l’étranger, en Asie, officiellement pour dynamiser l’économie française et favoriser les exportations. Louable intention. Dans cet esprit, il s’est rendu à Singapour, puis au Viêt-Nam et enfin, couronnement du voyage, en Chine.

 

Passons sur les aspects politiques du voyage, examinés par Jacques GARELLO dans son éditorial de la semaine dernière, en notant seulement que le Président a participé au sommet de l’ASEM (sommet Europe-Asie) et que son entourage a simplement noté qu’il s’agit de l’un « des rares sommets où les Américains ne sont pas présents, ce qui donne une certaine liberté de ton ». Difficile de faire plus stupide dans l’argumentation et de tomber plus bas dans l’anti-américanisme primaire. 

Mais là n’était pas le but avéré du voyage, qui était de vendre des produits français. Pour cela, le Président s’est fait accompagner d’une impressionnante délégation de chefs d’entreprises, mais aussi de représentants des PME. 

Notons tout d’abord que les pays d’Asie, y compris la Chine communiste, savent compter. Ils sont indifférents aux courbettes des gouvernants occidentaux. Et le fait que la France gaulliste ait été la première à reconnaître la Chine populaire ne nous a jamais ramené un contrat. De même, le rapprochement politique avec la Chine depuis 1997, la réactualisation récente de leur partenariat global stratégique, leur attachement à un monde « multipolaire » (traduisez leur antiaméricanisme commun) et leur grande convergence de vues en politique étrangère ne nous ont jamais valu une seule exportation de plus. 

Notons qu’à l’intérieur de l’Europe, la France n’est que le 4ème partenaire commercial de Pékin. La part de marché de la France, malgré nos bonnes relations politiques, est seulement de 1,4%. Et il y a 3 500 PME françaises implantées en Chine contre 7 000 allemandes et autant d’italiennes.

Nos chefs d’entreprises n’ont pas attendu l’avion présidentiel pour se rendre en Chine et en Asie en général. De nombreuses entreprises, parmi les plus grandes, mais aussi d’autres de taille moyenne, sont fortement implantées en Chine. 

Il est vrai que nous pourrions y faire mieux. Mais l’avion de Jacques CHIRAC et ses visites ne résoudront pas le problème. Ce n’est pas la volonté des entrepreneurs qui manque. Ce sont toutes les tracasseries administratives, et les obstacles fiscaux et autres qui empêchent nos entreprises de s’installer là-bas. Quant à nos exportations, comment seraient-elles compétitives, en dépit des très beaux efforts de nos exportateurs, compte tenu des charges, impôts et réglementations qui pèsent sur les entreprises françaises ? Certes, des chefs d’entreprises ont accompagné Jacques Chirac. Ils sont polis et après tout cela ne peut pas faire de mal à leur entreprise. Mais ils savent bien que l’économie, même avec la Chine communiste, ne repose plus sur les bonnes relations politiques, mais sur des critères définis par la concurrence, sur des critères de compétitivité et d’efficacité. 

Pourtant, J. CHIRAC pourrait faire beaucoup pour aider nos exportateurs. Il suffirait qu’il reste à Paris et qu’il encourage son gouvernement à libéraliser l’économie française, à défiscaliser et à déréglementer. Là, il rendrait un fier service à l’économie française. Mais il lui faut oublier ses anciens cours de l’ENA : on n’en est plus au temps ou l’on commerçait d’Etat à Etat, en signant des accords entre gouvernements. Même la Chine, surtout la Chine aujourd’hui, sait discerner les bons produits et les bons prix. Et les courbettes politiques n’y changeront rien.