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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Le père des néo-classiques

Après la « révolution marginaliste » qui avait pris des allures fort différentes dans les œuvres de Jevons, Walras et Menger, il fallait sans doute le talent pédagogique d’Alfred Marshall pour proposer un schéma d’exposition simple des principes de la science économique.

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SARKOZY : L’INDICE MENSONGER PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 07 Octobre 2004 01:00

On connaissait la volonté affichée du ministre de l’économie de faire baisser les prix dans la grande distribution, en y mettant tout le poids de Bercy, voire même en envisageant des mesures autoritaires.

Nicolas SARKOZY vient de confirmer son discours habituel dans ce domaine face au Grand Jury-RTL-Le Monde-LCI : « J’ai obtenu l’accord du 17 juin qui prévoyait 2% de baisse des prix de grande consommation et encore 1% au début de 2005. Les 2%, je les obtiendrai ».

 « Vous pouvez dire à juste titre : mais 2%, c’est pas assez. Vous avez raison, mais c’était une façon d’engager le processus. Je ferai le point au début du mois d’octobre pour voir si, par la conviction et l’accord mutuel, on peut arriver à cette baisse des prix. Et j’annoncerai, avant la fin d’octobre, ce que nous ferons, et notamment si nous avons besoin de passer par la loi ». Jusque là, rien de nouveau : le ministre croit à la conviction et à la loi pour faire baisser les prix. Nous, nous croyons aux vertus de la concurrence et nous savons que s’il n’y a pas assez de concurrence, c’est parce que l’Etat la limite artificiellement, justement par des lois (De l’interdiction des baisses de prix jusqu’à la limitation de l’installation des grandes surfaces).

Mais ce que nous ne savions pas, c’est la capacité de démagogie et le manque de rigueur du ministre. Interrogé sur le fait de savoir -ce qui est une vraie question- « Pourquoi cet écart entre les indicateurs officiels et la perception par les consommateurs ? », il a cette réponse admirable : « Parce que les consommateurs sont beaucoup plus lucides que les indicateurs officiels ». Voilà une réponse digne d’un homme d’Etat. Voilà qui va faire avancer la compréhension qu’ont les Français du fonctionnement de l’économie. C’est l’indice des prix qui se trompe dans la mesure de la hausse ; c’est la perception des Français qui est la bonne. Allez donc expliquer à un gendarme qui vous a flashé à 145 km/h que vous aviez le sentiment de rouler à 130 ! Mesurez-vous une distance avec un métre élastique ? L’indice des prix est-il le fruit d’un calcul rigoureux ou d’une opinion générale ?

Il est tout à fait exact que les consommateurs ont le sentiment que la hausse des prix est supérieure à celle que donne l’indice des prix (un peu plus de 2% en un an). Il est également vrai que l’indice des prix calculé par l’INSEE n’est pas inattaquable : on peut contester l’échantillon de population retenu, les produits qui ne figurent pas dans l’indice (de moins en moins nombreux), la mesure de l’effet qualité ou les méthodes de relevés des prix. Mais l’indice est globalement acceptable.

Simplement, il mesure la hausse des prix subie par un ménage moyen qui aurait les mêmes consommations que la moyenne des Français. Chacun devrait avoir son propre indice de prix, reflétant sa consommation réelle : par exemple sans le prix des loyers s’il est propriétaire ou sans celui de l’essence s’il ne roule pas en automobile. Mais en pratique la perception subjective des Français retient les produits les plus courants et attache un poids excessif à des dépenses quotidiennes, répétitives (du pain au café au comptoir) qui n’ont pas un gros impact réel dans le budget des ménages.

En sens inverse, l’indice des prix tient compte des achats non répétitifs (un ordinateur, une télévision, un appareil ménager) dont le prix a baissé en raison de la concurrence et que le consommateur n’intègre pas dans sa perception de la hausse des prix. Or les baisses de prix dans ces secteurs compensent les hausses dans l’alimentation ou l’essence. Il n’est donc pas vrai que les consommateurs soient plus lucides que les indicateurs officiels.

Voilà ce que le ministre aurait pu expliquer. Oui, il y a des hausses de prix, que le consommateur reçoit de plein fouet. Mais il y a aussi des baisses dans les secteurs manufacturés ou tertiaires très concurrentiels. Et le meilleur moyen de faire baisser les prix, c’est d’ouvrir encore plus les marchés à la concurrence. Mais il est plus facile politiquement de flatter les consommateurs, de leur dire qu’ils ont raison et que l’on va résoudre leur problème grâce à une bonne loi. C’est un mensonge de plus, mais l’on n’a pas encore inventé le « mensongemétre » des politiciens. Nous n’avons pour l’instant que des indices…

 

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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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