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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Un Marx libéral ?

Les principaux éléments de l’économie marxiste se trouvent chez John Stuart Mill, qui a ajouté aux erreurs de Ricardo et Malthus dont il prend la suite.

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« POURQUOI LES FRANÇAIS N’AIMENT PAS LE LIBERALISME » PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 14 Octobre 2004 01:00

C’est le sociologue Raymond BOUDON qui pose la question dans un entretien donné à Capital de ce mois-ci.

Ces propos sont dans la droite ligne de son dernier ouvrage « Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme ? » (Odile Jacob), que nous avions salué dans la rubrique livres de www.libres.org. Pour BOUDON, le libéralisme n’est pas seulement économique : «  Le libéralisme entend certes laisser au marché autant de place que possible. Mais le libéralisme politique prône l’égalité des droits et l’extension des libertés. Et le libéralisme philosophique postule que l’être humain veut avant tout être autonome ».

« En fait le point commun entre des penseurs aussi différents qu’Adam SMITH, Vilfredo PARETO, Alexis de TOCQUEVILLE ou Frédéric BASTIAT, c’est l’importance accordée à la responsabilité individuelle (…). Les libéraux ne sont pas choqués par les écarts de revenus liés aux compétences et aux aptitudes, mais ils souhaitent que les règles du jeu social soient équitables et veulent favoriser l’égalité des chances. Et comme ils considèrent que les individus sont responsables, ils ne se résignent à confier les décisions à des entités (Etat, partis, syndicats,…) que lorsqu’on ne peut faire autrement ».

« A partir du XIX° siècle, le libéralisme a été battu en brèche par des théories qui considèrent l’être humain comme le point d’application de forces sociales, culturelles ou psychologiques qui le dépassent. Pour les marxistes, l’homme n’est que le jouet de forces historiques : chaque individu tient sa partition dans la grande symphonie de la division du travail. Pour les disciples de FREUD, nos croyances et nos actes jaillissent de la machinerie de l’inconscient, qui dissimule ses ruses aux yeux du sujet (…).

La plupart de nos intellectuels et bon nombre d’hommes politiques considèrent encore que la société est composée de groupes antagonistes, entre lesquels les interactions s’effectuent dans le cadre d’un jeu à somme nulle. On entend ainsi souvent dire : quand les entreprises y gagnent, les salariés y perdent. Le fait que les entreprises prospères peuvent, mieux que les autres, augmenter les salaires et embaucher devrait être évident. En France, ça ne l’est pas forcément… ». « La notion de lutte des classes est encore présente chez nous dans l’opinion, avec ses corollaires : un gouvernement modéré est par nature au service des patrons et, à l’échelle de la planète, les intérêts du Nord sont toujours opposés à ceux du Sud ». Cette vision du monde « donne une apparence savante à la théorie du complot, selon laquelle les maux de la société sont dus à une machination des puissants, censés dissimuler leurs vils desseins sous de nobles intentions. Aujourd’hui, ce sont les patrons des multinationales qui jouent le rôle du méchant opposé au peuple ».

Mais pourquoi ces courants sont-ils si puissants en France ? « L’histoire des grands mouvements de pensée n’est pas enseignée, l’histoire des religions non plus. Et l’ignorance de Français dans ces domaines a des conséquences fâcheuses. (…) Combien connaissent-ils la richesse de la tradition libérale francophone, incarné par Benjamin CONSTANT, Frédéric BASTIAT, Jean-Baptiste SAY, Jacques RUEFF et, bien sûr, Alexis de TOCQUEVILLE, qui est bien plus lu aux Etats-Unis que chez nous (…). Mais au lieu d’essayer de comprendre un mouvement de pensée qui s’apparente plus à une grammaire complexe qu’à une doctrine simpliste, de nombreux leaders d’opinion voient encore le libéralisme à travers les lunettes marxistes. Pour eux, il n’existe que sous forme de caricatures - l’ultralibéralisme, le néolibéralisme, le libéralisme sauvage… et traiter quelqu’un de libéral est une insulte. Le fait que des idées aussi fausses s’installent dans d’excellents cerveaux est largement dû aux carences de notre système éducatif, qui ne forme pas l’esprit critique des jeunes ».

Voilà un langage rafraîchissant, dans l’université française, surtout de la part d’un sociologue. Raymond BOUDON a mis le doigt sur la plaie : c’est à cause de notre système éducatif que la France est une exception et que les idées marxistes et anti-libérales y sont plus répandues qu’ailleurs.

 

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