HOMOPARENTALITE : « L’AVANCEE HISTORIQUE » Imprimer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Octobre 2004 01:00

Pour la première fois en France, un tribunal accorde à un couple de femmes l’autorité parentale conjointe.

Certes, cela s’oppose à d’autres décisions de justice allant en sens inverse, mais beaucoup y voient l’annonce d’un revirement de jurisprudence. Désormais, Carla, Marie-Laure et « leurs » enfants âgés de 5, 7 et 10 ans forment officiellement la première famille composée de parents du même sexe. (Les enfants ont été conçus par insémination artificielle en Belgique où cette pratique est autorisée dans ce cas). Le juge aux affaires familiales leur a donné le 2 juillet 2004 à toutes les deux l’autorité parentale conjointe et le parquet n’ayant pas faire appel dans le délai voulu, la décision est définitive. Certains s’en réjouissent, comme le Monde, qui parle d’une « avancée historique ».  

Ce n’est pas l’avis de tout le monde et le Figaro publie une intéressante analyse du père Tony ANATRELLA, psychanalyste, spécialiste de psychiatrie sociale, qui tranche sur le politiquement correct. Il commence par critiquer les prochains aménagements du PACS : « L’attitude de la droite me paraît très paradoxale. Elle s’était pourtant opposée au PACS pour des raisons compréhensibles : éviter le brouillage avec le mariage qui repose exclusivement sur les relations entre un homme et une femme. Mais le problème de la droite française, c’est que lorsqu’elle arrive au pouvoir, elle applique la politique de la gauche en espérant gagner des voix. Du coup, elle trahit son électorat. Elle manque de conviction et de courage. Sans doute reprendra-t-elle ses positions antérieures quand elle reviendra dans l’opposition ». (On remarquera qu’il n’est pas fréquent qu’un prêtre français parle avec cette liberté de ton). 

« Le pacs qui s’inspire des caractéristiques réservées au mariage est un contrat à l’image des instabilités affectives contemporaines. Il va s’aligner fiscalement sur le mariage, une nouvelle loi facilite déjà le divorce. On est en train de vider le mariage de sa valeur symbolique ». « On brouille les repères symboliques de la société qui n’a pourtant aucun intérêt à organiser légalement des liaisons homosexuelles. L’homosexualité n’est pas une identité, c’est une tendance sexuelle, ce n’est pas une caractéristique fondamentale de la personne humaine. On inverse tout. La loi n’est plus au service du bien commun ». 

Que dire alors de la reconnaissance d’autorité parentale accordée à deux femmes homosexuelles : « Je pense au contraire que c’est une régression. De même, l’adoption d’enfants par les homosexuels représenterait une véritable confusion. Ce n’est pas à la justice de reconnaître l’homoparentalité. Il ne faut pas que l’enfant soit instrumentalisé. La loi de 2002 a été détournée dans ce cas précis. Au départ, elle a été prévue pour les enfants issus du divorce dont l’un des  parents ne s’occupe plus, alors que le nouveau partenaire les a pris en charge. La Belgique autorise l’insémination artificielle pour les couples d’homosexuelles, c’est une attitude irresponsable que la France n’a pas suivie et pour cause. Pourquoi devrait-on s’aligner sur le commun dénominateur le plus bas ? Ces enfants sont nés sans père connu, par insémination artificielle. L’une des deux femmes n’est donc pas parente de l’enfant. Elle demande à la loi d’être reconnue au nom de ses exigences affectives. Qu’il y ait des cas particuliers, c’est une chose, en faire un système, c’en est une autre. Pense-t-on à ces enfants ? On fabrique des bombes à retardement ». Voilà au moins qui prête à réfléchir et qui change de la langue de bois habituelle. A méditer.