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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

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LES VIZIRS DE LA REPUBLIQUE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 14 Octobre 2004 01:00

 Dans sa grande magnanimité, l’empereur Caligula (37-41) décida un jour de nommer consul son cheval. Il n’hésita donc pas à le présenter aux autres consuls – ébahis et apeurés - et leur demander de lui porter autant de respect qu’à lui-même. Caligula inaugure ainsi la tradition de nommer des « proches » dans des postes importants, tradition qui se perpétue encore aujourd’hui en France.

 

Depuis mai 2002, Jacques Chirac a nommé plusieurs personnalités à la tête de la plupart des principales institutions du pays. Le point commun de toutes ces personnalités, c’est qu’elles sont toutes des proches de l’Elysée, voire des amis intimes. En voici quelques exemples. Le gaulliste Pierre Mazeaud a été nommé Président du Conseil constitutionnel en février 2004 pour succéder à Yves Guéna, lui-même porté à la tête de l’Institut du monde arabe ; le renouvellement du collège des personnalités qualifiées au CES (Conseil économique et social) - comme nous l’avons expliqué il y a quelques semaines - a permis au chef de l’Etat d’y placer des ministres démissionnés ou des élus battus au dernières élections régionales. Ainsi, Luc Ferry, ancien ministre de l’Education Nationale, entrera au CES tout en présidant le nouveau Conseil d’analyse de la société rattaché à Matignon où il siégera au côté de son ex-collègue de la culture, Jean-Jacques Aillagon, qui doit aussi prendre en charge la Fondation pour l’art contemporain de François Pinault. D’ailleurs, le CES va accueillir une bonne quinzaine de personnalités proches du chef de l’Etat.

De même, des serviteurs de la chiraquie sont nommés à la tête du Centre national de la cinématographie (Catherine Colonna, porte-parole de l’Elysée depuis 1995) ou à la tête de l’établissement public du château de Versailles (Christine Albanel, ancienne « plume » du président). Sans oublier le choix, plus ancien, de Dominique Baudis pour la présidence du Conseil supérieur de l’audiovisuel ou d’un ancien parlementaire RPR du Nord pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Mais ces nominations ont été précédées par d’autres dès l’été 2002 lorsque M. Chirac a désigné les nouveaux préfets, des hauts magistrats, le directeur général de la police nationale, les patrons de la DST et de la DGSE ou bien celui de la Caisse des dépôts et consignations. Enfin, les dernières en date – et pas des moindres – sont les installations des Philippe Séguin en tant que premier Président de la Cour des Comptes et d’un proche de M. Raffarin à la direction d’EDF (Voir notre article d’il y a trois semaines).

Toutefois, il ne s’agit pas d’un phénomène d’exception, comme essaient de nous faire croire les médias ou le PS, mais d’une caractéristique de notre République. Cela a commencé avec de Gaulle et a pris des dimensions pharaoniques du temps de François Mitterrand qui avait pris l’habitude de nommer régulièrement à des postes importants ses amis personnels, ses favoris, des serviteurs ou des courtisans ne possédant aucune compétence particulière, mais ayant la chance de faire partie du sérail du Prince. C’est ce qui s’est passé dès l’arrivée au pouvoir de Mitterrand en 1981, lorsqu’il a fait main basse sur tous les postes « stratégiques » de l’Etat, en commençant par les médias et la création la Haute Autorité de l’audiovisuel censée nommer les présidents de chaînes proposés par…l’Elysée ; en 1985, lorsqu’il avait pris un décret allongeant considérablement la liste des entreprises publiques dont les patrons devaient être nommés en conseil des ministres (une façon d’anticiper les privatisations de la droite et de garder le contrôle sur ces entreprises).

La récompense des vaincus était aussi pratiquée à l’époque du règne mitterrandien. Lors de la déroute électorale des socialistes aux élections régionales et cantonales de mars 1992, le président décida de monter en grade quelques battus en les faisant entrer dans le nouveau gouvernement Bérégovoy (Jean-Louis Bianco, Michel Charasse et René Teulade furent nommés ministres malgré leur défaite électorale). D’ailleurs, dans ce nouveau gouvernement Bérégovoy, huit ministres avaient, à un moment ou un autre, travaillé à l’Elysée depuis 1981, la plupart des autres étant des familiers du président comme MM. Lang et Kiejman .

Les postes ne sont pas accordés seulement aux battus, à ceux que les Français ne veulent pas, mais qui sont quand même imposés par le pouvoir, mais aussi aux escrocs et aux coupables. Comment expliquer la nomination de Bernard Tapie au ministère de la Ville en avril 1992, trois mois avant sa mise en examen (que tout le monde attendait) ? Ou bien celle de Georgina Dufoix, ministre des Affaires sociales à l’époque du scandale du sang contaminé (1984-85), accusée d’empoisonnement, battue aux élections législatives de 1988, à la tête de la Croix-Rouge française tout en conservant un bureau à l’Elysée ? Impliqué dans deux affaires retentissantes, Rainbow Warrior et Luchaire (vente clandestine et illégale d’obus à l’Iran), le ministre de la défense, Charles Hernu, ne démissionnera que parce que ces scandales (en particulier le premier) prirent des dimensions internationales. Immédiatement, on lui proposa, non pas la Maison de la Santé, mais le siège du PS et un poste d’expert en questions de Défense.

La pratique des nominations est donc une tare de notre Vème République qui ressemble plus à l’époque de l’Empire ottoman qu’à la démocratie du début du XXIème siècle. Ce système pervertit le fonctionnement d’une démocratie, alimente le copinage et le népotisme et empêche les réformes et les initiatives. Philippe Séguin osera-t-il publier un rapport explosif sur les dépenses de l’Elysée ? Les membres du CES sortiront-ils des études révolutionnaires pour réformer l’Etat ? On peut en douter. On a rarement vu des courtisans contredire les princes.

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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